Un Visiteur nommé A. H.

Publié le par L'Humanité - Jean-Paul Piérot

L'Humanitépublié le 07/02/2013 à 18h54 par Jean-Paul Piérot

Quatre-vingts ans après l’accession au pouvoir d’Adolf Hitler, le 30 janvier 1933, le Führer fait fureur dans les librairies allemandes.

Er ist wieder daLe livre de Timur Vermes au titre provocateur Er ist wieder da (en français : « Il est de retour »), publié à l’automne, tient la tête de gondole. En quelques mois, celui-ci s’est vendu à plus de 300 000 exemplaires au prix (humour au pas de l’oie !) de… 19,33 euros. Ce retour ne semble pas effrayer grand monde. Er ist wieder da, et tout le monde rigole. L’auteur a choisi le cynisme et la dérision. Il n’aura pas fallu atteindre un siècle pour que l’avènement du régime le plus sanguinaire que le continent européen ait subi, responsable de l’extermination de plusieurs millions de juifs, à l’origine d’une guerre qui a endeuillé le monde entier, fasse l’objet d’une banale farce, d’un comique de l’anachronisme. Hitler, selon Vermes, c’est un peu le Jacquouille la Fripouille des Visiteurs.

Un vieil homme endormi depuis le 30 avril 1945 se réveille en 2011 sur un terrain vague du centre de Berlin. Il cherche Martin Bormann, s’adresse au « jeune hitlérien Ronaldo », qui tape le ballon avec ses potes et ne comprend rien. Il s’étonne de ne pas trouver son journal habituel, le « Völkische Beobachter », dans un kiosque où s’étalent les titres en langue turque…, etc. Mort de rire… jaune. Doit-on y voir une métaphore sur la possibilité d’un réveil d’une idéologie criminelle au sein d’une société qui n’aurait appris la vigilance ? Ou seulement la banalisation ?

Publié dans Articles de Presse

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