Maurice Navarro, fils de déporté spiripontain

Publié le par Midi Libre - Thierry Mbom

Midi Librepublié le 08/05/2013 à 06h00 par Thierry Mbom

Ce prof d'anglais retraité assistera, ce matin, à la commémoration du 68e anniversaire de la victoire de 1945.



Maurice fils de Diego Navarro

Maurice, fils de Diego Navarro (en médaillon), alias Julien, résistant spiripontain

 

Les archives familiales réservent parfois des surprises. Celle à laquelle Maurice, retraité spiripontain, a eu le droit la semaine dernière est une coupure de presse. Un extrait du journal La Marseillaise du vendredi 18 mai 1945, qui consacrait un entrefilet à la libération de son père, Diego Navarro. Déporté à Dachau, ce résistant spiripontain du maquis Bir-Hakeim sabotait les véhicules des Allemands. Dans la clandestinité, il se faisait appeler Julien. Il fut un compagnon de cellule de Fernand Espic, autre figure combattante locale contre l'occupation allemande, qui fut prisonnier au camp de Neuengamme. À Dachau, Diego Navarro avait hérité du matricule n° 74 231.

Arrêté en mars 1944 à Pont-Saint-Esprit, par les soldats de la division Brandebourg, il sera interné à la Citadelle - actuelle collégiale -, puis torturé. Salvador Navarro, son cousin et compagnon d'infortune sera exécuté dans une carrière près de la Valbonne. Diego Navarro fait, lui, l'objet d'un transfert à la prison de Nîmes, puis des Baumettes. Son compagnonnage avec Fernand Espic s'arrêtera à Compiègne. Diego Navarro est déporté à Dachau, et son frère de résistance ira à Neuengamme. Ce matin, élus, autorités militaires et civiles, anciens combattants et anonymes vont honorer la mémoire de ces héros. Dans le cortège, qui défilera de la place de la République aux monuments aux Morts pour la France, il y aura donc Maurice Navarro. "J'y serai en tant que fils de déporté", explique-t-il.

L'enfance de cet ancien prof d'anglais, marié à une Allemande, restera à jamais marquée par les stigmates d'une époque douloureuse. "Hitler s'est suicidé le 30 avril 1945, jour de mon troisième anniversaire", raconte-t-il. Deux semaines plus tard, c'est-à-dire le 10 mai, Madeleine, épouse de Diego Navarro, et maman de Maurice, reçoit une lettre. En apercevant l'écriture sur l'enveloppe, elle a reconnu la façon d'écrire le 'M' de son mari. 'Julien' est vivant. L'info est relayée dans une page locale du quotidien La Marseillaise : "Une excellente nouvelle vient de nous parvenir . Diego Navarro, déporté politique en Allemagne, est sur le chemin du retour. Nous qui connaissons la part active de notre camarade pour secouer le joug nazi, nous estimons avoir actuellement le droit de nous réjouir de sa prochaine arrivée parmi nous." Maurice Navarro décrit un père méconnaissable : "Lorsqu'il a été libéré, il mesurait 1,85 m, pesait 35 kg et crachait du sang".

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article