La Collaboration d'Etat

Publié le par Mémoires de Guerre

La collaboration d'État est l'aide apportée à l'Allemagne nazie par le gouvernement de Vichy et l'administration française. Cette aide se situe principalement sur les plans économiques (les frais d'occupation), policiers (lutte contre la Résistance, livraison d'Allemands antinazis exilés en France, etc.), racial (recensement, arrestation et déportation des Juifs) et militaire (accord Darlan, LVF, Waffen-SS français, etc.).

La Collaboration d'Etat

Historique

La collaboration fut lancée médiatiquement à la suite de la rencontre de Pétain et d'Hitler à Montoire-sur-le-Loir, le 24 octobre 1940, avec sa fameuse poignée de main de Montoire, image symbolique que l'on peut opposer à celle du général de Gaulle prononçant au micro de la BBC son intention de continuer le combat aux côtés des Alliés. L'entrevue de Montoire, bien qu'elle ait été préparée par Laval au moyen de rencontres avec les dirigeants nazis (dont Hitler lui-même, deux jours avant au même endroit) eut un bilan fort maigre : aucun engagement concret ne fut pris d'aucune part, seul le principe de la collaboration fut mis en place, avec un malentendu soigneusement entretenu par les Allemands sur le sens réel de cet engagement.

Pour Pétain comme pour Laval, les concessions faites à l'occupant à partir de l'accord de Montoire devaient entraîner sa mansuétude : devant ces gages de bonne volonté, l'Allemagne aurait accordé des contreparties, comme le retour des prisonniers de guerre français, l'aménagement de la ligne de démarcation ou le retour du gouvernement français à Versailles. Mais Hitler, en raison de son immense francophobie, n'était nullement disposé à faire des concessions au vaincu de juin 1940. De plus, il considérait la collaboration comme un atout tactique et stratégique : aide purement ponctuelle et militaire, elle devait aider l'Allemagne dans la perspective du conflit encours avec la Grande-Bretagne et du projet d'invasion de l'URSS.

Il s'agissait pour les nazis de se garantir des intentions françaises, c'est-à-dire de « neutraliser la France aux moindres frais » en maintenant « une écrasante domination économique » et en s'assurant « que Vichy s'opposera fermement à toute tentative de mainmise des gaullistes et des Anglais sur l'Afrique du Nord. » Pétain déclara dans son allocution radiophonique du 30 octobre que la France entrait dans une ère nouvelle : « j'entre dans la voie de la collaboration ». Mais il avoua par la suite sa déception devant l'absence d'accord concret, et d'engagement de la part d'Hitler. Il confia par la suite avoir rencontré un « rien du tout », un « médiocre qui n'a pas retenu les leçons de l'histoire », allant jusqu'à minimiser la rencontre en affirmant que Montoire était dès le départ conçu comme un simple « tour d'horizon » informel.

Ceci ne l'amena pourtant pas à tirer les leçons de cet échec, dont il ne soupçonna sans doute jamais la portée réelle. Laval et lui pariaient sur une victoire allemande définitive, et ils voulaient faire de la France le partenaire privilégié de Adolf Hitler dans l'Europe nazie. Leur illusion était grande que Adolf Hitler veuille faire de la France autre chose qu'un vassal taillable et exploitable à merci. La seule divergence entre les conceptions des deux hommes d'État était une différence de degré : pour Pétain, la collaboration avait des motivations réactionnaires et nationalistes, alors que Laval raisonnait en termes nettement européens, ceux de « l'Ordre Nouveau » évidemment. L’État français, pour démontrer sa bonne volonté, a donc recherché la collaboration et fréquemment anticipé ou surenchéri sur les demandes allemandes.

Quant aux concessions obtenues en échange de la collaboration, elles furent pour le moins très limitées, le fardeau de l'Occupation ne cessant de s'alourdir jusqu'au bout. Ainsi, en échange du départ de 600 000 à 650 000 jeunes travailleurs au Service du travail obligatoire (STO), Pétain et Laval obtinrent le retour de moins de 100 000 prisonniers pour la plupart âgés et malades, dont une majorité aurait sans doute été rapatriée de toute façon. Parmi les collaborationnistes qui ont participé aux différents gouvernements de Vichy ou lui ont apporté leur soutien, on peut citer Fernand de Brinon, admirateur du Troisième Reich dès avant-guerre, est ainsi le délégué général de Vichy en Zone Nord de 1941 à 1944.

On peut citer aussi Jacques Benoist-Méchin, principal conseiller de Darlan pour les négociations avec Hitler (1941-1942), Gaston Bruneton, chargé de l'action sociale auprès des travailleurs (volontaires et forcés) Français en Allemagne en étroite collaboration avec le D.A.F. (Front Allemand du Travail), Jean Bichelonne, maître-d'œuvre du Service du travail obligatoire (STO), ministre de la Production industrielle puis des Transports, ou l'académicien Abel Bonnard dit « Gestapette », promu à l'Éducation nationale en 1942. En 1944, les fascistes et collaborationnistes convaincus Joseph Darnand, Philippe Henriot et Marcel Déat entrent au gouvernement sous la pression allemande.

Si de nombreux collaborationnistes parisiens méprisent ouvertement le régime de Vichy qu'ils jugent trop réactionnaire et pas assez engagé dans l'alliance avec le Troisième Reich, d'autres se proclament inconditionnels du maréchal Pétain, à commencer par Darnand. Jacques Doriot, chef du PPF, se présenta jusqu'à fin 1941 comme « un homme du Maréchal ». Pierre Laval, la plus importante personnalité à Vichy après Pétain, entretenait des relations politiques très étroites avec Déat et Darnand, et prit en personne la tête de la Milice française, organisation collaborationniste très violente et jusqu'au boutiste, supplétive de la Gestapo.

Publié dans Evènements

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dentzinger 08/05/2013 13:05


votre blog est un remake éculé des argumentaires stalinots-kommunistisch

dentzinger 08/05/2013 10:35


un regard nouveau , tu parles! un regard ssurtout très kommunistisch !

dentzinger 08/05/2013 08:56


c'est Weygand qui a fait capoter les protocoles de Paris négociés par Darlan. Et c'est Weygand qui a créé l'Armée d'Afrique, future armée de Lattre, autre pétainiste. Oui, Weygand a collaboré
avec les Américains, c'est pour ça que Otto abetz a demandé et eu sa peau le 18 novembre 1941. Mais les géénraux qu'il avait mis en place sont restés : Juin, de Lattre, Guillaume, Montsabert,
Béthouart, Koeltz avec les consignes secrètes de Weygand, l'ennemi personnel de de Gaulle

Tietie007 08/05/2013 04:27


Le Reich et Vichy ont colallaboré au plus haut niveau, même si les allemands percevaient ce terme de collaboration à sens unique. Le capotage des Protocoles de Paris, en mai 41, montrait, aussi,
que la collaboration avait ses limites.  Hitler ne voulait pas d'une France renaissante et Pétain et Laval n'ont jamais voulu entrer dans la guerre, militairement parlant, du côté des
teutons. D'où les tensions avec cette ultra-collaboration parisienne qui s'incarnait dans les Doriot, Déat et autre Pierre Constantini, qui passait son temps à cracher sur le régime de Vichy qui
était considéré comme aboulique.

dentzinger 07/05/2013 21:45


et vous donnez quoi comme exemples de collaboration d'Etat ? Déjà à Montoire, Pétain a refusé d'entrer en guerre aux côtés de Hitler contre l'Angleterre, ce que Franco avait également refusé la
veille à Hendayer. Deux mauvaises journées donc pour Adolf !


etes-vous plutôt kommunist que gaulliste ?

Tietie007 27/03/2013 08:33


La LVF fut une initiative de l'ultra-collaboration parisienne et pas de Vichy.

Voyance pure 30/11/2012 14:48


Votre blog est une source d’infos, je suis un lecteur assidu et je vous souhaite bonne continuation .

Roger Cousin 07/01/2013 10:07



Bonjour je vous remercie de vos encouragements et bonne année a vous