Lourdes. «J'ai échappé deux fois à la Gestapo»

Publié le par La Dépêche

La Dépêchepublié le 09/05/2013 à 08h22 par Sandra Cazenave

Il fait partie des trois derniers Évadés de France de 1939-1945 à Lourdes, dont il est le président. Vêtu d'un costume gris chiné, André Barrère était, hier, présent à la cérémonie commémorative du 68e anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Le 8-Mai, c'est une tradition pour cet ancien combattant qui fêtera dans quelques mois ses 92 ans. Et c'est d'ailleurs lui qui a choisi le tout jeune porte-drapeau, qui n'est autre que Théo Barzu, 14 ans.



André BarrèreAndré Barrère, représentant local des Évadés de France

 

C'est en 1939, à peine âgé de 18 ans, qu'André Barrère, dit «Dédé», s'est engagé dans l'armée pour devenir pilote de chasse. «Le jour où je suis monté dans le train, ma mère m'a fait promettre de ne pas faire pilote. Mon père m'a dit, tu feras ton devoir jusqu'au bout, le devoir plus fort que la mort», récite-t-il. Des mots qui sont restés gravés dans sa mémoire. Ce fils d'un père catalan et d'une mère charentaise démarre comme soldat de la seconde classe, en tant que mécano. En 1943, il est dénoncé par des miliciens de Luz. «Par deux fois, je me suis évadé des mains de la Gestapo», ajoute-t-il, suscitant l'admiration des élus présents à la cérémonie du 8-Mai. Il est arrêté une première fois à Bordeaux puis à Tarbes, mais il s'échappera à chaque fois.

En train, à pied et à vélo, il rejoindra Gèdre. «Je courais vite, j'avais gagné des courses scolaires en Bourgogne.» Il aura tout de même passé cinq mois et demi dans un camp de concentration en Espagne, revenant aminci de 21 kg. De là, il est envoyé en Afrique du Nord «pour être engraissé». Puis, il est affecté en Algérie où il a réalisé les cartes radar pour le débarquement des troupes françaises dans le midi de la France. La guerre finie, il retourne à Luz où il travaillera comme agent EDF avant de partir pendant vingt ans «à droite et à gauche» s'occuper des barrages.

Depuis 1976, il est à la retraite et de retour dans les Hautes-Pyrénées. Mais cette fois, il s'est rapproché de son «amour», sa femme avec qui il a eu deux filles et a construit une maison dans le quartier de Lannedarré à Lourdes. Son témoignage, il a voulu le retranscrire dans un roman, mais «les imprimeurs n'en voulaient pas. Je racontais la vérité sur les camps de concentration», explique-t-il. Aujourd'hui, il s'est remis à écrire. «Ma fille aînée finit de le taper sur ordinateur.» Président des Évadés de France, il assure la mémoire des soldats «toujours avec honneur».

Jeune porteur de drapeau

Théo Barzu n'a que 14 ans, et pourtant il assure son rôle de porteur de drapeau des évadés de France avec brio. Les cheveux raccourcis, il a encore assisté à la cérémonie du 8-Mai. Et nombre d'élus sont allés l'en féliciter !

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