La traque des bourreaux d'Oradour continue

Publié le par Le Parisien

Le Parisienpublié le 17/03/2013 à 15h08

Près de soixante-dix ans après, l'Allemagne enquête sur le massacre d'Oradour-sur-Glane. Six soldats encore vivants ont été identifiés.



Oradour-sur-Glane

Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), 1944. Le 10 juin 1944, 642 habitants du village sont tués par une compagnie de Waffen-SS, les maisons pillées et détruites.

 

Un crime innommable. Un chagrin infini. Des plaies encore ouvertes. Et, près de soixante-dix ans après, une enquête judiciaire. Le massacre d'Oradour-sur-Glane, perpétré dans cette bourgade du Limousin le 10 juin 1944 par une compagnie de Waffen-SS, est l'un des épisodes les plus atroces de la Seconde Guerre mondiale en France. Six cent quarante-deux civils ont été tués. Le 29 janvier dernier, pour la première fois, un policier et un magistrat allemands se sont rendus sur place.

Un geste symbolique fort mais pas seulement. Car ces enquêteurs sont bel et bien à la recherche d'indices. La semaine dernière, ils sont revenus. Pour interroger les survivants de la tuerie cette fois.

Depuis fin 2010, la justice allemande a rouvert le dossier car outre-Rhin, ces crimes sont imprescriptibles. C'est le procureur Andreas Brendel, à Dortmund, qui a hérité du dossier : son parquet est juridiquement compétent et, à 50 ans, il est spécialisé dans les investigations sur les crimes de guerre. Dans les années 1980, une première enquête avait été classée, faute d'éléments probants. Mais en 2010, l'office fédéral chargé de l'élucidation des crimes nazis attire l'attention du procureur Brendel sur le livre d'un historien. En exploitant les archives de la Stasi (la police politique de l'ex-RDA), ce dernier a exhumé des documents nouveaux susceptibles de relancer les investigations. Il est notamment fait état d'une phrase qui aurait été prononcée à l'époque par un soldat : « Le sang va couler. » « Cette phrase peut être un indice selon lequel les militaires savaient ce qui allait se produire », confie Andreas Brendel.

Depuis, cette enquête favorablement accueillie à Oradour, a donné lieu à de multiples investigations. Six soldats encore vivants ont été identifiés. Tous nient. « En l'état actuel, il est impossible de dire que nous pourrons amener un de ces hommes devant un tribunal, avertit Andreas Brendel. Il nous manque encore des pièces. » Mais la détermination à faire aboutir cette enquête hors du commun est intacte.

Publié dans Articles de Presse

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