La collaboration tactique

Publié le par Roger Cousin

Le collaborateur tactique dit : « J'accepte de collaborer malgré mon hostilité vis-à-vis du National-Socialisme et de l'Allemagne nazie. Je le fais pour un certain nombre de raisons : libérer le pays du joug étranger et recouvrer ma liberté, éviter, autant que possible, le massacre de masse de gens innocents, ... la collaboration dissimule la résistance et une forme de combat. ».
Otto Abetz (gauche) saluant le maréchal Pétain

Otto Abetz (gauche) saluant le maréchal Pétain

Pour illustrer cette forme de collaboration, Rings cite l'exemple d'employés de chemin de fer qui pouvaient faire circuler des trains le jour et pratiquer le sabotage la nuit. Autre exemple de cette sorte de collaboration : en janvier 1941, après que les Allemands ont menacé de bloquer l'approvisionnement en charbon du Danemark, ce dernier accepte de livrer des vedettes lance-torpille, mais après les avoir rendu pratiquement inutilisables. 

Une telle attitude a également été celle du président Emil Hácha de Bohême-Moravie, qui continue, en 1939, de rester en contact avec Edvard Beneš, réfugié à Londres. D'après Rings, certains groupes ou organisations sont amenés à pratiquer la collaboration tactique : les consistoires juifs, pour gagner du temps, les partis communistes avant juin 1941, pour exister politiquement.

Parfois également, certains groupes de résistants sont amenés à négocier avec l'occupant : Tito, en mars 1943, pour un échange de prisonniers, les Tchetniks, de façon beaucoup plus répétée, aussi bien avec les Allemands qu'avec les Italiens. En France, en 1944, l'OCM de Bordeaux, accepte de livrer aux Allemands 45 tonnes d'armes parachutées depuis Londres en échange de la libération de 300 prisonniers. En avril 1942, juste après son évasion, le général Giraud accepte de rencontrer Otto Abetz mais refusera les propositions qui lui sont faites.

Rings souligne que, sous la pression des évènements, la collaboration tactique ne peut pas durer longtemps : bien vite, le gouvernement d'Emil Hácha doit passer de la collaboration tactique à la collaboration conditionnelle, puis, inconditionnelle à partir de l'été 1940. Les partis communistes passent carrément à la résistance à partir de juin 1941, et même au Danemark, la collaboration prudente du gouvernement danois doit prendre fin en août 1943 date de sa dissolution.

Publié dans Evènements

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