Les martyrs de la Résistance ou le massacre du réseau Vengeance à Saint-Pathus et Villeneuve-le-Comte

Publié le par La Marne

La Marnepublié le 04/08/2013 à 04h03

Au nord comme au sud du département, la Seine-et-Marne n’a pas été épargnée par les actes de barbaries.

Résistants massacrés

Les résistants ont formé un bataillon pour participer à la Libération. Pris au piège par des unités allemandes à Saint-Pathus, ils les affrontent avec détermination. Une centaine d’entre eux est tuée (notre photo). Mais la plupart des survivants seront exécutés ou déportés.

 

Le 25 août 1944, des résistants réfractaires du réseau Vengeance de Tournan sont surpris par des Allemands en retraite au lieu-dit de la Bretèche à Villeneuve-le-Comte. Venus de Favières, Paris, Pantin, Montreuil, Rosny-sous-Bois, Vincennes, ils fuyaient le S. T. O.

Les 10 jeunes réfractaires étaient cachés par le garde forestier Henri Jambois à la « Bretèche d’Hermière ». Il s’agissait de bâtiments de services de la propriété Rothschild.

Ces jeunes résistants se préparaient à participer aux combats de la libération. Ils faisaient du bois en forêt à Villemageon lorsqu’ils sont interpellés. Les Allemands les entraînent aussitôt à la sablière de Favières où ils seront fusillés là avec le garde forestier.

Il s’agit de : René Allais, Pierre Bisson, Christophe Plante, Lucien Cotel, André Dupré, Michel Haby, Roger Haward, Claude Keiffer, Robert Marty, Christian Michel et Henri Jambois le garde forestier.

Aujourd’hui en forêt de Ferrières, un monument est érigé en leur mémoire. Tous les ans, des cérémonies commémoratives sont organisées à Lagny-sur-Marne, Tournan et les communes environnantes.

Le massacre de la Saint-Pathus est quant à lui l’épilogue dramatique de violents combats engagés le 26 août 1944. Le commandant Charles Hildevert du Raincy avait constitué un bataillon de plusieurs centaines d’hommes. Ils sont chargés de couper la route de la retraite aux Allemands venus du reste de l’Ile-de-France pour se diriger vers la Meuse.

Les résistants veulent d’abord réceptionner à environ 40 km à l’Est de la capitale un important parachutage de troupes alliées et de matériel lourd. Au matin du 26 août 1944, le bataillon se met en route en plusieurs colonnes de camions, il s’agit de s’enfoncer dans les lignes allemandes le plus discrètement possible en évitant tout accrochage et se rassembler à Saint-Pathus.

Dans la nuit, des avions ont bien survolé Oissery… Mais le parachutage n’a pas eu lieu. Le rendez-vous a-t-il été manqué ? En revanche, de nombreux fantassins allemands appuyés par des blindés stationnent non loin de Saint-Pathus. Les résistants l’ignorent.

À peine arrivé, le bataillon est encerclé par les Allemands. L’affrontement est inévitable. Il tourne rapidement au désavantage d’Hildevert. Plus d’une centaine de membres du groupe sont tués au combat. Des blessés sont achevés ou brûlés à la râperie de betteraves à sucre de Oissery qui servait d’infirmerie.

Des rescapés seront fusillés quelques kilomètres plus loin. De rares prisonniers seront déportés. Charles Hildevert et ses deux fils, Georges et Roger, ont été tués lors des combats de Forfry. Les Allemands, de leur côté, perdent environ 150 hommes et trois blindés. Ces résistants se sont battus avec courage, Ils ont souffert, Ils ont subi la peur, la torture, le peloton d’exécution pour une même cause : être libre.

Publié dans Articles de Presse

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