Réseau Saint-Jacques
Le Réseau Saint-Jacques est un réseau de renseignements de résistance intérieure française créé par Maurice Duclos, affecté au Service de renseignements qui allait devenir le Bureau central de renseignements et d'action (BCRA), sous les ordres du colonel Passy.
Créé début août 1940, le Réseau Saint-Jacques serait le 1er réseau de Résistance de la France occupée. Il a établi la 1re liaison radio entre Paris et Londres en avril 1941.
Envoyé en mission en France le 4 août 1940 sur la demande de Churchill, Maurice Duclos établit son bureau à Paris et monte rapidement un réseau couvrant différentes régions de la zone occupée. Lucien Feltesse, alias « Jean Boulard », fut chargé de la Somme, du Nord, du Pas-de-Calais et de la Belgique. Sous ses ordres, Georges Delaive, dit « Sanglier », organisa la Somme et le Pas-de-Calais. Une antenne couvrit le littoral Picard, sous l'égide de René Wibaux, dit « Pélican », médecin-chef de l'hôpital de Berck, et de son fils Fernand Wibaux, dit « Fred ». Le Réseau Saint-Jacques intègre en mai 1941, le Réseau Orion créé dès juillet 1940 par Henri d'Astier de La Vigerie et Georges Piron de la Varenne.
Le réseau Saint-Jacques est progressivement démantelé en août et septembre 1941. Les sources consultées relient cette désorganisation aux arrestations successives qui frappent les membres du réseau et de ses sous-réseaux. Une partie des survivants et des activités passe ensuite vers d’autres structures, en particulier la Confrérie Notre-Dame. Malgré ce démantèlement précoce, Saint-Jacques demeure homologué dans les listes administratives de réseaux FFC/FFL.
Maurice Duclos survit à la guerre. Après avoir échappé à la répression de 1941, il regagne Londres le 1er mars 1942 et poursuit ensuite des missions au sein du BCRA, notamment dans le domaine de l’action et du sabotage. Les sources ouvertes consultées ne permettent pas d’établir ici une liste complète des survivants du réseau, mais elles confirment que tous les membres n’ont pas été arrêtés lors du démantèlement.
Saint-Jacques est présenté par plusieurs sources comme l’un des tout premiers grands réseaux de renseignement de la Résistance liée à la France libre. Son importance tient à sa précocité, à sa couverture géographique et à son rôle dans la mise en place des premières liaisons clandestines durables avec Londres. La mémoire du réseau est entretenue par une plaque commémorative à Paris, France, rappelant qu’il fut abrité place Vendôme à partir d’août 1940. Des sites mémoriels régionaux, notamment dans le Pas-de-Calais, en rappellent aussi l’action et la répression.
- Paul Gosset
- Maurice Duclos, alias Saint-Jacques, fonde et dirige le réseau ; il survit à la guerre et poursuit ensuite des fonctions au sein du BCRA puis de la France libre.
- Roger Derry, abbé et résistant français, arrêté le 9 octobre 1941, décapité à Cologne le 15 octobre 1943.
- Georges Piron de la Varenne, résistant belge, arrêté à Paris le 9 octobre 1941, décapité à Cologne le 15 octobre 1943.
- Jean Vérines, gendarme et résistant français, arrêté en 1941, fusillé le 20 octobre 1943 à Cologne.
- René Wibaux, docteur en médecine et pharmacien.
- Charles Deguy est présenté comme l’un de ses principaux bras droits ; des sources mémorielles le donnent comme ingénieur commercial et membre important de l’organisation, mort ensuite en répression.
/image%2F0991366%2F20260708%2Fob_b04393_ffl.jpg)