Décès de Ladislas de Hoyos le journaliste qui a piégé Klaus Barbie

Publié le par L'Express

L'Express publié le 08/12/2011 à 19:51

Journaliste a l'ORTF, TF1 et France Soir, Ladislas de Hoyos s'est éteint à l'âge de 72 ans. Il avait traqué et retrouvé Klaus Barbie, l'ancien chef de la Gestapo de Lyon.

Ladislas de HoyosIl avait été le premier journaliste à retrouver Klaus Barbie en Bolivie. L'ancien présentateur du journal télévisé sur TF1, Ladislas de Hoyos, est mort ce jeudi à l'âge de 72 ans des suites d'une longue maladie, a-t-on appris auprès d'élus des Landes où il était maire de Seignosse.

Né le 27 mars 1939, Ladislas de Hoyos avait commencé sa carrière à France-Soir en 1960, d'abord chargé des faits divers avant de devenir grand reporter, spécialiste des Amériques du nord et du sud.

En 1971, il rejoint l'ORTF en tant que spécialiste des correspondances à l'étranger puis gagne Londres en 1974 comme correspondant de TF1 jusqu'en 1976.  En France, Ladislas de Hoyos fut le plus souvent rédacteur en chef des grands journaux du soir ou du week-end sur TF1, et présenta à plusieurs reprises les grands journaux de la mi-journée ou de 20h00 et 23h00 sur TF1. Une séquence d'un de ses JT était devenue culte: elle montre une dispute mémorable entre le présentateur et un technicien.

Le journaliste qui a piégé "le boucher de Lyon"

Mais la grande affaire professionnelle de Ladislas de Hoyos, à laquelle il consacré de nombreuses années, fut la traque, puis l'arrestation en Bolivie de Klaus Barbie, l'ancien chef de la Gestapo de Lyon.

L'homme se faisait alors appeler Klaus Altman et Hoyos en obtint la première interview en février 1972, pour TF1.

Le journaliste avait suivi toute l'affaire se rendant sur place avec Beate Klarsfeld, qui formait avec son époux Serge le célèbre couple de chasseurs de nazis: "Pendant quatre jours nous avons cherché à retrouver Klaus Altman; il était en prison. Nous avons versé quelques pourboires et puis on s'est retrouvé dans sa cellule", expliquait-il en 1986 dans une interview à France-Soir.

Les colonels boliviens avaient demandé un entretien en espagnol, mais Ladislas de Hoyos avait préféré s'adresser à "Altman" en allemand: "Et puis tout à coup, au moment où il s'y attendait le moins, je lui ai demandé en français: 'Vous n'êtes jamais allé à Lyon' - et il m'a répondu d'instinct : 'Non je n'y suis jamais allé'", raconte-t-il alors.

Ainsi le journaliste a pu piéger "le boucher de Lyon" qui a poursuivi en français devant sa caméra: "Je ne suis pas un saint".  Ladisla de Hoyos a ensuite assisté à l'intégralité du procès Barbie pour crime contre l'humanité, à Lyon en 1987. Il avait écrit un livre sur l'affaire, intitulé "Barbie". 

Publié dans Avis de décès

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