De la sincérité des Malgré-nous

Publié le par 20Minutes

Journal20Minutes publié le 07/09/2010

« Parmi les hommes de main, il y avait quelques Alsaciens enrôlés soi-disant de force dans les unités SS », écrivait en 1992 Robert Hébras dans Oradour-sur-Glane, le drame heure par heure. Il avait 19 ans, le 10 juin 1944, quand son village du Limousin fut détruit par des Waffen SS, dont treize Alsaciens Malgré-nous. Le jour du drame, 642 habitants périrent. Dans son livre, il avait émis par deux fois des doutes sur la sincérité des soldats alsaciens : « Je porterais à croire que ces enrôlés de force furent tout simplement des volontaires. Aucun ne peut apporter la moindre preuve de son enrôlement. » Des écrits que l'Adeif, l'Association des évadés et incorporés de force, juge irrespectueux et veut supprimer en cas de réédition de l'ouvrage.

Le tribunal de Strasbourg a étudié sa requête hier et se prononcera le 4 octobre. En tant que Malgré-nous, « nous n'étions pas des héros, mais nous ne méritons pas la manière dont on nous traite », estime André Hugel, de l'Adeif. L'avocat de Robert Hébras met en avant la légitimité « de s'interroger sur la détermination de ces gens ». P.W.

Publié dans Articles de Presse

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