Le résistant Jean Delzanno est décédé

Publié le par La Gazette de la Loire

La Gazette de la Loirepublié le 26/10/2011 à 16h43


Sainté : Le résistant Jean Delzanno est décédé

Delzanno JeanOn apprend ce mercredi après-midi le décès d'Auguste Jean Delzanno, l'un des derniers grands résistants français, hier mardi 25 octobre.

En 1937, il sort de l’école des Travaux Publics, fait son service militaire, à Metz dans le Génie. Il est fait prisonnier en mai 40, à Creutzwald (Mozelle) et se retrouve au stalag XIB à Fallingbostel, entre Hambourg et Hanovre, où il connut Michel Cailliau, neveu du Général de Gaulle, Charles Bonnet dit Charles Moulin dans la résistance et ami de François Mitterand. Grâce à de faux papiers, il parvient à se faire libérer en août 41, à titre sanitaire. Saint-Etienne a servi de support à un réseau d'évasion et d'aide aux prisonniers de guerre de premier ordre. Il a fonctionné dès 1941 jusqu’à la libération du département de la Loire. Il est le fruit  de l’initiative individuelle, d’abord autonome, puis coordonnée, de deux prisonniers évadés (Maurice Allard, et Jean Delzanno) et d’un troisième rapatrié (Michel Cailliau), selon ce dernier il serait probablement « le plus important service de faux papiers pour évasion de prisonniers de guerre qui ait existé en France ».

Il fonde le MRPGD (Mouvement de Résistance   des Prisonniers de Guerre et Déportés)  au Staliag XI B avec Charles Bonnet, et André Ullmann. Michel Cailliau s’y intégrera par la suite et en assumera la responsabilité nationale. « Le réseau Charrette » est né le 29 juillet 1943 dans les bureaux de Londres à l’initiative de Michel Cailliau, dit Charrette. Il recouvre la totalité des membres du MRPDG.  Il semble que l’effort principal du réseau, à Saint-Etienne, soit à porter au crédit de Jean Delzanno, animateur du réseau stéphanois.

Alors que, de 1940 à 1945, fleurissaient, partout en France, les organismes de renseignement et d'action, il s'est trouvé de nombreux patriotes qui se sont consacrés à des missions de caractère humanitaire. Les premiers rapatriés ou évadés (Auguste Jean Delzanno fut le deuxième évadé) se firent un devoir, soit d’améliorer le quotidien de leurs camarades prisonniers et de faciliter leurs relations épistolaires avec leurs familles, soit les aider dans leurs entreprises d’évasion. Jean Delzanno sera le premier maillon d’un chaîne d’évasion dont l’une des extrémité fonctionne en Loire et l’autre au sein même du camp XI B. Rentré à Saint-Etienne, il prend la direction de l’entreprise paternelle et se met en devoir de préparer le retour de ses amis. (Il hébergera à son domicile de nombreux clandestins du réseau dont Michel Cailliau, Charles Bonnet…) Jean Delzanno organise la seconde branche du réseau stéphanois d’évasion. Il réalise lui-même par le biais de son entreprise et avec le concours de connaissances stéphanoises (les structures des établissements stéphanois du « Casino », Maison Guichard), les instruments nécessaires à l’évasion de ses camarades de camp. Entrepreneur en zinguerie, c’est par ses ouvriers que naissent les premières boites de conserves à double fond,  puis à double paroi de fabrication artisanale.

Titulaire de la Croix du Combattant en 1950, il a été fait Chevalier de la légion d’Honneur à titre militaire, puis Officier des Palmes Académiques en juillet 61.

C’est au titre du secrétariat d’Etat aux Anciens Combattants, qu’il a été nommé Chevalier dans l’Ordre national du Mérite, à titre militaire, le 10 juillet 1974. Il est promu Chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur en date du 1er janvier 1986 du J.O et décoré par Michel Durafour le 1er mars 1986.

Les funérailles auront lieu le vendredi 28 octobre 2011 à 10h45 en l'église de Montaud, place Marie-Thérèse Patural - 42000 Saint-Etienne.

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