Mise en vente controversée d’une ancienne cache de Jean Moulin

Publié le par Le Progrès

Polémique :  Mise en vente controversée d’une ancienne cache de Jean Moulin à Nice.

Mise en vente controversée d’une ancienne cache de Jean Moulin

La mise en vente d’un appartement niçois qui servit de cache en 1943 au chef de la résistance français Jean Moulin a suscité jeudi l’émoi d’une association revendiquant les idéaux de la Résistance ainsi que de l’opposition municipale, qui appellent à en faire un lieu de mémoire.

Au premier étage de l’immeuble, situé dans le centre de Nice, une plaque commémorative rappelle: «Jean Moulin fit le sacrifice de sa vie pour que la France vive libre. Dans cette maison il servit la Résistance avant son arrestation en 1943». Il y a quelques jours, le panneau de mise en vente accroché à la plaque cachait même l’inscription. Au rez-de-chaussée, aujourd’hui occupé par un restaurant gastronomique, fut logée jadis une éphémère galerie d’art, la galerie Romanin, couverture de Jean Moulin, grand amateur d’art.

La galerie, louée fin 1942, fut confiée à une amie de Jean Moulin, Colette Pons. «Il s’agissait de camoufler ses activités secrètes dans la Résistance sous la couverture, officielle, de marchand de tableaux», a-t-elle raconté, rapporte le site du Musée de la résistance azuréenne.

«Cette boutique et l’appartement au-dessus comportaient plusieurs issues, ce qui nous arrangeait particulièrement. Régulièrement, des hommes et des femmes arrivaient au 22 rue de France et me demandaient "la clé de Rex"... Il s’agissait de la clé de l’appartement... Je la retrouvais par la suite dans la boîte aux lettres. Jean Moulin, lui, y venait tous les mois. La Gestapo recherchait "Rex" ou "Max", mais pas l’ex-préfet devenu marchand de tableaux».

A l’arrestation de Jean Moulin, sa soeur envoya un télégramme à Colette Pons ("Vendez comme prévu") pour lui signifier de fuir la galerie avant l’arrivée de la Gestapo. Jeudi, le conseiller municipal socialiste Patrick Allemand a écrit au député-maire UMP Christian Estrosi pour lui demander d’exercer son droit de préemption sur l’appartement d’une quarantaine de mètres carrés, après plusieurs changements de propriétaires. «Un musée Jean Moulin aurait toute sa place dans la ville de Nice», estime pour sa part Lucien Pons, président du Comité pour une Nouvelle Résistance, une association s’inspirant des idéaux énoncés par le Conseil national de la Résistance (CNR).

Dans son blog, il suggère, en collaboration avec les associations d’anciens combattants et résistants des Alpes-Maritimes et du Var, de faire circuler une pétition pour sauver le lieu qui était rattaché à la galerie Romanin.

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