Décès de Denise Vernay, résistante et déportée

Publié le par Midi Libre

Midi Librepublié le 06/03/2013 à 18h28

Denise Vernay, agent de liaison dans la Résistance et déportée à Ravensbrück, est décédée à l'âge de 88 ans, a annoncé sa famille mercredi dans le carnet du Figaro.



Denise Vernay

Denise Vernay était la soeur de Simone Veil (Valery Hache)

 

Née Jacob, Denise Vernay était la soeur de Simone Veil. Celle-ci, leur soeur aînée Madeleine et leur mère avaient été déportées en avril 1944 à Auschwitz, le camp d'extermination d'où les deux soeurs étaient revenues mais pas leur mère.

Hommage de François Hollande

François Hollande a fait part de sa "tristesse" à l'annonce de la disparition de Denise Vernay, dans un communiqué diffusé par l'Elysée. "Denise Vernay a oeuvré toute sa vie pour transmettre les valeurs de tolérance et de civisme et défendre la dignité humaine, tant par ses travaux aux côtés de Germaine Tillion que par son implication au sein de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation", a écrit le chef de l'Etat.

Résistante à l'âge de 19 ans

Denise Jacob était entrée début 1944, à l'âge de 19 ans, dans le réseau de Résistance Franc Tireur à Lyon sous le nom de code "Miarka". Le 18 mars 1944, elle avait rendu visite à sa famille à Nice pour les 21 ans de sa soeur Madeleine. Ce fut la dernière réunion de la famille, dont tous les autres membres (son père, sa mère, son frère Jean et ses deux soeurs) furent arrêtés comme Juifs dix jours plus tard.

Agent de liaison de l'Armée secrète

Après le débarquement du 6 juin 1944, elle quitte la région lyonnaise pour Annecy comme agent de liaison de l'Armée secrète. Une semaine plus tard, Denise Jacob est volontaire pour récupérer, pour le compte du maquis du plateau des Glières, deux postes émetteurs et de l'argent qui ont été parachutés en Saône-et-Loire.

La jeune femme fait le trajet vers Cluny (Saône-et-Loire) à bicyclette, soit 240 km, récupère les deux postes émetteurs et l'argent et regagne Caluire, près de Lyon, en taxi. Le lendemain, dans un autre taxi venu la prendre à Caluire, elle est arrêtée par un barrage de la Feldgendarmerie sur la route d'Aix-les-Bains, où elle doit remettre son matériel.

Libérée en avril 1945

Remise à la Gestapo à Lyon, elle subit le supplice de la baignoire avant d'être déportée à Ravensbrück le 26 juillet. Elle sera finalement libérée en avril 1945 à Mauthausen où elle avait été transférée un mois plus tôt. Au sein de la Fondation pour la mémoire de la déportation, Denise Vernay avait été un témoin inlassable de cette période. Elle était commandeur de la Légion d'honneur, grand'croix de l'ordre national du Mérite et titulaire de la Croix de guerre 1939-1945 avec palmes et de la médaille de la Résistance avec rosette.

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