Le Père Simon-Pierre Cossé

Publié le par Société des Missions Africaines

Le Père Simon-Pierre Cossé

Société des Missions Africaines –Province de Lyon. Né le 9 juin 1898 à Nantes dans le diocèse de Nantes, France membre de la SMA le 28 septembre 1926 prêtre le 29 juin 1925 décédé le 11 juillet 1977.

Le père Simon-Pierre Cossé (1898 - 1977)

Le père Simon-Pierre Cossé (1898 - 1977)

Simon-Pierre Cossé est né le 9 juin 1898, au sein d’une grande famille nantaise qui possède une entreprise bien connue : La Biscuiterie Nantaise. Il étudie à l’externat des enfants nantais, puis il est mobilisé, le 15 avril 1917. Après un essai chez les Pères Blancs, il rejoint le grand séminaire de Nantes entre 1922 et 1925 et il est ordonné prêtre le 29 juin 1925.

Le 21 septembre 1925, il obtient de son évêque l’autorisation de rejoindre les Missions Africaines et fait son noviciat à Offémont. Il y enseigne en année de probation, et donne satisfaction. Le 28 septembre 1926, il prononce son serment missionnaire. En 1927, il est mis à la disposition de monseigneur Moury, et arrive à Dabou, en Côte-d’Ivoire, où commence sa grande aventure missionnaire.

Courageux et clairvoyant, réconforté par de nombreuses conversions, il sillonne les routes, pistes et villages du pays Adjoukrou, jusqu’à Tiassalé et Jacqueville, avec aussi charge d’écoles ; il aime enseigner la lecture et l’écriture, catéchiser et passer les examens des catéchumènes ; il est heureux de baptiser, de donner le sacrement du mariage, de régler des conflits, d’apaiser.

Il tient à jour la chronique de ses tournées. Il y relate tout ce qu’il fait : constructions d’églises, palabres sur divers sujets, célébrations multiples de village en village, ennuis suscités par les protestants… Ce sont toujours des récits savoureux. En 1933, après 6 ans de séjour, atteint d’une bilieuse, il rentre en France pour des soins et un repos mérité.

Fin 1933, le père retourne en Côte-d’Ivoire. Il est alors affecté à Man dont la mission s’étend au sud jusqu’à l’océan, et au nord jusqu’à Tabou, à 400 km de Man. En mai 1934, profitant d’un convoi militaire, il parvient à Tabou, pays des Krou, et y prend contact avec des chrétiens étrangers, manœuvres au port. Il y reste 8 jours, obtient du commandant un terrain, confie la petite communauté à un catéchiste dahoméen. Tabou devient alors station secondaire de la paroisse de Man.

En 1935, le père, toujours à pied, y revient deux fois, ouvre une église provisoire. En 1936, le père Person est nommé vicaire apostolique de Côte-d’Ivoire et le père Cossé devient curé de Man : il est seul. En 1937, monseigneur Person rappelle le père à Abidjan avec charge d’y redresser et d’y consolider l’enseignement religieux, en tant que curé de la paroisse Saint-Paul d’Abidjan. Il garde en même temps Tabou où il se rend trois fois, en passant par Sassandra, ce qui l’oblige à marcher sur le sable et sous le soleil pendant 170 km…

En 1938, à l’occasion de ses congés en France, on veut le nommer recruteur à Nantes. Il refuse, arguant de son incompétence, du renom de sa riche famille, des obstructions qui en résulteraient. Fort du soutien de monseigneur Person, il est entendu.

Le père Aupiais l’autorise à repartir en Côte-d’Ivoire. En novembre 1938, le père débarque à Tabou. Une surprenante nomination lui est adressée : Vous êtes chargé d’Aboisso et de Tabou, deux missions situées aux deux extrémités du pays, mais reliées par la route maritime Tabou-Grand Bassam.

Le père développe la mission de Tabou, l’administrateur lui demandant même d’ouvrir une école, vu que les protestants œuvrent beaucoup en ce sens. Financièrement, son argent personnel lui permet de créer un centre pastoral bien équipé : église, presbytère, bâtiments divers. Vu le développement de la mission et la concurrence des protestants assez aigris, il sollicite avec force d’être déchargé d’Aboisso à la frontière du Ghana. Il est écouté et peut rester à Tabou. Mais, en mars 1939, il reçoit l’ordre de revenir à Aboisso, Tabou restant sans prêtre.

La nomination de monseigneur Boivin va tout changer. Au retour de son ordination épiscopale, monseigneur Boivin autorise le père Cossé à revenir à Tabou où il est accueilli avec enthousiasme, après une longue absence. Mais, le 12 septembre 1939, le voilà mobilisé jusqu’à la date de l’armistice de juin 1940. En son absence, le père Bedel est chargé de Tabou qui a été officiellement érigé en mission. En février1941, le père Cossé revient donc à Tabou. Il s’y retrouve encore seul, le père Bedel, fatigué, étant obligé de rentrer en France.

En septembre 1942, le père François Prual est affecté à Tabou. Son bateau est torpillé près du Maroc. Le père passe par Marrakech, par le Mali et parvient à Duékoué, sans aucun bagage. Le père Cossé va le chercher, à vélo. Ils reviennent ensemble. A leur arrivée, ils trouvent la mission cambriolée.

En 1942-1943, les turbulences politiques atteignent la Côte-d’Ivoire. Le père Cossé s’engage, sans beaucoup de prudence, pour l’obéissance au Maréchal Pétain. Cela l’entraîne dans des polémiques avec l’administrateur gaulliste et lui vaut les remontrances de monseigneur Kirmann.

En novembre 1943, le père Prual doit rejoindre Daloa. Encore seul, le père Cossé reçoit, quelques mois plus tard, la première visite de monseigneur Kirmann. Depuis Sassandra, ce dernier mettra cinq jours en hamac. En 1947, le père Martinet rejoint Tabou : le suivi des communautés en devient plus facile. Nommé visiteur régional, en 1948, le père Cossé refuse cette responsabilité, se trouvant inapte à faire des réformes urgentes au plan spirituel et disciplinaire. C’est à Tabou où il est vicaire que le père Rouanet reçoit sa nomination comme évêque de Daloa.

En 1950, commence la construction d’une grande église à Tabou, avec l’aide courageuse et assidue des chrétiens. L’œuvre est difficile, mais les villageois y participent avec enthousiasme. Le transport de gros matériel par bateau depuis la France, le débarquement, soit à Tabou, soit à Abidjan, les acheminements à Tabou, par un camion que le père conduisait lui-même, furent des moments épiques. C’est en 1956 que l’église Saint-Louis est bénie par monseigneur Etrillard et monseigneur Rouanet.

En 1958, le Père Cossé rentre en France et participe à la première session d’Action Catholique Missionnaire, en donnant un cours dense sur le laïcat missionnaire, les difficultés, les espoirs.

En janvier 1959, monseigneur Etrillard arrive à Tabou avec la supérieure des sœurs de l’Enfant-Jésus de Versailles. Et, le 14 septembre, une communauté de 4 soeurs va s’installer. Le père vient de trouver des collaboratrices. Leur premier travail sera d’ouvrir une école.

Les années passent. Le père Cossé n’a pas ménagé sa santé, car il a tout donné jusqu’à l’épuisement. Le 29 décembre 1963, gravement malade, il quitte Tabou définitivement et confie sa paroisse au père Joseph Parriaux, son vicaire. Il rejoint la maison régionale de Dabou où il est nommé père hôtelier. En 1965, il est promu Officier de l’Ordre national de la Côte-d’Ivoire pour ses 38 ans de service.

Durant 12 ans, il va rester en cette maison de Dabou, heureux d’accueillir ses confrères de passage. En 1975, monseigneur Bernard Yago préside à Dabou son jubilé d’or. Le père a 77 ans ; c’est la fête du doyen, ordonné prêtre en 1925. Rappelons que Bernard Yago fut un des 65 élèves reçus au certificat, au petit séminaire de Dabou, sous la direction des pères Ezanno et Cossé.

Le 23 septembre, le père est nommé à La Croix-Valmer où il apporte sourire et humour, malgré ses jambes usées par tant de marches en pays Krou. En 1977, le glaucome atteint ses yeux, une artérite le fait beaucoup souffrir. Le 11 juillet 1977, il rencontre Celui qui vient le chercher et qu’il a servi héroïquement, le Seigneur Jésus, le Bon Pasteur. Il avait 79 ans et 48 ans de mission.

Le Père est inhumé à La Croix-Valmer, dans le caveau des Missions Africaines.

 

  • 1925 ordination au titre de son diocèse
  • 1925-1927 Offémont, noviciat
  • 1927-1975 missionnaire en Côte-d'Ivoire Dabou, Man, Abidjan…
  • Croix de guerre 39-40
  • Croix du combattant
  • Officier de l’Ordre national de la Côte-d'Ivoire
  • décédé à La Croix-Valmer, le 11 juillet 1977, à l'âge de 79 ans

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