Werner Best le SS oublié

Publié le par Le Monde

Werner Best le SS oublié

Autopsie d'un bourreau Deux études jettent une nouvelle lumière sur les enjeux et la singularité du « cas » Eichmann

Werner Best le SS oublié

Les spécialistes de la Shoah s'intéressent de plus en plus à ceux que les Anglo-Saxons appellent les perpetrators - les auteurs du génocide. Une institution en particulier retient leur attention : l'Office central de sécurité du Reich (RSHA), créé en 1939 par Himmler pour coiffer la police politique (Gestapo), la police criminelle (Kripo) et le service de renseignement de la SS.

Même si des pans entiers de cette historiographie ne sont pas traduits, les lecteurs français disposent désormais de plusieurs biographies solides de membres du RSHA : à celle de Reinhard Heydrich par Edouard Husson (Perrin, 2008) s'ajoutent aujourd'hui celles d'Adolf Eichmann par David Cesarani ( lire ci-dessus) et de Werner Best par Ulrich Herbert.

Dense mais passionnant, le livre d'Herbert, paru en Allemagne en 1996, ne se contente pas de retracer la carrière d'un SS oublié qui fut notamment l'un des artisans de la politique antijuive dans la France occupée, de 1940 à 1942.

C'est aussi un portrait de groupe : né en 1903, Best est en effet le représentant typique d'une génération d'intellectuels - lui-même était juriste - à la fois fanatiquement nazis et excellents administrateurs. L'un de ces trentenaires ayant réussi la « symbiose entre radicalisme politique et professionnalisme » sans laquelle la Shoah n'aurait pas été possible.

Publié dans Articles de Presse

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