Le dernier "poilu" américain est mort

Publié le par Le Nouvel Observateur

Le Nouvel Observateurpublié le 01/03/2011 à 06h21

Le dernier ancien combattant américain de la Première Guerre mondiale, Frank Buckles, est mort "paisiblement", à l'âge de 110 ans.

Frank Buckles
Frank Buckles est mort "paisiblement" dimanche 27 février à l'âge de 110 ans. Avec lui disparaît le dernier ancien combattant américain de la Première Guerre mondiale, qui avait menti sur son âge pour s'enrôler en 1917 et auquel le président Obama a rendu lundi un hommage appuyé.

Frank Buckles "s'est éteint paisiblement" de mort naturelle à son domicile près de Charles Town (Virginie Occidentale, est), a indiqué David DeJonge, un porte-parole de la famille. Lorsqu'il avait fêté ses 110 ans le 1er février, sa famille avait prévenu que sa santé était défaillante depuis un an.

Frank Buckles avait servi comme ambulancier de l'armée américaine en Europe durant la Première Guerre mondiale. Après guerre, il avait travaillé dans la marine marchande.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il avait été capturé par les Japonais aux Philippines, où il était représentant d'une compagnie maritime, et était resté prisonnier de guerre pendant plus de trois ans avant sa libération par les troupes américaines.

Volontaire à 16 ans

Né dans le Missouri en 1901, Frank Buckles s'était empressé de se porter candidat pour partir sur le front au moment où les Etats-Unis entraient en guerre en avril 1917. Le corps des Marines américains et celui de l'US Navy l'avaient dans un premier temps refoulé, le considérant comme trop jeune --il avait 16 ans à l'époque--, mais il avait finalement réussi à leur faire croire qu'il avait 21 ans.

Dans un hommage appuyé, le président des Etats-Unis Barack Obama a affirmé que "les états de service et la vie" de Buckles avaient été pour lui et son épouse Michelle une source d'"inspiration".

Evoquant la fille de l'ancien combattant décédé, Barack Obama a indiqué que son épouse et lui se joignaient à elle "et à tous ceux qui connaissaient et aimaient son père pour honorer une vie remarquable qui nous rappelle le vrai sens du patriotisme et de nos obligations réciproques en tant qu'Américains".

Quelque 4,7 millions d'Américains se sont battus pendant la Première Guerre mondiale, la majeure partie au sein de la Force expéditionnaire américaine (AEF) déployée en Europe sous les ordres du général John J. Pershing.

"La persévérance  a payé"

"Un vieux sergent avec de la bouteille m'avait dit: si tu veux partir en France tout de suite, rejoins le corps des ambulanciers ", avait raconté Buckles en 2001 dans un entretien accordé à la Bibliothèque du Congrès à Washington.

Il avait voyagé vers l'Europe en décembre 1917 à bord du navire qui avait secouru cinq ans plus tôt les naufragés du Titanic, et s'était retrouvé en Grande-Bretagne.

"Pendant mon séjour en Angleterre, j'ai conduit un side-car, puis des ambulances et des voitures Ford. La persévérance a payé et j'ai été assigné au service d'un officier qui avait été laissé en retrait par son unité, et j'ai pu aller en France", a-t-il encore raconté.

Elevé au grade de caporal, Buckles n'a cependant jamais réussi à monter au front. Après le conflit, son unité a raccompagné des prisonniers de guerre en Allemagne.

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, il s'était installé en Virginie Occidentale où il avait acheté une ferme et fondé une famille. Sa fille Susannah continue de gérer l'exploitation familiale avec son mari.

En février 1999, il avait reçu la Légion d'honneur du président français Jacques Chirac lors d'une cérémonie à Paris, ce qui l'avait fait sortir de l'anonymat. Il avait également été honoré à la Maison Blanche en 2008 par le président George W. Bush.

Frank Buckles avait consacré les dernières années de sa vie à faire campagne pour la construction d'un mémorial de la Grande guerre à Washington.

Publié dans Articles de Presse

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