Une quarantaine d'anciens gardes d'Auschwitz pourraient être jugés

Publié le par Le Figaro - Anne-Laure Frémont

Le Figaropublié le 27/08/2013 à 18h31 par Anne-Laure Frémont

L'office allemand chargé d'enquêter sur les crimes nazis va transmettre leurs dossiers à la justice pour d'éventuelles poursuites.

Kurt Schrimm

 

Plus de soixante-dix ans après les faits, l'Allemagne continue de traquer les criminels du régime nazi. L'Office central de Ludwigsburg, une ville du sud-ouest du pays, chargé d'élucider les crimes du national-socialisme, a annoncé mardi qu'il allait transmettre à partir de la semaine prochaine à la justice allemande les dossiers de quelque 40 anciens gardes du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz, installé par l'Allemagne nazie en Pologne.

L'Office central, qui n'a pas les compétences pour lancer lui-même des poursuites judiciaires, avait annoncé en avril dernier l'ouverture d'enquêtes préliminaires concernant une cinquantaine d‘ex-gardes présumés. Mais certains d'entre eux sont morts entre-temps. «Les personnes mises en cause n'ont jusqu'ici pas été informées» qu'elles étaient dans le collimateur de la justice, a indiqué le procureur en chef, Kurt Schrimm, au quotidien Tageszeitung. Selon lui, «la plupart d'entre eux sont nés entre 1920 et 1925» et vivent un peu partout en Allemagne. Une fois les dossiers transmis, la justice allemande devra décider si elle lance ou non des poursuites.

La jurisprudence Demjanjuk

Pourquoi avoir attendu si longtemps avant d'inquiéter ces potentiels anciens tortionnaires? Les crimes contre l'humanité sont certes imprescriptibles outre-Rhin, mais, avant 2011, la justice allemande ne poursuivait pas les gardiens de camps car elle exigeait des preuves de participation à des exactions. Il y a deux ans cependant, un tribunal de Munich a condamné John Demjanjuk, ancien garde du camp de Sobibor, à 5 ans de prison pour complicité dans l'extermination de plus de 27.000 juifs. Faute de témoins, sa participation aux meurtres n'a pas été prouvée, mais le tribunal a estimé que le seul fait d'avoir travaillé à Sobibor le rendait coupable de complicité de meurtres. Un tournant dans la traque des anciens nazis, qui a ouvert la voie à de futures poursuites.

Depuis le procès des principaux responsables du IIIe Reich à Nuremberg (1945-1946), 106.000 soldats ont été accusés de crimes de guerre, selon l'Office central de Ludwigsburg. Quelque 13.000 ont été jugés, et 50% d'entre eux ont été condamnés.

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