Résistance : il y a 69 ans, Toulouse libérait Toulouse

Publié le par La Dépêche

La Dépêchepublié le 19/08/2013 à 03h48

Les 19 et 20 août 1944, les maquisards positionnés à Toulouse n’ont qu’un seul mot d’ordre : empêcher les Allemands en fuite de gagner la vallée du Rhône

Dans le maquis RogerLes 19 et 20 août 1944, Toulouse se libère de l’occupant allemand. La seconde guerre mondiale en est alors à un tournant décisif. Après le débarquement du 6 juin, les armées du Reich doivent se concentrer sur le front normand pour contenir l’avancée des troupes alliées. Et depuis quatre jours, le débarquement en Provence impose à l’armée d’occupation prise en tenaille d’éviter coûte que coûte de se laisser encercler dans le Sud Ouest dont le nœud routier et ferroviaire toulousain est devenu la porte de sortie la plus rapide et la plus sûre vers la vallée du Rhône.

Dans les maquis de la région unifiés depuis juin, les parachutages d’armes qui s’intensifient, permettent enfin d’envisager de tenir sérieusement tête à un ennemi contraint de fuir par tous les moyens.

Dès le 17 août les premiers appels à l’insurrection populaire, lancés par les FFI s’inscrivent dans une stratégie minutieusement préparée par les instances dirigeantes de la Résistance : deux jours avant la bataille, la ville est en alerte. Signé par Serge Ravanel commandant régional des FFI le fameux ordre d’opération n° 7 qui ordonne à tous les maquis de la région de converger vers Toulouse lance le volet militaire de l’opération.

Les maquisards bien entraînés prennent position aux points stratégiques de la ville. Des barricades sont dressées rue Roque laine ou Faubourg Bonnefoy. Mais au-delà de la libération de la ville d’où les miliciens sont assez rapidement chassés, ce sont les voies de communication et en premier lieu la traversée de la Garonne, que les maquis de la région ont ordre de protéger à n’importe quel prix pour empêcher ou ralentir les Allemands dans leur fuite vers la vallée du Rhône.

Dans l’après-midi du 19 août, débutent les premières attaquent de convois et des véhicules des Allemands qui fuient en désordre après avoir incendié les archives de la Gestapo, les installations télégraphiques et la grande poste de la place Saint-Aubin, et les magasins généraux. Les FFI finissent par se rendre maître du terrain. La prison Saint-Michel est libérée. À la gare Matabiau, les combats font rage pour sauver le pont Raynal et sa ligne électrifiée indispensable aux échanges entre le sud et le nord de la France. À la fin de la journée la ville est sous contrôle. Les combats qui se poursuivent le 20 repoussent les Allemands au-delà des ponts de la Garonne contraignants le flot des soldats qui remonte du sud à emprunter les routes secondaires où ils sont à la merci des attaques des Résistants. La stratégie portera ses fruits : dans les jours qui suivent 12 000 seront faits prisonniers dans le midi toulousain. Le 22 août, sur le parvis de la cathédrale Saint Étienne, la population de Toulouse rendait hommage aux 35 morts tombés lors des accrochages et les combats de la libération. B.dv.

Les maquis dans la ville

Pour libérer la ville et prendre le contrôle des voies de communication, les maquis et les groupes de résistants ont été positionnés selon un plan de bataille rigoureux. Le nord de l’agglomération est logiquement confié aux combattants du secteur réunis dans le maquis Roger dirigé par Albert Carovis. Ce très gros maquis fut le premier à entrer dans Toulouse le 20 août 1944 après avoir pris position sur l’aéroport de Blagnac abandonné par les Allemands. La défense du Pont Saint Michel que les Allemands venant du sud devaient emprunter pour traverser la Garonne et gagner la route de Carcassonne a échu à la 35e division FTP MOI où combattait Marcel Langer guillotiné un an plus tôt, et aux maquisards des maquis du Lot commandés par Zeff Gottesmann qui est tué à côté du Palais de Justice, le 19 août 1944. Sur la rive gauche de la Garonne les combattants des maquis de Rieumes et Muret ont pris position dans le secteur de Saint Cyprien et au sud de la ville pour intercepter les colonnes allemandes qui remontent des Pyrénées avant qu’elles n’atteignent le fleuve. Ce groupe prend également le contrôle de l’aéroport de Francazal. À la gare, enfin, Le groupe Matabiau composé d’une trentaine de cheminots résistants s’est constitué sous le commandement de Georges Malgouyres pour protéger la ligne électrifiée et le réseau ferré.



La-bataille-des-voies-de-communication

 

Commémoration

Aujourd’hui au Monument de la Résistance. Pour célébrer le 69e anniversaire de la Libération de Toulouse, une cérémonie sera organisée aujourd’hui à 17 h 30 au Monument de la Résistance et de la Déportation, esplanade Jean Savary, allées Frédéric Mistral en présence de Pierre Cohen et de Michel Pech, conseiller municipal chargé de la mémoire.

Mémoire

Un devoir pour Pierre Izard. Comme chaque Pierre Izard participera aux différentes commémorations qui, du 17 au 20 août, vont marquer à Toulouse et dans le département le 69e anniversaire de la Libération pour rendre hommage aux Résistants. Pour le président du conseil général de la Haute-Garonne, «Ces cérémonies officielles, solennelles et légitimes honorent la mémoire de tous ces hommes et femmes français ou étrangers qui se sont battus pour la Liberté». Chaque année, 12 000 scolaires sont accueillis au Musée Départemental de la Résistance et de la Déportation. Ce travail-là se poursuivra d’ailleurs dès le lendemain des cérémonies officielles, avec le départ des 16 lauréats du Concours départemental de la Résistance et de la Déportation conviés par le conseil général à participer, accompagné par Robert Carrière résistant déporté, à un voyage de la mémoire qui les mènera en Autriche, et notamment vers l’ancien camp de concentration nazi de Mauthausen.

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