Le mystère autour de la mort de Natalie Wood reste entier

Publié le par Mathilde Blottière

Le mystère autour de la mort de Natalie Wood reste entier

Le 29 novembre 1981, l'actrice Natalie Wood se noyait au large de Los Angeles. Réouvert le 17 novembre 2011 par le shérif de Los Angeles, le dossier vient d'être à nouveau classé.

Christopher Walken et Natalie Wood dans “Brainstorm”

Christopher Walken et Natalie Wood dans “Brainstorm”

Natalie Wood avait peur de l'eau. Une peur panique, depuis l'enfance. Une cartomancienne avait un jour prédit à sa mère que la future actrice périrait noyée. Cruel, Elia Kazan avait remarquablement exploité cette phobie dans une scène prémonitoire de La Fièvre dans le sang : l'héroïne tentait de se suicider en se jetant sous une cascade. Submergée par une terreur bien réelle, la star aux grands yeux bruns y était bouleversante.

Natalie Wood est morte de nuit, le 29 novembre 1981, dans les eaux noires et froides de la baie de Los Angeles, au large de l'île de Catalina. Alors qu'elle était partie pour le week-end à bord de son yacht, le Splendour, en compagnie de son mari, Robert Wagner, et de l'acteur Christopher Walken, son partenaire dans Brainstorm, elle avait mystérieusement disparu. Ce soir-là, les convives auraient eu le vin mauvais : entre Wagner et Walken, une dispute aurait éclaté, et l'actrice aurait regagné sa cabine pour y échapper. Puis plus rien.

Malgré la griffure sur sa joue, et les bleus sur son corps, l'enquête avait alors conclu à une mort accidentelle. Pour le bonheur des cinéphiles nécrophiles, la presse de l'époque avait largement exploité la matière romanesque du drame. Le meurtre et le suicide avaient été évoqués. Mais à 43 ans, Natalie Wood était déjà un astre éteint dans le ciel étoilé d'Hollywood. Son dernier grand rôle au cinéma remontait à 1966 (Propriété interdite, de Sydney Pollack) et le mystère de sa mort ne défraya pas si longtemps la chronique...

Si l'on en croit la presse américaine en tous cas, rien à voir avec la déferlante médiatique qui a accompagné l'annonce, à la mi-novembre 2011, de la réouverture de l'affaire. Trente ans, presque jour pour jour, après la mort de Natalie Wood, la machine à fantasmer s'est remise en route comme si on l'avait arrêtée la veille.

Ultime (et tardif) rebondissement, le skipper du yacht, Dennis Davern, auteur en 2009 de Goodbye Natalie Goodby The Splendour, est revenu sur sa version des faits. Sous la pression de Robert Wagner, il aurait notamment omis de signaler aux policiers la violente dispute qui opposa cette nuit-là Natalie Wood à son époux, convaincu que sa femme le trompait avec Christopher Walken. Dans la foulée, on a vu émerger le témoignage d'une plaisancière dont le bateau était cette nuit-là amarré non loin du Splendour. Cette femme aurait entendu des appels au secours, et se serait tue après avoir découvert un mot lui intimant, sous peine de mort, de garder le silence.

Soupçons d'adultère et de crime passionnel, l'époux machiavélique démasqué avant de mourir... Le scénario est digne des grands films noirs tant prisé du vieil Hollywood. Et voilà le mystère Wood exhumé, sans une ride, du hangar aux vieilles légendes. Les people d'aujourd'hui, et leurs destins médiocres, peuvent aller se rhabiller. Pour embraser la planète cinéphile, rien de tel qu'une étoile jadis échouée.

A peine retrouvé, le grand scénario se transforme pourtant en feuilleton grotesque aux rebondissements foireux. Réouverte le 17 novembre, l'affaire a été de nouveau classée le 21. Selon l'agence Reuters, les nouveaux éléments versés au dossier se seraient révélés insuffisants pour requalifier les faits en homicide. Face à ce nouveau coup de théâtre, on est tenté de se demander ce que le shériff du comté de Los Angeles avait dans la tête. Déranger l'un des plus gracieux fantômes d'Hollywood pour quelques ronds dans l'eau, voilà qui est criminel.

Publié dans Articles de Presse

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