Heim Aribert

Publié le par Roger Cousin

Aribert Heim (né le 28 juin 1914 à Bad Radkersburg, Autriche - présumé mort au Caire, Égypte, le 10 août 1992) était un médecin autrichien SS ayant exercé dans les camps de concentration de Buchenwald et de Mauthausen où il est soupçonné d'avoir pratiqué la vivisection sur des prisonniers.

Arribert HeimArribert Heim

Arribert Heim

Criminel de guerre nazi en fuite, il a été recherché comme tel par les polices allemande, autrichienne et espagnole, ainsi que par le Centre Simon Wiesenthal de Jérusalem. Né à Bad Radkersburg en Autriche d'un père policier et d'une mère femme au foyer, il fait des études de médecine à l'Université de Vienne. À l'âge de 21 ans, il entre au Parti National Socialiste Autrichien (alors illégal) avant de rejoindre en 1938 les SS de Heinrich Himmler (numéro de membre 367 744).

Après avoir servi dans le camp de concentration de Buchenwald sous les ordres d'un autre médecin nazi, Hannes Eisel, il est nommé le 8 octobre 1941 médecin-chef à Mauthausen, camp de concentration où l'on estime que 118 000 prisonniers tchèques, néerlandais, russes, juifs, mais aussi résistants et républicains espagnols sont morts. À Mauthausen, où il reste sept semaines, Heim se livre à des interventions sans anesthésie et à des expériences médicales pour lesquelles il utilise les détenus comme cobayes. Il réalise notamment des études comparatives sur des mélanges de poisons, mesurant chronomètre en main la rapidité d'injections létales qu'il effectue directement dans le cœur des prisonniers.

C'est cette pratique qui lui vaut de la part des déportés espagnols de Mauthausen le surnom d'El banderillero. Dans le camp, Heim était également connu sous le nom de Dr. Tod (« Docteur La Mort »). Il est soupçonné d'avoir provoqué durant son séjour la mort de plusieurs centaines de prisonniers, assassinés ou décédés des suites de ses recherches. La police judiciaire de Stuttgart avance le chiffre de quelques 300 morts. Heim quitte Mauthausen pour intégrer la Waffen-SS le 29 novembre 1941.

Le 15 mars 1945, Heim est arrêté par les Alliés mais n'est jugé que sur son appartenance à la Waffen-SS. Un relevé d'empreintes digitales est effectué en 1945, document qui figure encore dans le dossier d'accusation de Heim. Il est envoyé cette même année dans un camp de travaux forcés. Relâché en 1947, il retrouve un poste de médecin à Baden-Baden dans le sud de l'Allemagne, où il épouse sa femme Frieda et ouvre un cabinet de gynécologue en 1954. Son nom refait surface en 1961, au cours du procès d'un ex-nazi à Wiesbaden, lorsqu'un témoin évoque Heim sous le nom de « boucher de Mauthausen ».

Heim disparaît en 1962, alors que la police allemande s'apprête à l'arrêter. En 1967, des membres de sa famille font état de sa mort d'un cancer en Amérique Latine. Mais des virements d'argent répétés et la découverte par des enquêteurs allemands et israéliens d'un compte bancaire berlinois à son nom contenant près d'un million d'euros, au début des années 2000, tendraient à prouver qu'il est toujours vivant ; d'autant plus que ses enfants ne se sont pas partagé cet argent. Le périodique espagnol El Mundo estime que la fortune considérable de Heim lui aurait permis de bénéficier de l'assistance de réseaux d'anciens nazis fugitifs comme ODESSA (Organisation Der Ehemaligen SS-Angehörigen = Organisation des anciens membres de la SS).

Vers la fin des années 1970, le « chasseur de nazis » Simon Wiesenthal, lui-même survivant de Mauthausen, demande au ministre de la Justice allemande la comparution de Heim devant les tribunaux. La police allemande a diffusé depuis un avis de recherche et promis une récompense de 130.000 euros pour toute information susceptible de mener à sa capture. Le Centre Simon Wiesenthal, spécialisé dans la recherche des anciens responsables et tortionnaires nazis, s'est attaché à retrouver les traces de l'ancien médecin. En 2002, à l'initiative notamment d'Efraim Zuroff (le successeur de Simon Wiesenthal au Centre) est lancée l'Opération Dernière Chance en Allemagne et dans huit pays d'Europe : Heim figure en seconde position sur la liste des criminels nazis les plus recherchés par le Centre, juste après Alois Brunner.

Fin 2005 Heim était supposé avoir trouvé refuge sur le territoire espagnol, à Palafrugell selon la police. Les recherches, qui n'ont pas abouti, se sont concentrées début 2006 sur le sud du Chili et de l'Argentine où la fille de Heim, Waltraud, vivrait depuis les années 1970 (selon Der Spiegel). En juillet 2007, le ministère de la Justice autrichien annonce sur son site qu'une récompense de 50 000 euros est promise à toute personne qui fournirait des informations pouvant conduire à localiser ou capturer Aribert Heim et Alois Brunner. En 2007, l'ancien militaire Danny Baz publie un livre dans lequel il affirme que Heim a été capturé, jugé puis exécuté sur l'Île de Catalina en 1982 par un groupe nommé La Chouette, constitué pour suppléer aux services secrets israéliens dans la traque des criminels nazis, abandonnés par l'État hébreu après l'enlèvement d'Adolf Eichmann.

Dans un communiqué, le Centre Simon Wiesenthal affirme quant à lui que cette information est inexacte. Début février 2009, la télévision publique allemande ZDF ainsi que le New York Times révèlent que Heim se serait installé au Caire dans les années 1970, se serait converti à l'islam, aurait pris le nom de Tarek Farid Hussein et y serait mort d'un cancer de l'intestin en 1992 à l'age de 78 ans. Ces informations ont été divulgées par son fils, Rüdiger Heim, qui a remis un attaché-case de l'ancien nazi contenant des documents établissant la véritable identité du fugitif. Aribert Heim était devenu au fil du temps le criminel nazi le plus recherché au monde, sa tête étant mise à prix pour 350 000 euros.

Publié dans Médecins SS

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