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Revue de presse de l'Histoire - La Seconde guerre mondiale le cinéma les acteurs et les actrices de l'époque - les périodes de conflits mondiaux viètnamm corée indochine algérie, journalistes, et acteurs des médias

Kohl Helmut

Helmut Josef Michael Kohl, né le 3 avril 1930 à Ludwigshafen et mort le 16 juin 2017 dans la même ville, est un homme d'État ouest-allemand puis allemand, membre de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU). Entré au Parti chrétien démocrate dès 1946, il est le chef du gouvernement ouest-allemand puis allemand pendant seize ans, de 1982 à 1998. Il parvient à mener à bien la réunification allemande en 1990, ce qui lui vaut le surnom de « chancelier de l’unité ». Européen convaincu dès son adolescence, il participe à la construction européenne en tentant de mettre en place son grand projet des États-Unis d’Europe. Il contribue à l'instauration de l’Acte unique puis du traité de Maastricht, et est l'un des pères de l’euro, qu’il parviendra à imposer à une population allemande alors profondément attachée au mark.

Proche de François Mitterrand, il favorise l'entente franco-allemande, comme lors du 22 septembre 1984, où il apparaît main dans la main avec le président français à l'ossuaire de Douaumont. En 1998, la CDU/CSU est devancée aux élections fédérales par le SPD, conduit par Gerhard Schröder, qui lui succède à la chancellerie. Helmut Kohl est ensuite mis en cause dans l'affaire des caisses noires de la CDU, ce qui lui entraîne des ennuis judiciaires et le contraint à démissionner de la présidence d'honneur du parti en 2000. Il se tient ensuite en retrait de la vie politique. 

Kohl Helmut

Politique intérieure

L'engagement chrétien-démocrate

Adhérant à l'Union chrétienne-démocrate, la CDU, dès 1946, il participe à la fondation dans sa ville natale de la Junge Union, le mouvement qui rassemble les jeunes du parti. Dès lors, il gravit rapidement les échelons de la CDU : député régional à vingt-neuf ans, il devient en 1969 le plus jeune ministre-président d'un Land, la Rhénanie-Palatinat. Succédant à Rainer Barzel, il est élu président de la CDU en 1973 sur un programme politique centriste et des valeurs, celles de la petite bourgeoisie rhénane, qu'il conservera toute sa vie.

L'accession à la chancellerie (1976-1982)

Candidat à la chancellerie, il remporte, lors des élections de 1976, un succès important, mais insuffisant pour renverser la coalition sociale-libérale (SPD-FDP), et doit céder en 1980 la direction de la campagne électorale à Franz Josef Strauss, le leader de la CSU, branche bavaroise de la Démocratie chrétienne. Artisan de la restructuration du parti chrétien-démocrate dont il développe l'implantation locale, H. Kohl bénéficie cependant de l'implosion de l'alliance SPD-FDP en 1982. Le chancelier Helmut Schmidt est renversé par une motion de défiance constructive, votée par le Parlement. Le 1er octobre, Kohl lui succède à la chancellerie devenant le sixième chancelier de la République fédérale d'Allemagne. Fort du soutien des libéraux du FDP, il convoque la tenue d'élection anticipées en 1983 : sa victoire est écrasante (49 % des voix).

La consolidation budgétaire et sociale

Nouvellement élu, le chancelier promet un changement économique et socioculturel. Il applique un programme néolibéral fondé sur la baisse des dépenses publiques, la libéralisation du marché du travail et le retour aux valeurs traditionnelles. L'Allemagne connaît alors une reprise économique et renforce son statut de grande puissance. Mais les difficultés surgissent. En 1984, IG Metall, le puissant syndicat des métallurgistes de RFA, observe une longue grève pour protester contre l'affaiblissement du pouvoir d'achat. Considérant qu'un syndicalisme fort constitue un facteur de stabilité, H. Kohl fait en sorte que l'issue du conflit permette au syndicat de sortir la tête haute. Des rumeurs, démenties, de son implication dans une affaire de corruption et de pots de vin (affaire Flick, 1983-1984), ternissent passablement son image. Tandis que la situation économique se dégrade à partir de 1986, le chancelier subit divers échecs aux scrutins régionaux. En dépit des dissensions internes à son parti qui menacent sa légitimité, le chancelier est réélu en 1987.

L'artisan de la réunification allemande

Au plus bas de sa cote de popularité dans l'opinion allemande, vilipendé le 9 novembre à Berlin lors de la chute du mur, le chancelier s'emploie à mettre en œuvre l'unification rapide des deux États allemands. Le 28 novembre 1989, il propose un plan en dix points qui prévoit à terme un rapprochement entre la RDA et la RFA dans le cadre d'une confédération. En février 1990, il avance l'idée d'une union économique et monétaire, qui devient effective le 1er juillet de la même année : le Deutsche Mark constitue la monnaie commune aux deux États, la RDA acceptant par ailleurs le système d'économie de marché. De Mikhaïl Gorbatchev, il obtient le départ des troupes soviétiques stationnées en RDA et permet à son pays de retrouver la souveraineté (traité de Moscou, septembre 1990). Un mois plus tard, le traité d'union qui intègre la RDA et la RFA entre en vigueur, faisant de lui le chancelier de l'Allemagne unie.

L'engagement européen

Le renforcement de l'Allemagne sur la scène internationale

Dans un contexte de retour de la guerre froide, H. Kohl veut ancrer la RFA à l'Ouest, lors de la crise des euromissiles de 1983. À cette date, les États-Unis déploient sur le territoire ouest-allemand des fusées Pershing II. Affrontant le mécontentement des pacifistes, des écologistes et d'une partie de la jeunesse allemande, le chancelier soutient l'initiative américaine et cherche ainsi à favoriser le retour de l'Allemagne sur la scène internationale. Par ailleurs, considérant que le poids du passé militariste de l'Allemagne pèse depuis trop longtemps sur la capacité de celle-ci à jouer à l'extérieur un rôle qui soit à la mesure de sa puissance intérieure, il autorise en 1994 la Bundeswehr à quitter le sol allemand (pour la première fois depuis 1945), afin de participer à des opérations militaires en Bosnie-Herzégovine.

La poursuite de l'amitié franco-allemande

Aux côtés de François Mitterrand, avec qui H. Kohl a noué et entretient une amitié sans faille et une confiance réciproque, le chancelier Kohl assiste, main dans la main, le 22 septembre 1984 devant l'ossuaire de Douaumont, à Verdun, à une cérémonie en hommage aux soldats allemands et français tués durant la Première Guerre mondiale.

La normalisation des relations avec la Pologne et la République tchèque

S'efforçant, après la réunification de l'Allemagne, de rassurer les pays voisins, il reconnaît la ligne Oder-Neisse comme frontière irrévocable avec la Pologne (novembre 1990), et signe avec le Premier ministre tchèque Václav Klaus une déclaration commune destinée à régler le contentieux historique lié à la région tchèque des Sudètes (janvier 1997).

La chute

Réélu chancelier en janvier 1991 à la suite des premières élections législatives fédérales de l’Allemagne unifiée (décembre 1990), H. Kohl doit faire face aux difficultés liées au coût de la réunification, mais l'amorce d'une reprise économique après la récession de 1993 et sa forte popularité lui valent d'être reconduit dans ses fonctions au terme des élections de 1994. Sa politique de rigueur, nécessaire pour respecter les critères de convergence prévus par le traité de Maastricht et adhérer à la monnaie unique, est impopulaire. C'est dans ce climat politique incertain qu'il sollicite un cinquième mandat en 1998. Sévèrement battu, il cède sa place de chancelier à Gerhard Schröder (SPD). Après sa démission de la présidence de la CDU (septembre 1998), il en est élu président d'honneur, mais doit renoncer à cette fonction en janvier 2000, étant mis en cause dans l'affaire du financement occulte de la CDU de 1973 à 1998.

Retrait de la scène publique et mort

Dès lors absent de la scène politique allemande, Helmut Kohl est régulièrement cité lors des élections fédérales de 2005, qui voient Angela Merkel, son ancienne « protégée », accéder au poste de chancelier. En 2009, en plus d'une fracture de la hanche qui l'oblige à rester dans un fauteuil roulant, Helmut Kohl est victime d'un accident vasculaire cérébral qui lui paralyse le bas du visage. Le 31 octobre 2009, il retrouve Mikhaïl Gorbatchev et George H. W. Bush pour fêter le 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin mais il n'est pas en mesure d'assister aux commémorations officielles. Le 2 juin 2015, il est hospitalisé, à l'âge de 85 ans, en soins intensifs au CHU de Heidelberg. En avril 2016, il reçoit Viktor Orbán lors d'une visite très médiatisée. À cette occasion, il s'exprime au sujet de la crise migratoire en Europe et de la politique d'Angela Merkel concernant les migrants. Il critique l'ouverture des frontières aux réfugiés, se dit « en accord » avec la politique de Viktor Orbán et estime que l'Europe ne peut « devenir une nouvelle patrie » pour les migrants. Cette prise de position lui vaudra de nombreuses critiques.

Helmut Kohl meurt le 16 juin 2017, à l'âge de 87 ans, dans sa maison de Ludwigshafen, dans le Sud-Ouest du pays. La chancelière fédérale, Angela Merkel affirme alors qu’Helmut Kohl a « changé [sa] vie de manière décisive » grâce au rôle qu’il a joué dans la réunification de l’Allemagne, ajoutant qu'il a été « une chance pour nous, Allemands ». L’ancien président des États-Unis George H. W. Bush salue « l’un des plus grands leaders de l’Europe d’après-guerre » et « un vrai ami de la liberté » tandis que l'ancien dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev évoque « une personnalité exceptionnelle » ayant fait preuve « d'un profond intérêt pour la Russie ». Selon le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, Helmut Kohl était « l’essence même de l’Europe » ; Jacques Delors, ancien président de la Commission, rend hommage à « un citoyen de l'Europe ». Le président de la République française, Emmanuel Macron, estime qu'« Helmut Kohl fut l’un des grands hommes de l’Europe et du monde libre ». Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, se dit « très affecté » par le décès de Helmut Kohl, « un ami personnel ».

Sa veuve, Maike Kohl-Richter, ayant refusé que des obsèques nationales soient organisées, un hommage lui a été rendu le 1er juillet 2017 au Parlement européen à Strasbourg lors d’une cérémonie en présence de la chancelière allemande Angela Merkel, de l'ancien président américain Bill Clinton, du président français, Emmanuel Macron et des présidents du Conseil européen Donald Tusk, de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker et du Parlement européen Antonio Tajani. Le chef de l'État français était accompagné de son prédécesseur Nicolas Sarkozy ainsi que des anciens ministres Élisabeth Guigou et Hubert Védrine et de Jacques Attali. 22 anciens chefs d'États et de gouvernements principalement européens (excepté l'ancien président indonésien Bacharuddin Jusuf Habibie) étaient présents, 12 chefs d'États et de gouvernements européens en exercice, 4 anciens présidents du Parlement européen ainsi que l'ancien couple royal d'Espagne Juan Carlos et Sofia. Sa dépouille a ensuite été transférée à Spire où une cérémonie privée a eu lieu en la cathédrale avant que l'ancien chancelier soit inhumé. 

Vie privée

Troisième enfant d'une famille catholique et conservatrice, Helmut Kohl perd son frère aîné au cours de la Seconde Guerre mondiale. Dans les dernières semaines de la guerre, alors qu'il a 15 ans, il est lui aussi enrôlé mais ne participe à aucun combat. En 1946, il adhère à la toute nouvelle Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) et participe à la création l'année suivante de la section de la Junge Union (JU) à Ludwigshafen. Après l'obtention de son Abitur en 1950, il s'inscrit aussitôt à l'université Johann Wolfgang Goethe de Francfort-sur-le-Main pour y étudier le droit. En 1951, il choisit de poursuivre ses études à l'université de Heidelberg, où il est diplômé en histoire et sciences politiques. Helmut Kohl est marié deux fois. En 1960, il épouse Hannelore Renner (née en 1933 et morte suicidée en 2001), avec qui il a deux fils : Walter Kohl (né en 1963) et Peter Kohl (né en 1965). En 2008, il se marie à Maike Richter, née en 1964, qui est donc sa cadette de 34 ans. 

Distinctions

Décorations

  • Grand-croix de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne
  • Grand-croix de l'ordre du Roi Tomislav (Croatie)
  • Médaille présidentielle de la Liberté (États-Unis)
  • Grand-croix de l'de l'ordre du Faucon (Islande)
  • Chevalier grand-croix de l'ordre du Mérite de la République italienne (Italie)
  • Grand-croix avec collier de l'ordre des Trois Étoiles (Lettonie)
  • Chevalier grand-croix de l'ordre du Lion néerlandais (Pays-Bas)
  • Grand-croix de l'ordre de l'Aigle blanc (Pologne)
  • Grand-croix de l'ordre de l'Infant Dom Henrique (Portugal)
  • Grand-croix de l'ordre du Christ (Portugal)
  • Grand-croix de l'ordre de la Double croix blanche (Slovaquie)
  • Médaille du mérite ecclésiastique (Slovaquie)
  • Chevalier grand-croix de l'ordre de Saint-Michel et Saint-Georges (Royaume-Uni)

Récompenses

  • Docteur honoris causa de l'université Keiō.
  • Docteur honoris causa de l'université de Cambridge.
  • Docteur honoris causa de l'université de Louvain.
  • Prix international Charlemagne d'Aix-la-Chapelle.

Publications

  • Je voulais l'unité de l'Allemagne, Paris, Editions de Fallois, 1997.
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