"L'avocat de la terreur" Jacques Vergès est mort

Publié le par France Bleu par Thibaut Lehut, France Bleu

L'avocat Jacques Vergès est mort à 88 ans, a annoncé ce jeudi BFM TV. Surnommé "l'avocat de la terreur", il avait notamment défendu le criminel nazi Klaus Barbie, le révolutionaire Carlos, ou encore l'ancien président serbe Slobodan Milošević.

Jacques Vergès Maxppp

Jacques Vergès Maxppp

Jacques Vergès était né d'un père réunionnais et d'une mère vietnamienne en 1925, dans l’actuelle Thaïlande. Sa carrière brillante aura été le reflet de bon nombre d'évènements historiques de la seconde moitié du XXe siècle. Anticolonialiste convaincu, ancien résistant, communiste puis maoïste, proche un temps des futurs chefs khmers rouges, il a toujours été considéré comme un avocat très engagé.

Avocat des criminels de guerre et des causes perdues

Friand de l'exposition médiatique que sa profession pouvait lui parfois offrir, Jacques Vergès n'a pas hésité à contribuer à la défense de quelques-uns des plus grands criminels de guerre du siècle dernier, laissant planer le doute sur la teneur de ses engagements politiques. Une réputation ambigue et une personnalité complexe évoquées dans le documentaire de Barbet Schroeder au nom évocateur, paru en 2007 : "L'Avocat de la terreur".

Ce fut le cas du nazi Klaus Barbie, du chef khmer Khieu Samphân mais aussi de l'ancien président serbe Slobodan Miloševic. Des procès marquants qui reflètent la volonté de l'avocat de se mettre aux services des causes perdues. Pour exemple, il aura également défendu les protagonistes de l'affaire du sang contaminé, des acteurs d'Action directe, le terroriste Carlos ou encore Omar Raddad, le jardinier accusé du meurtre de son employeur ("Omar m'a tuer").

Ce long CV comporte une zone d'ombre de huit ans (entre 1970 et 1978), durant laquelle Jacques Vergès a littéralement disparu. Il ne révèlera jamais ce qui a alors occupé son temps, suscitant ainsi les plus folles rumeurs. Acquis à la cause palestinienne, s'est-il alors rapproché de mouvements terroristes ? A-t-il séjourné dans le Cambodge de Pol Pot ? A-t-il alors connu un problème financier majeur ? Le mystère demeure.

"Un grand avocat, courageux"

Proches ou pas de Jacques Vergès, des grands noms du barreau saluent jeudi soir la mémoire de leur confrère. "Jacques Vergès était un très grand avocat, un avocat courageux qui s'investissait totalement dans la défense et qui avait un immense talent", a ainsi déclaré sur BFMTV Christian Charrière-Bournazel, président du Conseil national des Barreaux.

"C'est l'un des deux ou trois avocats extraordinaires de ma génération", se souvient pour sa part Me Georges Kiejman, qui lui a plusieurs fois fait face dans les prêtoires. "J'avais gardé pour lui toute mon estime, tout en sachant que sur aucun point nous ne serions d'accord".

Publié dans Articles de Presse

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