Faure Félix

Publié le par Roger Cousin

Félix Faure, né à Paris le 30 janvier 1841 et mort le 16 février 1899 dans la même ville, est un homme politique français, président de la République de 1895 à sa mort. 

Faure FélixFaure Félix

Félix Faure est issu d'une simple famille rhodanienne de menuisiers et d'ébénistes, à l'instar de son père Jean-Marie Faure (1809-1889), et de la première épouse de celui-ci, Rose Cuissard (1819-1852). Du remariage de son père, il aura un demi-frère germain, Constantin Faure (1860 - en mer, 1884), qui sera officier de marine. Le futur président passe les trois premières années de sa vie rue du Faubourg-Saint-Denis, à Paris. En 1844, la famille déménage au faubourg Saint-Antoine, où son père crée une fabrique de meubles. Il effectue sa scolarité au collège communal de Beauvais (1852-1854), puis à l'école Pompée (1854-1857), internat privé d'Ivry-sur-Seine, où ses résultats sont en nette amélioration. Un lycée de Beauvais porte aujourd'hui son nom. Alors que Félix Faure n'est âgé que de onze ans, sa mère décède des suites de la tuberculose.

Afin de parfaire sa formation, il part deux ans en Angleterre, où il apprend l'anglais et les notions du commerce. Par la suite, engagé dans les chasseurs d'Afrique, Félix Faure envisage une carrière militaire, mais la campagne d'Italie de 1859 le fait renoncer. En 1861, il effectue un stage de 18 mois à la tannerie d'Amboise. Il épouse, le 18 juillet 1865 à Amboise, Berthe Belluot, dont il aura deux filles : Lucie Faure (1866-1913), fondatrice de la Ligue fraternelle des enfants de France et épouse sans postérité de l'écrivain Georges Goyau, membre de l'Académie française (1922). Femme de lettres elle-même, elle publiera un certain nombre d'ouvrages sous le nom de « Lucie Félix-Faure Goyau », notamment une biographie d'Eugénie de Guérin ; Antoinette Faure (1871-1950) qui épouse, en 1892, l'ingénieur René Berge (1862-1948), avec qui, elle a trois enfants et postérité à nos jours (dont le psychanalyste André Berge).

En 1863, Félix Faure est employé dans une maison de peausserie du Havre (Seine-Inférieure). En janvier 1867, devenu négociant en cuir, il fonde sa première société, « Félix Faure et Cie » : il est ainsi l'un des premiers à acheter des cargaisons avant leur accostage en Europe. Lorsqu'il sera élu président de la République, c'est son cousin germain Marius Cremer qui le remplacera à la tête de la société. Félix Faure est franc-maçon, la ville du Havre et sa loge « Aménité » lui délivre le grade d'apprenti en 1865, puis de maître à partir de 1869. Il y tient des conférences en 1883 et 1885 en compagnie de Paul Doumer, autre président de la République élu en 1931.

Premier acte de son engagement en politique, Félix Faure signe avec des opposants à Napoléon III, en 1865, le programme de Nancy en faveur de la décentralisation. Républicain modéré, de plus en plus enraciné au Havre, il fait pour la première fois acte de candidature aux élections municipales des 6 et 7 août 1870, en pleine guerre franco-allemande. Benjamin, de la « liste démocratique » qui remporte tous les sièges au conseil municipal, Félix Faure est élu au 22e rang. Le 4 septembre 1870, suite à la bataille de Sedan, Léon Gambetta prononce la déchéance du Second Empire : la IIIe République est proclamée au balcon de l'hôtel de ville de Paris et un gouvernement provisoire est formé. Le lendemain, sur ordre du préfet, le conseil municipal du Havre est remanié et Félix Faure, ardent défenseur du nouveau régime, devient le 3e premier adjoint, à l'âge de 29 ans.

Chargé de la défense de la ville, proie facile pour les Prussiens, il négocie notamment l'achat d'armes et munitions, réquisitionne plusieurs milliers de Havrais, supervise l'installation d'une ligne de défense… Félix Faure fut élu député de la Seine-Inférieure de 1881 à 1885,de 1885 à 1889,de 1889 à 1893 et de 1893 à 1895. Il devient sous-secrétaire d'État aux Colonies dans plusieurs cabinets successifs, puis sous-secrétaire d'État à la Marine et enfin ministre de la Marine. À la suite de la démission de Casimir-Perier, il est élu président de la IIIe République par 430 voix sur 801 votants contre Brisson 361 voix le 17 janvier 1895. Il contribue au rapprochement franco-russe, recevant le tsar Nicolas II dans le cadre de l'Alliance franco-russe et faisant une visite officielle en Russie, en 1897.

Il participe à l'expansion coloniale, notamment avec la conquête de Madagascar. Les relations avec l'Angleterre sont tendues depuis la crise de Fachoda. Son mandat est marqué par l'affaire Dreyfus. Félix Faure demeure hostile à une révision du procès. Félix Faure, dont on a dit qu'il était plus célèbre par sa mort que par sa vie, mourut au palais de l'Élysée le 16 février 1899, à l'âge de 58 ans. En 1897, il rencontre, à Chamonix, Marguerite Steinheil dite « Meg », épouse du peintre Adolphe Steinheil auquel est confiée une commande officielle. De ce fait, Félix Faure se rend souvent impasse Ronsin, à Paris, à la villa « Le Vert Logis » où réside le couple Steinheil. Bientôt, Marguerite devient la maîtresse de Félix Faure et le rejoint régulièrement dans le « salon bleu » du palais de l'Élysée.

Le 16 février 1899, Félix Faure téléphone à Marguerite et lui demande de passer le voir en fin d'après-midi. Quelques instants après son arrivée, les domestiques entendent un coup de sonnette éperdu et accourent : allongé sur un divan, le président râle tandis que Marguerite Steinheil réajuste ses vêtements en désordre. Félix Faure meurt quelques heures plus tard. Il est en fait mort d'une congestion cérébrale. La rumeur veut que Faure soit mort dans les bras de sa maîtresse Marguerite Steinheil. Dès les jours qui suivent, le Journal du Peuple avance qu'il est mort d'avoir « trop sacrifié à Vénus », c'est-à-dire d'un effort excessif dans le cadre de l'acte sexuel.

La plaisanterie populaire va jusqu'à préciser que c'est par une fellation, que la maîtresse provoqua l'orgasme qui lui fut fatal. On raconte que l'abbé qui fut mandé par l'Élysée aurait demandé : « Le président a-t-il toujours sa connaissance ? ». Un domestique lui aurait alors répondu : « Non, elle est sortie par l'escalier de service ». Marguerite Steinheil fut alors surnommée la « Pompe funèbre ». Les chansonniers de l'époque disent de lui (mot rapporté sous diverses formes) : « Il voulait être César, il ne fut que Pompée », allusion au goût du président pour le faste dont les satiristes de l'époque avaient coutume de se moquer ou à la fellation qui prétendument provoqua sa mort. Cette phrase a également été attribuée à Georges Clemenceau, qui ne l'aimait guère. Il aurait aussi déclaré, après la mort du président, «

En entrant dans le néant, il a dû se sentir chez lui », et « Ça ne fait pas un Français en moins, mais une place à prendre ». Félix Faure est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. On a dit aussi qu'il avait été empoisonné par des dreyfusards, thèse reprise par Édouard Drumont (1844-1917) dans son journal La Libre Parole, où il affirmait qu'un cachet empoisonné avait été placé parmi les cachets que prenait le président. En 1909, dix ans après la mort de Félix Faure, Marguerite Steinheil est jugée et acquittée pour le meurtre de son mari et de sa mère, commis à leur domicile parisien, impasse Ronsin, dans la nuit du 30 au 31 mai 1909.

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