La légende de Mata Hari

Publié le par L'Express - Jérôme Dupuis

JournalL'Express publié le 11/10/2011 à 08:00 par Jérôme Dupuis

Il faut se méfier du "prestige de l'uniforme". C'est ce qui a perdu Mata Hari. A force de fricoter avec des lieutenants russes, des officiers des Indes, des attachés navals prussiens et des agents du Deuxième Bureau français, la Néerlandaise Margaretha Zelle, alias Mata Hari - "oeil du jour" -, finira fusillée pour espionnage, en 1917, à Vincennes. La réédition à petit prix de cette biographie enlevée signée Fred Kupferman permet de (re)découvrir les tribulations de l'aventurière ardente et mythomane.

Mata-Hari. Songes et mensongesA l'orée du XXe siècle, la "Bovary de Java" fait sensation à Paris avec ses danses hindoues lascives : "Forte, brune, et d'un sang puissant, son teint bistré, sa bouche ombrée, ses yeux noyés disent le soleil lointain et les pluies dissolvantes", écrit joliment un chroniqueur de l'époque. Lorsque ses traits s'épaississent, la "Schéhérazade des snobs" va vendre son âme et devenir l'agent H 21.

Demi-mondaine et agent double. Ou même triple, au point qu'elle-même ne sait plus très bien, passant du lit d'un officier prussien aux caresses d'un commissaire français. Las ! on découvre de l'encre invisible dans ses bagages. Prison, procès à huis clos, condamnation à mort. Et Kupferman de conclure : "Margaretha Zelle sera fusillée par la faute de Mata Hari."  





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