Vichy en Aquitaine, la milice en Lot-et-Garonne

Publié le par La Dépêche

La Dépêchepublié le 24/11/2011 à 10h37

Jean-Pierre Koscielniak, le prof d'histoire-géo du collège Théophile-de-Viau au Passage, a ajouté une pierre à l'édifice qu'il bâtit consciencieusement. Cette fois-ci, il a travaillé en collaboration avec Philippe Souleau, son homologue du collège Henri-de-Navarre de Nérac, avec également la contribution d'une bonne trentaine de chercheurs.

« Vichy en Aquitaine » est un pavé de plus de 400 pages qui révèle au terme d'une étude minutieuse les réalités locales des départements de la région, ou comment le pouvoir vichyste a cherché à organiser, à s'implanter ou pire à réprimer.

Service d'ordre légionnaire

Jean-Pierre Kolscielniak a planVichy en Aquitaineché sur la milice qui s'est mise au service de l'ordre nouveau en Lot-et-Garonne. Née du Service d'ordre légionnaire (SOL), elle a su attirer une bourgeoisie revancharde, désireuse de s'ériger en garde prétorienne du nouveau régime.

Le docteur Péribère, président de la Légion de Villeneuve-sur-Lot, ne disait-il pas : « Si nous sommes les yeux et les oreilles du Maréchal, nous pouvons aussi être la main qui redresse et le poing qui frappe ».

Le SOL se réunit à Nérac le 11 octobre 1942 et aligne 600 hommes devant la statue d'Henri IV, plaçant le Lot-et-Garonne au 2e rang pour le Sud-Ouest. Le SOL se transforme en milice en janvier 1943. La réunion constitutive se déroule le dimanche 28 février place de la Mairie à Agen devant 450 SOL.

Un scandale discrédite le mouvement le 8 juin 1943 quand une vingtaine de miliciens, sous le commandement d'Henri Botet de Lacaze, maire de Labastide-Castel-Amouroux, s'empare de onze side-cars et de quatre motos de la brigade motorisée de Grignols. Le sous-préfet de Marmande qualifie cet acte de « gangstérisme ». À la fin de l'année 1943, le couple milice-Légion bat de l'aile et voit le commandant Célérier démissionner.

Premier milicien abattu

Quand le responsable national, Darnand, accepte que ses hommes intègrent la Waffen SS et prête serment au Führer, c'est la goutte qui fait déborder le vase et un tiers des troupes démissionne. Le 5 octobre, deux maquisards abattent le 1er milicien à Houillès, le docteur B de Villeneuve, chef de centaine, essuie des coups de feu… Une franc-garde s'installe au château de Ferron à Tonneins en novembre 1943 (bombardé en août 1944)…

> «Vichy en Aquitaine », éditions de l'Atelier. En librairie à partir d'aujourd'hui. 20 €.

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