Décès de Robert Bineau, Compagnon de la Libération

Publié le par Nice Matin - Grégory Leclerc

Nice Matinpublié le 22/11/2011 à 07h18 par Grégory Leclerc

C'est un homme au parcours exceptionnel qui vient de s'éteindre.



Robert Bineau

Robert Bineau, ici photographié dans son appartement, témoignait, dès qu'il en avait l'occasion, de sa fidélité au Gaullisme.

 

Robert Bineau, ancien des Forces Françaises Libres, avait inscrit son nom dans l'histoire de France, avec une modestie, une simplicité qui forcent l'admiration. Âgé de 97 ans, il était l'un des 33 survivants des 1 036 Compagnons de la Libération. Il était notamment commandeur de la Légion d'honneur, titulaire de la croix de guerre 39-45 et de la Médaille de la Résistance avec rosette.

Les écoliers du secteur connaissaient bien ses sourcils broussailleux, qui ne manquaient pas d'impressionner, lorsqu'il se rendait dans les établissements scolaires pour témoigner.

Robert s'appelait en fait... André. Dans nos colonnes, il avait raconté l'anecdote avec délectation : « Mon père a dû se tromper sous le coup de l'émotion en allant me déclarer à l'état civil. »Robert (ou André) est né le 11 janvier 1914 dans les Deux-Sèvres. Il s'était marié à une Mentonnaise, Joséphine Imbert, décédée il y a dix-huit ans, et vivait à Menton. De cette union sont nés Anne-Marie et Jean-Claude. Robert Bineau avait trois petits-enfants, Marielle, Gabrielle et Emmanuelle, et une arrière-petite-fille, Manny.

« Mon père était un homme simple, de convictions. Ses racines faisaient qu'il avait le contact facile, il nous a inculqué les valeurs de respect, il adorait sa famille », témoigne son fils, Jean-Claude.

Robert Bineau est né dans une famille de cultivateurs.

Commis du Trésor en 1936, il est mobilisé en septembre 1939 au 105e RAL avec lequel il participe à la campagne de Belgique.

Blessé le 1er juin 1940 à Dunkerque par un éclat de bombe à l'œil droit, il est évacué vers l'Angleterre où, à l'hôpital, il prend connaissance par les journaux anglais de l'appel du général de Gaulle.

« J'ai dormi sur le canapé du général De Gaulle ! »

Là-bas, après avoir été soigné, il croisera la route du général en personne. «Une nuit, j'ai dû lui porter un colis et traverser tout Londres. Il n'a pas voulu me laisser repartir, car c'était trop dangereux. Alors j'ai dormi sur son canapé ! Je l'ai revu des années plus tard et il s'en souvenait très bien. »

Par refus de la défaite, il s'engage dans les Forces Françaises Libres le 1er juillet 1940 et part en novembre pour Brazzaville, à peine remis de ses blessures.

Puis il s'illustre au Tchad, au Caire dans le 1er Régiment d'Artillerie de la 1re Division Française Libre (1re DFL) qu'il rejoint à Bir Hakeim le 14 mai 1942. Viendront El Alamein, la Libye, la Tunisie, et la campagne d'Italie.

De nouveau blessé par un éclat d'obus à la cuisse gauche le 12 juin 1944, il est, malgré tout, présent au débarquement en France, à la trouée de Belfort, aux combats défensifs du sud de Strasbourg (janvier 1945) et dans les Alpes (avril 1945) où il remplace son commandant d'unité blessé.

Démobilisé, il devient en 1960 responsable comptable de Roquebrune-Cap-Martin, Castellar, Gorbio et Sainte-Agnès. Puis trésorier principal en 1965 avant de prendre sa retraite en 1977.

Il a été premier adjoint sous la municipalité Aubert.

À sa famille, ses proches, ses amis, Nice Matin adresse ses plus sincères condoléances et retiendra l'image d'un homme disponible et chaleureux, toujours prêt à témoigner sur les valeurs de la liberté.

Son corps repose à l'athanée de Menton. Il est visible aujourd'hui de 8 h 30 à 12 heures et de 14 h 30 à 17 heures. Ses obsèques seront célébrées demain à 9 h 30, en la basilique Saint-Michel.

Publié dans Articles de Presse

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