L'Iran célèbre la prise d'otages de 1979 et fustige les Etats-Unis

Publié le par Le Nouvel Observateur

JournalLe Nouvel Observateur publié le 04/11/2011 à 08h55

Des milliers d'Iraniens se sont rassemblés vendredi en scandant "Mort à l'Amérique!", à l'occasion de l'anniversaire de la prise d'otages à l'ambassade américaine à Téhéran le 4 novembre 1979, qui a provoqué la rupture des relations diplomatiques entre l'Iran et les Etats-Unis.

Pahlavi Mohammad RezaLe rassemblement, devant ce que les Iraniens appellent "le repaire des espions", a aussi été l'occasion de saluer le Printemps arabe -- surnommé ici le "Réveil islamique" -- et de dénoncer les accusations des Etats-Unis concernant un complot présumé ourdi par Téhéran pour tuer, sur le sol américain, l'ambassadeur d'Arabie saoudite.

Certains participants ont brûlé des drapeaux américains et israéliens, ainsi qu'une photo du président Barack Obama.

Le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, Said Jalili, a affirmé devant la foule, composée en grande partie de jeunes, que l'Iran avait des preuves "irréfutables" que les Etats-Unis "soutiennent et entraînent des terroristes" contre l'Iran.

Agitant une liasse de papiers qu'il a présentés comme des documents appuyant ses affirmations, il a précisé que l'ambassadeur iranien aux Nations unies les transmettrait au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, afin que "les mesures requises soient prises".

Le 4 novembre 1979, quelques mois après la révolution islamique qui avait renversé le shah, Mohammad Reza Pahlavi, soutenu par les Etats-Unis, 52 employés de l'ambassade américaine à Téhéran avaient été pris en otage par des étudiants islamistes et retenus pendant 444 jours.

En avril 1980, le président américain, Jimmy Carter, avait lancé une opération militaire spéciale pour les libérer, mais celle-ci avait échoué.

Ne parvenant pas à composer avec le régime islamique, Washington avait finalement décidé de rompre les relations diplomatiques, le 7 avril 1980.

Les relations entre Téhéran et Washington sont depuis très tendues.

L'Iran a été mis en cause récemment par les Etats-Unis dans un complot qui aurait été dirigé par l'unité Qods (forces spéciales des Gardiens de la révolution) pour tuer, sur le sol américain, l'ambassadeur d'Arabie saoudite.

Les dirigeants iraniens ont rejeté en bloc les accusations américaines, affirmant que Washington avait monté de "toutes pièces" cette affaire pour créer des divisions entre les pays de la région et faire oublier les problèmes internes aux Etats-Unis et leurs difficultés au Moyen-Orient.

L'Iran a en outre condamné jeudi les propos tenus par des experts militaires américains ayant suggéré le 26 octobre des assassinats ciblés de responsables des Gardiens de la révolution iraniens, lors d'une audition au Congrès américain.

Les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux accusent par ailleurs l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire sous couvert d'usage civil, ce que Téhéran conteste.

Publié dans Articles de Presse

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