Massacre d'Oradour-sur-Glane des perquisitions menées en Allemagne

Publié le par France Soir - Jean Rioufol

France-SoirFrance Soir publié le 06/12/2011 à 13h02 par Jean Rioufol


Les deux survivants encore en vie du massacre du village d'Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), réagissent aux perquisitions menées Outre-Rhin. L'un se déclare agréablement surpris, l'autre septique 67 ans après les faits.



Le village d'Oradour

 

Ils ne sont plus que deux survivants de la tragédie d'Oradour-sur-Glane, petit village de la Haute-Vienne près de Limoges, où, le 10 juin 1944, lors de la retraite de l'armée allemande, 642 personnes ont été massacrées, dont 247 enfants. (Seuls six personnes avaient échappé à la tuerie). Robert Hébras, 86 ans, s'est dit « agréablement surpris » lundi après l'annonce de perquisitions chez six octogénaires allemands soupçonnés d'avoir participé à la tuerie.

« Je suis surpris, même agréablement surpris, qu'il y ait toujours des recherches, qu'ils (les Allemands) recherchent toujours des criminels », a t-il déclaré à l'AFP. « Maintenant, il faut en savoir plus » mais « si ce sont des criminels de guerre, ils doivent évidemment être jugés », a-t-il ajouté, rappelant que les Waffen SS de la division de Panzergrenadier « Der Führer », à laquelle appartenaient les suspects perquisitionnés, avaient perpétré d'autres exactions. Toutefois, « cela me surprendrait qu'il s'agisse de donneurs d'ordres : à l'époque (des faits), ils devaient avoir mon âge, à peine 19 ans », a aussi estimé Robert Hébras.

Inutile de "remuer" le passé maintenant

En revanche, pour Jean-Marcel Darthout, le second survivant, « c'est trop tard », a-il déclaré au micro de la radio RTL. Il estime que ce sont des gens de son âge (87 ans), et qu'il est inutile de « remuer » le passé maintenant. « C'est avant qu'il fallait le faire ». Jean-Marcel Darthout a ajouté que plusieurs procès s'étaient tenus, et que les principaux intérressés n'avaient jamais été condamnés. « On perd son temps, cela fait soixante et quelques années. Pour moi ça ne changera rien ». Cependant, l'octogénaire souhaiterait par ces perquisitions trouver « les raisons du massacre . Là je serai content ».

Selon la police allemande, les six suspects sont âgés de 85 à 86 ans et habitent différentes villes d'Allemagne. Considérés pour le moment par les enquêteurs comme inaptes à être entendus, ils affirment ne pas avoir pris part au massacre. Aucun document important n'a été saisi lors des perquisitions. Si ces dernières ont été rendues possibles, cela est dû au fait que les crimes de guerre ne sont pas prescrits en Allemagne.

Publié dans Articles de Presse

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