Réseau Phalanx

Publié le par Mémoires de Guerre

Phalanx est un réseau de Résistance français créé en 1942 par Christian Pineau de Libération-Nord après son retour de Londres, à la demande du Bureau central de renseignements et d'action.

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Réseau Phalanx
Historique
Sa création

Le réseau Phalanx est fondé en 1942 à Clermont-Ferrand par Christian Pineau. Initialement centré sur le renseignement, la collecte d’informations à destination de la France libre et l’organisation de filières d’évasion, Phalanx s’inscrit rapidement dans la dynamique plus large du Bureau central de renseignement et d’action (BCRA). Sous l’impulsion du BCRA, Phalanx se transforme en 1943 en un réseau plus vaste et structuré : Cohors-Asturies. Ce réseau est confié à Jean Cavaillès, philosophe, mathématicien et officier de réserve, qui devient l’une des figures les plus emblématiques de la Résistance intellectuelle et militaire.

Organisation et missions

À partir de 1942, les contacts entre la France libre et le mouvement Libération aboutissent à la création d’un organisme spécifique tel qu’un réseau de renseignements. Phalanx est mis sur pied à la demande du BCRA (Bureau central de renseignement et d’action) et de Passy par Christian Pineau à son retour de Londres, en avril 1942. Installé en zone Sud, à Clermont-Ferrand puis à Lyon, le réseau se spécialise dans le renseignement politique et économique, ou encore le transport de personnalités comme André Philip vers Londres. Les premiers agents sont recrutés au sein de Libération-Nord. Ils sont chargés de rassembler des informations sur l’activité des communistes, l’opinion publique, avant de se tourner vers des indications concernant les mouvements des troupes ennemies. L’organisation ou Centrale comprend le chef de réseau, un adjoint, un secrétariat et envoie son courrier à Londres par l’intermédiaire de la Confrérie Notre-Dame que dirige le colonel Rémy.

L’équipe clandestine qui se forme autour de Christian Pineau englobe son beau-père, Bonamour du Tartre, alias "Barnaud", Francis Fabre, le directeur de La Montagne, des syndicalistes, dont Marius Vivier-Merle, secrétaire de l’Union des syndicats à Lyon, Louis Goyet et d’autres militants. Le réseau joue le rôle de relais entre Londres et le mouvement ; c’est par lui que transite argent, consignes et instructions à donner à Libération-Nord. Au fil des mois, ses transmissions deviennent autonomes. Il comprend alors une centaine de membres. Passy, chef du BCRA, le considère comme l’un des meilleurs réseaux. Après l’arrestation de Christian Pineau le 3 mai 1943, Fernand Gane alias "Icare" en devient le dirigeant et, sur ordre de Londres, s’efforce de cloisonner davantage les structures mises en place dans les régions. Le réseau Cohors-Asturies agit principalement dans le quart nord de la France, avec des ramifications en Auvergne, Bourgogne et Alsace. Il est composé de petits groupes clandestins chargés de missions spécifiques :

  • collecte de renseignements militaires et industriels,
  • appui aux parachutages et à la logistique de terrain,
  • sabotage d’infrastructures ferroviaires et de communication,
  • liaison avec Londres via radio et messagers,
  • exfiltration d’aviateurs alliés et de personnes recherchées.
Actions et réseaux

Les membres de Cohors-Asturies agissent en réseau cloisonné, ce qui garantit une relative sécurité en cas d’arrestation. Plusieurs actions notables sont attribuées au réseau :

  • sabotage de lignes ferroviaires en région Centre,
  • transmission de plans de défenses allemandes en Normandie,
  • organisation de caches d’armes en vue d’insurrections locales.
Chefs, héros et morts
  • Christian Pineau, fondateur de Phalanx, survivant de la guerre, futur ministre.
  • Jean Cavaillès, chef du réseau Cohors-Asturies, arrêté en août 1943, torturé, fusillé à Arras en février 1944.
  • Pierre Brossolette, lié au réseau, arrêté et mort sous la torture à Paris en 1944.
Fin du réseau

Le réseau Cohors-Asturies cesse ses opérations à la Libération, fin 1944. Ses membres sont pour partie intégrés dans les nouvelles structures de renseignement ou dans l’administration militaire de la France libre. Jean Cavaillès devient un symbole du sacrifice intellectuel au service de la patrie.

Articles Sources

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