Paris : décès de Samuel-Milo Adoner, rescapé des camps de la mort

Publié le par Le Parisien par Philippe Baverel

Déporté en 1942, cet habitant du IVe continuait à témoigner de l’horreur des camps de concentration dans les lycées.

 Samuel-Milo Adoner, ancien déporté (IVe), est décédé ce mercredi. LP/Ph.B.

Samuel-Milo Adoner, ancien déporté (IVe), est décédé ce mercredi. LP/Ph.B.

A Auschwitz en 1942, les nazis lui avaient tatoué le numéro 1 612 sur le bras. L'ancien déporté Samuel-Milo Adoner est mort ce mercredi matin à 94 ans.

« C'était un ami. Avec cet homme, inlassable passeur de mémoire, c'est la mémoire du quartier qui s'en va », a déclaré Ariel Weil (PS), maire du IVe. A ses côtés, le 16 novembre 2018, l'élu avait inauguré avec la maire de Paris, Anne Hidalgo (PS), le parvis des 260 enfants, en mémoire des 260 garçons et filles juifs scolarisés à l'école du 10, rue des Hospitalières Saint-Gervais (IVe) et déportés pendant la Seconde guerre mondiale. Des camps de concentration, aucun de ces innocents ne reviendra.

Il témoignait de l'horreur des camps dans les lycées

Arrêté avec son père artisan maroquinier et sa mère lors d'une rafle sur l'île Saint-Louis le 23 septembre 1942, Samuel-Milo Adoner ne rentrera que le 30 avril 1945. Dans la Shoah, le jeune homme perd ses parents et cinq frères et sœurs. Seule survivra l'une de ses sœurs.

Ancien représentant en horlogerie, celui que ses amis appelaient Milo avait aussi vendu des jeans aux puces de Clignancourt (XVIIIe). Retraité, cet habitant du IVe continuait à témoigner de l'horreur des camps dans les lycées.

En 1990, Samuel-Milo Adoner avait obtenu que Joseph Migneret, directeur de l'école de la rue des Hospitalières Saint-Gervais, soit reconnu Juste parmi les nations, titre décerné par Israël à ceux qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs. Pendant la guerre, le directeur avait caché une famille juive dans son petit appartement rue du Temple.

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