Treillères - 70 ans après, Joël rend hommage au père qu'il n'a pas connu

Publié le par Ouest France

Treillères - 70 ans après, Joël rend hommage au père qu'il n'a pas connu

Témoignage. Joël Breteau a enfin pu rendre hommage, lundi, à son père mort en camp de concentration. Désormais, à l'initiative de l'association Treillières au fil du temps et de la Ville, le monument aux morts de la commune porte le nom de ce dernier (Ouest-France du samedi 9 novembre).

En ce lundi 11 novembre, Joël Breteau a enfin pu déposer une gerbe au pied de la plaque qui rend hommage à son père, résistant mort en déportation à Buchenwald en 1945

En ce lundi 11 novembre, Joël Breteau a enfin pu déposer une gerbe au pied de la plaque qui rend hommage à son père, résistant mort en déportation à Buchenwald en 1945

Le 10 novembre 1903, voilà tout juste maintenant 110 ans, naissait, à la Gréhandière, Lucien Lecoq, notre père. Il vit à Treillières chez ses parents jusqu'en novembre 1926, exerçant la profession de cultivateur. Appelé sous les drapeaux le 12 novembre 1923, au 21e régiment de tirailleurs nord-africains, il est libéré de ses obligations le 10 mai 1925 [...] En décembre 1926, il y entame une carrière de cheminot à la SNCF, nommé dans un premier temps au service des voies et bâtiments de Versailles. En 1933, il est affecté au service exploitation du dépôt de Trappes.

Arrêté par la Gestapo

Survient la guerre. Homme de conviction, il supporte mal l'occupation. La SNCF est sous le joug de l'Allemagne. Une partie du personnel est affectée au service des occupants. Lucien entre rapidement en résistance. Des groupes se forment et s'organisent pour retarder, voire empêcher, les trains de ravitaillement de rejoindre les bases militaires allemandes en Bretagne. Homme de l'ombre, il participe au sabotage de trains en gare de triage. [...]

Muté sur sa demande à Rennes (1941), il poursuit sa lutte contre l'occupant, sans pour autant être intégré à une organisation résistante officielle. [...] Il est arrêté par la Gestapo le 24 septembre 1942, vraisemblablement sur dénonciation.

Son parcours concentrationnaire est terrible : prison de Rennes jusqu'en mars 1943, fort de Villeneuve-Saint-Georges, puis transfert en mai en Allemagne à la prison de Bernau (Berlin) et internements successifs dans les camps de concentration de DachauAuschwittz et Buchenwald où il meurt le 25 février 1945. [...] Claude, mon demi-frère, né de l'union de Lucien avec Berthe Renaud, avait 11 ans lors de l'arrestation de notre père.

En ce qui me concerne, cela fut plus délicat puisque je suis enfant illégitime de Lucien et Louise Breteau, sa concubine. J'avais 3 mois lors de son arrestation. J'ai toujours su que mon père était mort en déportation, mais j'ai dû attendre plus de 65 ans pour découvrir, à force de recherches, l'exactitude de mes origines. Merci aux Treilliérains qui m'ont soutenu dans l'approche de la vérité et à Treillières qui n'oublie pas ses enfants. »

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