Monteils. Aurore poursuit son devoir de mémoire

Publié le par La Dépêche

La Dépêchepublié le 08/05/2013 à 03h46

Recherche universitaire



Aurore Bissières

Aurore Bissières consulte les nombreuses archives relatives au parcours héroïque de son arrière-grand-père Roger Arnaud

 

Aurore Bissières possède un talent d'écriture et une passion pour l'histoire contemporaine. Depuis plusieurs années, Aurore oriente sa curiosité historique vers la période 1939-1945, avec un intérêt tout particulier pour la Résistance, où son arrière-grand-père Roger Arnaud a tenu un rôle prépondérant au sein du maquis de Revel.

Grâce à des documents liés à ses nombreuses recherches, l'étudiante, en deuxième année, au centre universitaire Jean-François-Champollion d'Albi, a été premier prix, en 2010 et 2011, du concours national de la Résistance et de la déportation. Et, en 2012, Aurore devient lauréate de la Fondation «La Dépêche du Midi», qui soutient ainsi ses études universitaires. Engagement indéfectible Roger Arnaud, entrepreneur de travaux publics à Durfort (81), marié et père de cinq enfants, est mobilisé en septembre 1939. Lors des rudes combats de Dunkerque, en juin 1940, il est fait prisonnier puis interné au camp de Zagan, en Silésie orientale, où il parvient à s'évader.

Le 15 août 1941, Roger Arnaud rejoint la Résistance et prend le commandement du maquis de Revel, constitué de nombreux réfractaires du STO. Parmi une série de fortes actions, les résistants participent à de nombreux parachutages, au transport et à la distribution d'armes. Le 3 mars 1944, dénoncé par un jeune Albigeois, Roger Arnaud est arrêté et incarcéré à la prison Saint-Michel, où il meurt le 8 avril 1944, à 31 ans, sous la torture des agents de la Gestapo. Quelques heures avant de mourir, ne pouvant écrire en raison de ses graves blessures, il dicte à l'aumônier une lettre à son père, qui se conclut ainsi: «J'espère que vous vivrez bientôt des jours plus heureux. Je regrette de vous quitter. Je ne regrette pas d'avoir fait mon devoir. Vive la France.» Aurore Bissières confie avec une légitime fierté: «Malgré d'atroces souffrances, mon arrière-grand-père n'a jamais parlé, lui qui en savait tant...».

Le 13 septembre 1944, le comité local de Libération organise une émouvante cérémonie pour la levée du corps et l'office religieux, suivis de l'inhumation de Roger Arnaud au cimetière de Revel, où il repose désormais. Dès le lendemain, les autorités civiles et militaires décident de donner le nom de Roger Arnaud au stade municipal de Revel. Plus tard, une avenue de Revel et une place de Toulouse située non loin de l'avenue de Revel porteront également son nom. Roger Arnaud est décoré de la médaille des Evadés, de la médaille de la Résistance et il est fait chevalier de la Légion d'honneur.

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