Des Allemands en armes à Strasbourg

Publié le par Rodney42

Le Point publié le 11/11/2010 à 14:46

Des Allemands en armes à Strasbourg, symbole de la paix en Europe

Guillaume II le KonprinzÀ Strasbourg, des soldats de la Bundeswehr, membres de la première unité allemande à stationner en France depuis 1945, ont participé jeudi aux cérémonies de commémoration du 11-Novembre, marquant une nouvelle étape symbolique de la réconciliation entre les deux pays. "Nous honorons les morts des deux côtés" du Rhin, affirme le lieutenant-colonel Frank Lindstedt, commandant du 291e bataillon de chasseurs allemand, visiblement ému d'être invité pour cette journée particulière. Son unité de combat, membre de la brigade franco-allemande, s'est installée en avril 2010 à Illkirch-Graffenstaden, en banlieue de Strasbourg, dans les locaux libres du quartier Leclerc, qui abrite la 2e brigade blindée. "Le 11-Novembre est pour nous une date difficile, même si on relie surtout la défaite au 9 novembre, avec l'annonce de l'abdication de l'empereur Guillaume II", rappelle l'officier de 44 ans, originaire de Brunswick (nord), dans un français presque parfait.

Les tumultueuses relations franco-allemandes le touchent personnellement, car "un de mes arrière-grands-pères et le premier mari de ma grand-mère ont été tués dans des guerres contre les Français, et je me retrouve en tant que chef de corps aux côtés de militaires français en temps de paix". Place de la République, une section du 291e rend les honneurs aux morts français pour la patrie, et un général allemand est fait chevalier de la Légion d'honneur. "C'est fort", souffle Bernard Detrez, 87 ans, dans l'assistance. Cette cérémonie "est une belle leçon de fraternité pour les enfants", estime cet ancien combattant, pour qui "les Français ne doivent pas être trop cocardiers".

"Être conscients des sentiments de l'ancienne génération"

Auparavant, dans un discours à Illkirch, l'officier de la Bundeswehr avait souhaité que Français et Allemands sachent "se souvenir des moments douloureux de (leur) histoire commune" pour "préparer dans la fraternité le bonheur de (leurs) enfants". "Je comprends que ce n'est peut-être pas évident de voir défiler des soldats allemands pour ceux qui ont vécu la difficile histoire de l'Alsace", assure le chef de corps. "Nous devons être conscients des sentiments de l'ancienne génération" et "il est également très important d'éviter les comportements et les déclarations de nos soldats qui pourraient heurter la population", ajoute-t-il. "Mais pour la jeune génération, civils ou militaires, je ne crois pas que cela pose un problème. Tout le monde doit être heureux de la paix et de la liberté en Europe", explique le militaire.

Pour le général Martin Klotz, gouverneur militaire de Strasbourg, l'intégration d'une troupe allemande en armes aux cérémonies du 11-Novembre est un "clin d'oeil à l'histoire". "L'Alsace a été ballottée entre les deux pays et aujourd'hui, en Afghanistan, des soldats français et allemands défendent la sécurité et les valeurs démocratiques dans un combat difficile contre le terrorisme et l'obscurantisme", affirme le haut gradé. La France a perdu 50 hommes dans ce pays, l'Allemagne, 44. "Comme les unités françaises, je considère le 291e comme une unité de plein droit de la garnison de Strasbourg", assure le gouverneur.

Publié dans Articles de Presse

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