Vagliano Hélène
Hélène Vagliano est une résistante française vivant à Cannes, membre du réseau Tartane-Masséna, née le 3 juillet 1909 à Paris et morte le 15 août 1944 assassinée par la Gestapo au lieu-dit l'Ariane à Nice.
Famille et Jeunssse
Hélène Vagliano naît à Paris le 3 juillet 1909. Elle est la fille de Marino (1882-1959) et Danaé (1886-1958) Vagliano, héritiers de la dynastie des Vallianos, marchands, armateurs, banquiers et philanthropes grecs originaires de Céphalonie. Marino et Danaé se marient le 11 juillet 1907 en la cathédrale Sainte-Sophie de Londres et vivent 24 avenue Victor-Hugo, dans le 16e arrondissement de Paris. Elle a deux frères : Stefano (Stephen) (1908-1987) et Francis (1911-2007). Sa famille s'installe ensuite à Ascot en Angleterre où se trouve une partie importante de la diaspora grecque : Panagis Vallianos (el) (1814–1902) est inhumé dans le mausolée de la famille, inspiré de la tour des Vents, au cimetière de West Norwood à Londres. Hélène est élève de la St. George's School, Ascot où elle est pensionnaire de 1924 jusqu'en 1927 et où elle est réputée pour son sens de l'humour et son éclectisme : élève modèle, elle est préfète mais aussi musicienne (elle joue du piano) et sportive (elle est gardien de but dans l'équipe de crosse).
À la fin de ses études elle rejoint ses parents installées depuis 2 ans villa Champfleuri dans le quartier de la Californie à Cannes où Danaé crée le parc et les jardins protégés depuis 1990 au titre des Monuments historiques. Le sport est une tradition familiale : le père d'Hélène est président du Golf Club de Cannes-Mandelieu, le cousin de son père André Marino et sa petite-cousine Lally sont des champions internationaux de golf et Hélène elle-même fait du ski, de l'alpinisme, du hors-bord et organise des « courses haletantes de tortues » comme elle en informe ses anciennes camarades dans le magazine de l'école. Elle a aussi des activités plus civiques comme le scoutisme, la traduction en Braille d'articles pour les périodiques destinés aux aveugles ou la participation aux actions caritatives de la communauté britannique de Cannes, notamment auprès des jeunes enfants. Hélène Vagliano a aidé de nombreuses familles déshéritées dans le vieux quartier du Suquet et pendant la Seconde Guerre mondiale elle était en lien étroit avec l'orphelinat "Le rayon de Soleil" où elle a fait accueillir des enfants et organisé des réunions clandestines de la Résistance.
Seconde Guerre mondiale
Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, elle participe à l'organisation et au fonctionnement de la Cantine militaire de la gare de Cannes qui ravitaille les soldats partant défendre la frontière entre la France et l'Italie. Sa mère Danaé, était vice-présidente de la Cantine militaire et présidente du Foyer militaire installé sur le parvis de la garde de Cannes qui a accueilli plus de 160 000 soldats. Son frère cadet, Francis, est prisonnier de guerre dés le début de 1940. À la création en 1942 du Centre d'entr'aide (CEA) pour les prisonniers de guerre rue Teisseire, Hélène Vagliano prend en charge à titre bénévole le service d'aide sociale aux familles.
Elle est dès 1941 recrutée, sous le nom de code de Veilleuse, comme agent de renseignements sur les activités de l'ennemi et responsable d'un poste émetteur, dans la section cannoise du réseau Tartane-Masséna rattaché au réseau Phratrie du Bureau central de renseignements et d'action et s'occupe également des passages en Espagne et en Afrique du Nord, de cacher des personnes en danger et de mettre des enfants à l'abri. Hélène Vagliano oeuvrait pour le sous-réseau cannois Pigeon, dirigé par Hervé Papillaut des Charbonneries, résistant et compagnon de Catherine Dior.
Trahie par une amie qui travaillait avec elle au Centre d'Entraide de la rue Tesseire à Cannes, elle et dénoncée par cette femme dont elle avait aidé le fils à quitter la France. Elle est arrêtée par les miliciens de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme le 29 juillet 1944 au siège du CEA avec d'autres camarades qui sont relâchés au bout de quinze jours. Elle est conduite à la villa Montfleury, siège de la Gestapo à Cannes, où elle est interrogée et frappée pendant deux jours et deux nuits. Face à son mutisme elle est transférée à la prison de Grasse où les méthodes sont plus brutales encore : elle est marquée au fer rouge sur le visage et sur tout le corps mais refuse toujours de parler. Elle est conduite le 1er août à la villa Trianon, siège de la Gestapo dans le quartier Cimiez à Nice, puis incarcérée dans les caves des Nouvelles-Prisons où l'interrogatoire violent se poursuit quotidiennement.
Ses parents sont arrêtés et transférés en même temps qu'elle. Ils sont également interrogés et frappés et on les fait assister à son calvaire dans l'objectif de la faire parler. Le 6 août elle signe, contre l'assurance de leur libération, une déposition déchargeant ses parents de toute responsabilité mais l'accablant complètement sans pour autant livrer aucun véritable nom ni aucune véritable adresse. Elle a le temps de souffler à sa mère avant leur libération : « Je vais les envoyer partout en France, à la recherche de gens qui n'existent pas ». Le 13 août elle réussit à leur faire parvenir une lettre les prévenant que la Gestapo envisage de les reprendre et une autre à son chef de réseau l'assurant qu'elle ne parlera jamais.
Au matin du 15 août elle reprend espoir en entendant l'annonce du débarquement de Provence. Le même jour à 15 heures elle est conduite en camion avec 23 autres prisonniers, dont elle soutient le moral jusqu'à la fin, au lieu-dit l'Ariane où ils sont abattus par trois rafales de mitraillette et achevés par une balle dans la nuque. Le maréchal Montgomery adresse à sa mère une lettre en ces termes :
« Votre fille a donné sa vie pour que l'Europe soit libre. »
Son corps est ramené à Cannes fin septembre 1944 après de multiples démarches de ses parents pour rapatrier son corps. Hélène Vagliano avait dans un premier temps été enterrée au cimetière de Caucade à Nice. Ses funérailles rassemblent une foule considérable saluant son cercueil revêtu du drapeau tricolore. Elle est inhumée dans la crypte de l'église Saint-Michel-Archange de Cannes. Son nom est cité dans le Carré des fusillés de l'Ariane de Nice et sur le monument aux morts de Cannes. Il est donné à une école et à une rue de sa ville. Une plaque commémorative est apposée à St. George's School, Ascot. Elle est nommée à titre posthume Chevalier de la Légion d'Honneur, décorée de la médaille de la Résistance française et de la croix de guerre avec palme. Son nom est suivi à l'état civil de la mention « morte pour la France ». Elle est également décorée par le régent du royaume de Grèce, de la croix d'or avec glaives de l'Ordre de Georges Ier.
« Jeune fille d'une très haute élévation morale et d'un patriotisme ardent, a pendant plus de deux ans donné tout son temps et toutes ses forces au service du pays. D'un dévouement sans bornes et d'un courage tenace et réfléchi, a rempli en territoire occupé par l'ennemi un nombre incalculable de missions dangereuses, assurant des passages de Français en Espagne, cachant fréquemment chez elle des agents des armées alliées et fournissant régulièrement un courrier important de renseignements sur l'ennemi. Arrêtée par la Gestapo vingt jours avant le débarquement allié en Méditerranée, torturée quotidiennement pendant quinze jours a eu devant ses bourreaux et en dépit des souffrances atroces qui lui étaient infligées, une conduite digne des plus beaux éloges. Fusillée le 15 août 1944 dans l'après-midi, est morte en héroïne soutenant jusqu'au bout le moral de ses camarades par son attitude courageuse devant la mort. » — De Gaulle, président du gouvernement provisoire de la République française, Décret du 26 mars 1945 portant nomination d'Hélène Vagliano de la Direction générale ses études et recherches dans l'Ordre national de la Légion d'honneur au grade de Chevalier à titre posthume
Décorations
Hélène Vagliano est récipiendaire, à titre posthume, des décorations suivantes :
- Chevalier de la Légion d'honneur par décret du 26 mars 1945 ;
- Croix de guerre 1939-1945, palme de bronze ;
- Médaille de la Résistance française (décret du 6 septembre 1945) ;
- Croix d'or avec glaives de l'ordre de Georges Ier (Grèce).
Article Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9l%C3%A8ne_Vagliano
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