La justice autrichienne fait le ménage chez les néonazis

Publié le par Libération - Blaise Gauquelin

Libérationpublié le 18/02/2013 à 21:26 par Blaise Gauquelin


L’Autriche n’est plus systématiquement complaisante envers les nostalgiques du Führer. Dans sa galaxie, Gottfried Küssel est une figure de proue. Et ce n’est pas un perdreau de l’année : âgé de 54 ans, national-socialiste autoproclamé, il avait déjà écopé de dix ans de prison en 1993, pour révisionnisme.

Le 10 janvier, un tribunal de Vienne l’a condamné en première instance à neuf années de réclusion. Cette fois, il tombe avec deux de ses acolytes pour avoir «réhabilité les thèses du IIIe Reich» au travers d’un site internet néonazi un brin cheap et hébergé aux Etats-Unis. Entre 2009 et 2011, on aura pu y lire des posts plus odieux les uns que les autres sur les juifs autrichiens, ces «corps étrangers», sans que les autorités ne trouvent le moyen d’en fermer les vannes.

En muselant ainsi pour la seconde fois le chef des ultras, la justice autrichienne espère donc rassurer la communauté juive et envoyer un message de fermeté à la mouvance néonazie. Le temps pressait : les voisins hongrois affichent désormais leur haine du judaïsme au grand jour et la frange radicale de l’extrême droite autrichienne se sent pousser des ailes.

Contrairement à Budapest, la capitale autrichienne procède depuis deux ou trois ans au grand ménage. En juillet par exemple, une avenue prestigieuse de la capitale, qui portait encore le nom d’un ancien maire antisémite, a été débaptisée.

En août, la compagnie des chemins de fer ÖBB a organisé une exposition levant le voile sur son rôle décisif dans la déportation des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale.

Un peu plus tôt, la tombe des parents de Hitler, devenue lieu de pèlerinage, avait été discrètement détruite dans le petit village de Leonding. Et on discute en ce moment de la création d’un mémorial national dédié aux résistants autrichiens.

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