Paula Broadwell, celle qui a fait chuter le patron de la CIA

Publié le par Le Figaro

Cette spécialiste de l'antiterrorisme, qui a eu une liaison avec le patron de la CIA David Petraeus, est une ancienne militaire dont la carrière était jusqu'ici exemplaire.

Broadwell Paula

Broadwell Paula

Reine du bal au lycée, major de promo lors de ses études, éminente spécialiste du terrorisme aujourd'hui, Paula Broadwell est devenue le centre de l'attention de l'Amérique ces derniers jours. Qui est cette femme brillante, élégante et combative qui a entretenu une relation adultère avec l'ancien patron de la CIA, qui a mené ce dernier à la démission? Comment cette experte en antiterrorisme, qui a visité plus de 60 pays et s'astreint à une hygiène de vie irréprochable, a pu envoyer des mails de menace à une femme qu'elle considérait comme sa rivale?

Paula Broadwell et David Petraeus se sont rencontrés en 2006, quand celui qui est alors un spécialiste de la contre-insurrection, une doctrine militaire qui vise à obtenir le soutien de la population locale, vient faire une présentation aux étudiants de Harvard. Paula Broadwell, qui a commencé sa carrière comme militaire, est alors doctorante en administration publique. Elle se rend à la rencontre de David Petraeus, qui est, comme elle, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point. «Je lui ai parlé de mes sujets de recherche», écrit-elle dans la biographie du général quatre étoiles: «All In: The Education of General Petraeus» (non traduit). Paula Broadwell racontait lors d'une conférence à Denver, quelques jours avant que le scandale n'éclate, avoir gagné la confiance du général en accompagnant David Petraeus faire des joggings et en étant la seule à l'avoir battu à la course.

Passionnée de sport, Paula Broadwell est obsédée par sa bonne condition physique. Elle confiait en juillet à un site spécialisé se «lever tous les matins à 5 heures» afin d'avoir le temps de courir «une quinzaine de kilomètres». Mariée à un radiologue, Paula Broadwell est mère de deux enfants et vit avec sa famille à Charlotte (Caroline du Nord). Des voisins interrogés par le New York Times la décrivent comme une femme «ordinaire et amicale», qui «accompagne tous les matins ses enfants à l'arrêt de bus».

«Une relation déconcertante»

Après plusieurs joggings partagés, David Petraeus a accepté de devenir son objet de recherches et d'être suivi dans son travail en tant que chef des opérations en Afghanistan. Pour écrire la biographie du général, Paula Broadwell s'est rendue six fois en Afghanistan, suivant le militaire sur le terrain, menant de longs entretiens avec lui et l'accompagnant toujours courir. «J'ai trouvé que sa relation avec lui était déconcertante», a témoigné un ancien collaborateur du général, cité par le Washington Post . Lors la promotion de son livre, Paula Broadwell ne tarissait pas d'éloges sur David Petraeus, sa stratégie, sa façon de voir le monde. À tel point qu'invitée sur le plateau du Daily Show, le journaliste lui répond: «J'ai l'impression que le seul vrai débat ici est est-ce que Petraeus est formidable ou extraordinairement formidable!»

Le FBI a découvert l'existence de cette liaison, aujourd'hui terminée, en enquêtant sur des e-mails «menaçants» de Paula Broadwell adressés à une autre femme qui, effrayée, a demandé la protection du FBI. Cette deuxième femme se nomme Jill Kelley. Elle a 37 ans, habite Tampa, en Floride, et serait une amie de longue date du général. Selon le tabloïd le New York Post , citant un responsable gouvernemental, les e-mails disaient: «Je sais ce que tu as fait, va-t-en, éloigne-toi de mon mec.»

Paula Broadwell, qui a fêté ses 40 ans vendredi, est pour l'instant restée silencieuse. Son site personnel, où elle se décrivait comme «passionnée», n'est plus en ligne et elle n'a plus rien tweeté depuis le 7 novembre. La carrière de celle qui, à 18 ans, hésitait entre «être candidate à la présidentielle ou spécialiste des relations internationales», risque de pâtir de ce scandale. Ironie du calendrier, le dernier article de Paula Broadwell paru dans Newsweek il y a quelques jours était intitulé «Les règles de vie du général David Petraeus». «Nous faisons tous des erreurs», indique l'une de ces règles. «L'important est de les reconnaître et de les admettre, d'en tirer les leçons, d'arrêter de regarder dans le rétroviseur, de poursuivre sa route et d'éviter de les refaire.»

Publié dans Articles de Presse

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