La mort de Robert Boulin : un assassinat ?

Publié le par France3

France3diffusé le 29/01/2013

Robert BoulinDans la Revue de presse Frédéric Taddeï et ses invités débattent des sujets qui font l’actualité, notamment, à l'occasion de la diffusion sur France 3 d'un documentaire sur la mort de Robert Boulin, de ce qu'on a appelé l'affaire Boulin.  Le thème - 1/ Mort de Robert Boulin : Un assassinat ? Pour en parler :







Pierre Aknine - Réalisateur et metteur en scène

Pierre Aknine est réalisateur et metteur en scène,  et notamment le réalisateur et le scénariste de la fiction "Un crime d’état", pour lequel il a longuement enquêté sur ce qu’on appelle "l’affaire Boulin". Sa carrière artistique a débuté avec le théâtre en mettant en scène des pièces classiques (Les Diablogues, les Crabes, Si Camille me voyait et La Maison d’os). Il a été également le scénariste d’Alexandre Arcady pour  "l’Union sacrée".  Auteur pour la télévision, on lui doit des fictions tels que "Jean Moulin : une affaire française", ou encore  "Mort d’un président"  sur la dernière année de la vie de Georges Pompidou pour lequel il était venu sur le plateau de "Ce soir ou jamais"  l’an passé, l’occasion d’une vive discussion avec Marie-France Garaud. Pierre Aknine est également professeur au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris.

Jean Charbonnel - Ancien ministre

Jean Charbonnel est l’un des derniers ministres encore en vie du général De Gaulle. Ancien député et maire de Brive, il a été secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères (1966-67) sous la présidence du Général, puis ministre du développement industriel et scientifique de Georges Pompidou (1972-74). Deux gouvernements dont faisait également partie Robert Boulin, dont Jean Charbonnel dit qu’il était à la fois  "un collègue et un ami". Ensemble, ils partageaient une vision commune du gaullisme et se sont, l’un comme l’autre, opposés à la droitisation du mouvement.

Dans les année 60, Jean Charbonnel a été l’initiateur de l’équipée des "jeunes loups", dont le but était de promouvoir une nouvelle génération de cadres gaullistes, et bien qu’il ait soutenu les débuts en politique de Jacques Chirac, sa fidélité à une certaine idée du gaullisme l’a conduit à plusieurs reprises à rompre avec la droite chiraquienne pour se rapprocher de la gauche modérée.

Il préside aujourd’hui la "Convention des gaullistes sociaux pour la Ve République"  et est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’héritage gaulliste, parmi lesquels  A la gauche du Général (Plon, 1998), Les légitimistes de Chateaubriand à De Gaulle (La Table Ronde, 2006), ou encore Pour l’honneur du gaullisme : Contre-enquête sur un héritage, publié en 2011 aux éditions Riveneuve. Un héritage dont selon lui, une part majeure s’est progressivement délitée.

Au moment de la mort de Robert Boulin, il dit avoir cru comme tout le monde à la thèse officielle. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Alexandre Sanguinetti, baron du gaullisme et fondateur du Service d'action civique (SAC), lui aurait donné en décembre 1979 les noms du commanditaire et de l’exécutant de l’assassinat de Robert Boulin. Deux noms qu’il affirme conserver dans un coffre et qu’il ne pourra révéler, dit-il, qu’à la demande d’un juge, si une nouvelle instruction était ouverte.

Benoit Collombat - Journaliste

Benoît Collombat est grand reporter au sein de la rédaction de  France Inter depuis 1994, et a couvert, entre autres, les guerres en Ulster, en Irak, la chute de Milosevic ou encore la révolte des réfugiés de Lampedusa. En 2003, il a réalisé pour France Inter une enquête sur la mort de Robert Boulin intitulée Affaire Boulin, un homme à abattre, prélude au livre du même nom qui sortira quatre ans plus tard et qui vient d’être réédité. Enquête à laquelle Benoit Collombat apporte de nouveaux éléments avec notamment le témoignage de Jean Charbonnel en 2009.

Il a également enquêté sur la mort de Pierre Bérégovoy et sur les activités de consultant de Bernard Kouchner au service du Gabon et du Congo-Brazaville, "Les affaires africaines du Docteur Kouchner", diffusé en 2009 sur France Inter.

Gilles Cayatte - Auteur et réalisateur

Réalisateur de documentaire et de fiction, Gilles Cayatte a écrit (avec Jean Chichizola) et réalisé "Vie et mort de Robert Boulin" , diffusé hier soir sur France 3, la veille du téléfilm, lequel documentaire s’oriente vers la thèse du suicide de Robert Boulin. Selon lui, Robert Boulin était une personnalité politique de second ordre, qui ne valait pas la peine qu’on l’assassine. " Il n’y avait pas besoin de le faire taire, il n’avait rien à dire ».

On doit également à Gilles Cayatte des documentaires tels que "Les Moines de Tibhérine", (2009), "La tragédie de la navette Colombia" (2007), "Google, la machine à penser" (2007). Et au rayon fiction, signalons qu’il est également l’un des réalisateurs de "Plus belle la vie" sur France 3 (une cinquantaine d’épisodes rien qu’en 2010).

Alain Tourre - Ancien commissaire du SRPJ de Versailles

Alain Tourre a passé plus de trente-huit ans au service de la police nationale dont la majeure partie en police judiciaire. Il a notamment dirigé le Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Versailles de 1986 à 1989 et le SRPJ de Marseille de 1990 à 1992. En tant que commissaire de la police judiciaire de Versailles en 1979, il a été chargé de l’enquête sur la mort de Robert Boulin avec Gilles Leclair. Dans un livre écrit avec Danielle Thiéry, Police judiciaire. 100 ans avec la crim’ de Versailles, il rappelle les différents éléments qui l’ont amené à conclure à la thèse du suicide. "Il faut dire que, pendant quatre ans, personne n’a réagi à l’hypothèse d’un suicide qui n’aurait pas été un vrai suicide.

Les actes postérieurs de l’enquête viendront alimenter une polémique que les ratés accumulés de l’affaire ne pourront qu’aviver".  A ses yeux, la clé de la chute de Robert Boulin est le chèque de 40 000 francs qu’Henri Tournet lui aurait remis pour rembourser le terrain de Ramatuelle acheté en 1974. Dès lors que le juge Van Ruymbeke pouvait démontrer que le ministre avait reçu ce terrain gratuitement en échange d’interventions auprès de préfets pour obtenir des permis de construire au bénéfice d’autres acheteurs, le ministre pouvait être poursuivi pour trafic d’influence ou corruption.

Michèle Cotta - Journaliste

Michèle Cotta a débuté sa carrière de journaliste à Combat, journal pour lequel elle a réalisé la première interview du futur Président François Mitterrand depuis l’attentat de l’Observatoire. Elle a ensuite été embauchée à L’Express par Françoise Giroud, puis au Point, à France Inter, RTL… Lors de la victoire de François Mitterrand en 1981, elle devient présidente de Radio France, puis de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (1982-1986, "ancêtre" du CSA), directrice de TF1 (1987-1992) et directrice générale de France 2 entre 1999 et 2002. Elle anime actuellement une émission à son nom sur IDF1 (chaîne francilienne de la TNT dont vous êtes la vice-présidente), et a publié de nombreux essais, parmi lesquels Les secrets d’une victoire (Flammarion, 1999),  Carnets secrets de la présidentielle  (Plon, 2002) ou l’an dernier Le rose et le gris : prélude au quinquennat de François Hollande  (Fayard, 2012). Dans le deuxième tome de ses Cahiers secrets de la Vème république,  son journal couronné par le prix du livre politique en 2009 et qui porte sur la période 1977-1986, ses pages dédiées à la période du 30 octobre au 8 novembre 1979 expriment son sentiment au sujet de la mort du ministre. Elle y écrit : "nous avions tous senti le malaise de Robert Boulin" mais questionne également : "Comment est-il mort, d’ailleurs, dans cet étang profond de 50 centimètres, en forêt de Rambouillet ?"

Publié dans Articles de Presse

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