Des Justes parmi nous

Publié le par Maurice Caumières

JournalLe Dépêche publié le 04/11/2011 à 08:19 par Maurice Caumières

Paulette Baduel Reine Rabot et Renee TrastourQuatre années d'occupation nazie, de 1940 à 1944, ont donné libre cours aux pires comportements qui se sont traduits par la collaboration avec l'ennemi et parfois l'adhésion à la sinistre milice française soumise à la gestapo allemande.

Mais aussi ces années noires ont permis de révéler le courage tranquille et ordinaire d'une multitude de Français qui rejetèrent les idées racistes et antisémites. Afin que ces actes de résistance ne tombent pas dans l'oubli, l'état d'Israël a fondé à Jérusalem l'institut Yad Vashem, chargé de décerner la plus haute distinction israélienne : la nomination de Juste parmi les nations à ceux qui ont participé au sauvetage des Juifs persécutés.

Reconnus Justes

Plusieurs familles de Juifs étaient réfugiées à Lacapelle, petit village perdu à l'orée des immenses forêts du Périgord, en zone dite libre. Mais bientôt, après l'extension de l'occupation sur toute la métropole, l'insécurité s'installa partout et la chasse aux Juifs et aux résistants n'épargna plus aucun territoire.

Le village lui-même eut affaire à la force brute des soldats nazis qui, le 21 mai 1944, organisèrent la rafle de tous les hommes qui furent déportés dans les camps de la mort où la plupart moururent.

Cependant, les familles juives Sin Blima, Rosenthal, Winfried, Baller ne furent pas découvertes grâce à la vigilance et à la présence d'esprit de leurs protecteurs. Parmi ces derniers, se trouvaient Louis et Henriette Balse ou Alida Lachoux, mais aussi Léonie et Gabriel Magimel de Parayre dans la commune de Gavaudun, le docteur Louis Baud de Lacapelle. Tous cachèrent Henri Sin Blima, sauvant ainsi toute la famille d'une mort atroce.

C'est pourquoi Michel-Lugassy-Harel, ministre près l'ambassade d'Israël en France, et Natan Holchaker, délégué Aquitaine du Comité français pour Yad Vashem, ont remis, lundi, la médaille de Justes parmi les nations à titre posthume à Léonie et Gabriel Magimel, représentés par leurs filles Reine Rabot et Paulette Baduel, et à Louis Baud, représenté par sa petite-fille, Renée Trastour. Une très émouvante cérémonie à laquelle assistaient une foule d'amis, de parents et les autorités.

Ces héros modestes n'ont jamais revendiqué quoi que ce soit. Ils avaient tout simplement accompli un geste d'humanité qui leur paraissait naturel. Puissent-ils être des modèles pour les générations nouvelles.

Léonie et Gabriel Magimel et le docteur Louis Baud ont été déclarés Justes parmi les nations, à titre posthume, lors d'une très émouvante cérémonie à Lacapelle-Biron.


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