Réseau Tartane-Masséna

Publié le par Mémoires de Guerre

Le réseau Tartane-Masséna est un réseau de renseignements de la centrale Phratrie rattachée au Bureau central de renseignements et d'action actif en Zone Sud dans la région de Nice.

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Réseau Tartane-Masséna
Historique

Contexte

Le réseau Tartane-Masséna est, avec les réseaux Brick, Corvette, Cotre, Goélette, Hunter, Jonque et Vedette, l'un des réseaux de renseignements regroupés autour de la centrale Phratrie rattachée au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) et l'un des 268 réseaux de Résistance homologués Forces françaises combattantes (FFC) et reconnus Forces françaises libres (FFL).

Fonctionnement

Le réseau Tartane est créé fin 1942 à Nice par Yves Le Crom-Hubert (Yvonne) de la Confrérie Notre-Dame, chargé d'organiser en Zone Sud un réseau de renseignements militaires sur les mouvements des forces armées italiennes installées dans les Alpes-Maritimes. Le réseau Phratrie fait parvenir à Tartane l'argent et les questionnaires rédigés à Londres par le colonel Rémy et retournés par son intermédiaires après avoir été renseignés par les agents de Tartane. Le réseau, qui atteint rapidement 300 agents est divisé en cinq sous-sections : à Nice, dirigée par Jacques Lippmann (Chrono II), avocat, puis par Georges Fluchaire (Dorine), commissaire de police, à Toulon, dirigée par Robert Le Planquais, officier de la marine marchande, à Cannes, dirigée par (Pigeon), vendeur d'appareils radio, à Marseille, avec un premier sous-secteur dirigé par Naud, et un second dirigé par Roger Taillefer (Burin).

Le secrétariat de Tartane est chargé de la centralisation et du recoupement des informations, de l'établissement des plans et des cartes apportés par les agents de liaison Louis Garnier (Georges), chauffeur, André Clavel (Goupil), brocanteur, François Crucy (Lamartine), journaliste. En 1943, Yves Le Crom parti pour Londres est remplacé à la tête de Tartane par Arnaud Gabriel Paul Louis de Regnauld de la Soudière (1909-1988), officier de carrière, blessé de guerre, qui se révèle très peu à la hauteur de la situation et finit par désagréger le réseau.

Membres

Le Service historique de la Défense conserve les dossiers individuels de 143 agents du réseau Tartane et de 20 agents du réseau Masséna (Tartane). Les dossiers contiennent, dans des proportions variables selon les personnes — entre un feuillet et une centaine de pages — des comptes rendus d'interrogatoire lors de l'incorporation, des fiches d'identification, des dossiers de faux papiers, des ordres et comptes rendus de mission, des comptes rendus retraçant l'activité résistante des agents. Ils sont constitués, entre octobre 1944 et le printemps 1945, lors des campagnes d'interrogatoires menées par la Direction générale des études et recherches et s'appuient également sur les archives du Bureau central de renseignements et d'action rapatriées depuis Londres et Alger.

Ces interrogatoires permirent de reconstituer l'ordre de bataille de la Résistance en France et de recruter des agents en s'assurant de leur fiabilité notamment de l'absence d'agents de l'ennemi infiltrés. Ils permirent également l'homologation et la reconnaissance des services rendus par les agents des Forces françaises combattantes. Le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage hérite en 1945 du fonds documentaire versé en 2000 au Service historique de l'armée de Terre.

Parmi les dossiers conservés se trouvent notamment ceux de Roger Taillefer, d'Hélène Vagliano, de Raymond de Thoisy et de Robert Le Planquais dont les actions au sein du réseau Tartane-Masséna sont relatées dans son ouvrage témoignage par Conrad Flavian du réseau Gallia. Charles Pasqua, alors âgé de 15 ans, rejoint le réseau en 1943, après que son oncle Philippe, chef du réseau à Grasse, fut arrêté et son père André parti pour le maquis. Il est immatriculé à Londres et reçoit le nom de code "Prairie".

Chefs et figures marquantes
  • Jean-Louis Rossi, alias Masséna, est le concepteur et le principal dirigeant du réseau. Il assure la coordination générale des sous-réseaux jusqu’à la Libération, échappant aux arrestations.
  • Raymond Brun est un agent de liaison et de renseignement clé du secteur de Cannes, Alpes-Maritimes, France. Arrêté en mai 1944 par la Gestapo, il subit l’interrogatoire sous la torture mais ne livre aucune information avant d’être déporté.
  • Marie-Louise Baud est une opératrice radio chargée de la transmission des rapports vers Alger. Elle survit à la guerre malgré une surveillance étroite des services de repérage goniométrique allemands.

Fin du réseau

Le réseau Masséna cesse formellement ses activités clandestines après la libération de la ville de Nice et du département des Alpes-Maritimes en août 1944. Ses structures et ses agents encore actifs sont alors intégrés aux services réguliers de l’armée française ou démobilisés par les autorités de la République.

Conséquences et mémoire

L’impact militaire du réseau Masséna est jugé significatif par le commandement allié, notamment pour la précision des renseignements fournis en amont du débarquement de Provence du 15 août 1944. La mémoire du réseau est honorée par des plaques commémoratives à Nice, Alpes-Maritimes, France, ainsi que par des mentions dans les cérémonies mémorielles régionales dédiées aux Forces françaises combattantes.

Victimes et morts

Le réseau paie un tribut important lors des vagues de répression du printemps 1944. Plusieurs agents, dont les identités exactes font parfois l’objet de divergences mineures dans les registres locaux, sont fusillés au quartier de l’Ariane à Nice, Alpes-Maritimes, France, ou meurent lors de leur transfert vers les camps de concentration allemands.

Survivants identifiés

Jean-Louis Rossi survit au conflit et témoigne après la guerre pour l’homologation des services de ses subordonnés. Plusieurs agents de liaison et techniciens radio de la région niçoise survivent également et reprennent leur activité civile après septembre 1944.

Articles Sources

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