Procès de Klaus Barbie

Publié le par Mémoires de Guerre

Le procès de Klaus Barbie a eu lieu devant la Cour d'assises du Rhône entre le 11 mai et le 3 juillet 1987. C'est le premier procès tenu en France pour crime contre l'humanité

Procès de Klaus Barbie
Procès de Klaus Barbie
Procès de Klaus Barbie

Instruction

L'instruction, confiée au juge Christian Riss, débute en 1983 et retient exclusivement le chef d'accusation de crime contre l'humanité, Barbie ayant déjà été jugé par contumace entre 1952 et 1954 pour crimes de guerre. Trois faits sont retenus :

Toutefois, suite à la plainte d'associations de résistants et de victimes, qui saisissent la Cour de cassation, celle-ci décide par un arrêt du 20 décembre 1985 d'un quatrième chef d'accusation : actes d'arrestation, torture et déportation de Juifs ou de résistants pris isolément.

Déroulement du procès

Le procès s'ouvre le 11 mai 1987 sous la présidence d'André Cerdini, président de la cour d'assises. Pierre Truche, procureur général assisté de son adjoint Jean-Olivier Viout, pour l'accusation, les avocats Jacques Vergès, Jean-Martin Mbemba et Nabil Bouaita, pour la défense, ainsi que 113 associations et particuliers s'étant portés partie civile, représentés par 39 avocats, dont Serge Klarsfeld et Roland Dumas, en sont les principaux acteurs. Le procès a suscité divers témoignages de témoins qui prirent le temps de raconter leur histoire à l'encontre de Klaus Barbie auprès de la cour. Le procès débute par la lecture de l'acte d'accusation (11 et 12 mai), au cours de laquelle Me Vergès remet en cause la compétence de la cour. Le 13, Barbie fait savoir par une déclaration qu'il refuse d'assister à la suite du procès.

Les 15 et 18 mai sont consacrés à l'examen des charges retenues contre Barbie, puis commencent les auditions de témoins victimes de Barbie, qui est contraint à comparaître les 26 mai et 5 juin. Le 15 juin sont cités les témoins de la défense. Les plaidoiries des parties civiles occupent les journées du 17 au 26 juin. Le procès a failli virer au pire par la présence de Christian Didier qui voulait assassiner Barbie lors du procès, sans réussite (mais il recommença son acte, la veille du procès de Bousquet aussi accusé de crime contre l'humanité et le tua à son domicile). Le réquisitoire du procureur général a lieu les 29 et 30 juin, suivi des plaidoiries des avocats de la défense du 1er au 3 juillet. Le verdict est énoncé le 4 juillet à 00 h 40 : Klaus Barbie est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

Procès de Klaus Barbie

Après le procès

Klaus Barbie demeure incarcéré à la prison de Saint-Paul, à Lyon, où il était détenu depuis son extradition. Il saisit la cour de cassation pour obtenir sa libération, mais celle-ci rejette son pourvoi par arrêté du 3 juin 1988. Il décède à Saint-Paul le 25 septembre 1991. Le 3 juillet 2017, Nicole Belloubet, ministre de la Justice, et Françoise Nyssen, ministre de la Culture, annoncent l’ouverture à la recherche les archives relatives au procès de Klaus Barbie qui sont conservées aux Archives nationales et aux Service d'archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon.

Retentissement médiatique

Le procès Barbie est suivi par plus de 900 journalistes français et étrangers et largement relayé dans la presse, à la radio et à la télévision. Par ailleurs, suite à la loi du 11 juillet 1985 sur les archives audiovisuelles de la Justice, le procès est intégralement filmé. En résultent 145 heures de débat, d'abord conservées à l'Institut national de l'audiovisuel et interdites de diffusion. La première diffusion par extrait (70 heures) est réalisée en 2000 sur la chaîne Histoire, et d'autres versions sont ensuite commercialisées.  

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