Minc accusé de diffamation par l’assassin de Bousquet: information judiciaire à Epinal

Publié le par L'Est Républicain

Minc accusé de diffamation par l’assassin de Bousquet: information judiciaire à Epinal

Une information judiciaire pour diffamation a été ouverte mercredi par le parquet d’Épinal, après la plainte de Christian Didier, l’assassin de René Bousquet, contre l’écrivain Alain Minc qui l’a qualifié de «fou» dans une biographie, a-t-on appris de source judiciaire.

René Bousquet en 1949

René Bousquet en 1949

«La plainte a été reçue lundi par le parquet. Un juge d’instruction a été saisi», a indiqué à l’AFP le procureur de la République à Épinal, Étienne Manteaux, qui a délivré un réquisitoire introductif.

Dans la biographie intitulée «L’homme aux deux visages. Jean Moulin, René Bousquet, itinéraires croisés» (Grasset), Alain Minc a écrit : «Christian Didier aurait-il été télécommandé ? Fadaises, à l’évidence. L’homme était fou.»

Dans sa plainte, M. Didier a rappelé que «diverses expertises psychiatriques établirent à l’unanimité qu’(il) était responsable de (son) geste».

Si l’information judiciaire ouverte mercredi aboutissait à une décision de renvoi devant le tribunal correctionnel pour diffamation, elle concernerait d’abord l’éditeur, Grasset. Alain Minc ne serait alors considéré que comme complice de l’infraction, a rappelé le procureur.

M. Minc a par ailleurs déjà été condamné le 2 juillet dernier pour plagiat avec le même livre, 47 passages ayant été empruntés à une précédente biographie de Bousquet écrite en 1994 par Pascale Froment.

M. Didier, aujourd’hui âgé de 69 ans et installé à Saint-Dié (Vosges), avait tué le 8 juin 1993 l’ex-chef de la police de Vichy responsable de la rafle du Vel’ d’Hiv’, de cinq balles, dans son appartement parisien.

A l’époque, les experts psychiatres avaient conclu à une «responsabilité largement atténuée» et noté que «les motivations de l’infraction commise par l’inculpé s’inscrivent dans la logique de sa pathologie, qui l’amène à se dépasser à travers des personnages d’emprunt».

M. Didier avait été condamné à dix années de réclusion criminelle en 1995, avant d’être libéré cinq ans plus tard.

Publié dans Articles de Presse

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