Génia Obœuf, déportée à Auschwitz, à la rencontre d’élèves du collège des Courlis

Publié le par Le JDC - Laura Morel

Le JDCpublié le 26/10/2012 à 12h13 par Laura Morel

En 1943, Génia Obœuf a été déportée au camp de concentration d’Auschwitz. Aujourd’hui, elle part à la rencontre de jeunes pour leur raconter son histoire.

Génia Oboeuf«Dans mon souvenir, le camp d'Auschwitz grouillait de déportés. Il y avait de la boue partout », se remémore Génia Oboeuf. Elle n'a que 19 ans lorsqu'elle est déportée en 1943. « Un camp, c'est plein de monde. Il y a les maladies, la faim, la mort. À la libération, nous étions plus de 60.000 personnes ».

Aujourd'hui, à 89 ans, Génia Oboeuf témoigne dans les collèges et lycées. « Dans quelques années, il n'y aura plus personne pour témoigner. J'espère que quand je ne serai plus là, les jeunes repenseront à mon témoignage et que ça leur donnera du courage. J'espère que ça les aidera en tant que citoyen : pour vivre ensemble, être optimiste parce que sans optimisme, pourquoi vivre ? ».

Elle était, hier, au collège des Courlis à Nevers. Près de 80 élèves de troisième l'ont écoutée, sans un mot.

Auschwitz et Ravensbruck

« En 1940, mon père a été arrêté. Il faisait partie d'une organisation qui aidait les réfugiés allemands ». À l'époque, elle vivait en Belgique. En 1943, c'est à son tour. « Une voiture de la Gestapo m'a suivie et un SS que je connaissais bien a dit : Vous pouvez l'arrêter ». Elle est soupçonnée d'avoir des liens avec la résistance.

« Avec plusieurs prisonniers, on nous a emmenés dans une gare. J'ai vu de longs wagons à bestiaux. On nous a poussés pour qu'on monte. On ne savait pas où nous allions ». Le camp de concentration d'Auschwitz. « Il y avait de la suie partout et une odeur pestilentielle d'os et de chair brûlée ».

Bloc 10

« J'étais dans le bloc 10 avec une centaine d'autres femmes. Nous étions leurs cobayes pour des expériences sur la stérilisation ». On lui tatoue un matricule sur le bras : 42.570. « Nous étions considérés comme des sous-hommes, une sous-population ». Ces souvenirs, elle ne peut pas les oublier.

« On peut connaître le nazisme, on peut l'étudier mais on ne peut pas le comprendre. Il n'y a aucune explication rationnelle ».

Génia Oboeuf témoigne, comme une forme de résistance. « Je n'ai pas ressenti le besoin de raconter mon histoire jusqu'à ce que j'écoute des thèses négationnistes. Ces camps ont bien existé et les jeunes doivent le savoir ».


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