Marconi Lana

Publié le par Mémoires de Guerre

Lana Marconi est une comédienne française, née Ecaterina Marconi le 8 septembre 1917 à Bucarest, morte à Neuilly-sur-Seine le 8 décembre 1990. 

Marconi Lana
Marconi Lana
Marconi Lana
Marconi Lana
Marconi Lana
Marconi Lana
Marconi Lana

Beauté brune un peu froide, au physique de star italienne, Lana Marconi doit tout à Sacha Guitry, dont elle fut la cinquième et dernière épouse («Les autres ont été mes épouses, vous, vous serez ma veuve», lui disait-il), mais aussi une comédienne fidèle, qui ne joue que sous la direction du maître. D’origine roumaine, elle naît le 8 septembre 1917 à Bucarest. C’est Arletty et son compagnon, Jean-Pierre Dubost, qui présentent Lana Marconi à Sacha Guitry, en 1945. Quand il la voit, le vieux séducteur tombe sous le charme: «Vous avez les plus belles mains du monde». Lana Marconi n’a jamais joué la comédie et Sacha Guitry peut tout à loisir la modeler et en faire sa création. Au théâtre d’abord, où, de 1948 à 1953, elle crée huit de ses pièces. Dans «Le diable boiteux» (1948), consacré à un Talleyrand vieillissant, elle incarne plusieurs personnages, dont celui de Pauline de Dino, la «chère Minette», à qui le vieux diplomate, qui était sans doute son père, vouait une affection qui ne se démentit jamais.

On la voit aussi dans «Aux deux colombes» avec Suzanne Dantès et Pauline Carton, où elle incarne la grande-duchesse Christine. Elle porte son prénom de baptême, Ecaterina, dans «Toâ», en 1949. La même année, elle croise Sacha Guitry bien sûr, mais aussi Fernandel dans «Tu m’as sauvé la vie». C’est la courtisane Marie Duplessis, la dame aux camélias, qu’elle personnifie dans «Deburau» (1950), une des plus belles pièces de Guitry. La même année, elle retrouve Jeanne Fusier-Gir pour interpréter Missia dans «Une folie» puis elle est Madeleine Bachelet dans «N’écoutez pas, Mesdames», en 1952, et, dans «Palsambleu», l’année suivante, elle se retrouve seule en scène avec le maître. Comme au théâtre, Lana Marconi n’a connu au cinéma qu’un seul metteur en scène, son mari. Dans «Le comédien» (1947), qui retrace la vie de Lucien Guitry, le père de Sacha, elle incarne une jeune femme ambitieuse, qui croit pouvoir se passer des conseils du maître. Elle reprend souvent les rôles qu’elle tenait au théâtre dans les adaptations pour le cinéma de pièces comme «Le diable boiteux» (1948), «Aux deux colombes» (1949), «Toâ» (1949) ou «Deburau» (1950). Elle fait aussi partie de la distribution du «Trésor de Cantenac» (1950), merveille d’humour et d’esprit, bien dans la manière de Sacha Guitry.

Toujours élégante, l’actrice campe une marquise dans «Tu m’as sauvé la vie» (1950), infirmière à domicile d’un baron misanthrope incarné par Sacha lui-même. Dans «Je l’ai été trois fois» (1953), elle est Thérèse Verdier, qui trompe son mari, cocu déjà à deux reprises, avec un acteur vieillissant (Guitry) qui se fait passer aux yeux de l’époux pour un cardinal. La classe et le maintien un peu guindé de Lana Marconi la vouent décidément aux rôles d’aristocrate: même quand elle joue les prostituées, comme dans «La vie d’un honnête homme» (1952), on la surnomme la «comtesse» et, après avoir campé Marie Walewska, le grand amour de Napoléon, dans «Napoléon» (1954), elle personnifie, à deux reprises, une Marie-Antoinette un peu froide dans «Si Versailles m’était conté» (1953) et «Si paris m’était conté» (1955). Lana Marconi veille jusqu’au bout sur son Pygmalion, auquel elle doit tout, l’amour, la fortune et la renommée. Lui disparu, elle s’efface et ne remet plus jamais les pieds sur une scène ou dans un studio de cinéma. Elle s’éteint à Neuilly le 8 décembre 1990 et repose au cimetière de Montmartre, auprès de Lucien Guitry et de Sacha, bien sûr. 

Biographie de  Jean-Pascal Lhardy 

Théâtre

Publié dans Acteurs et Actrices

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article