Werner von Blomberg

Publié le par Mémoires de Guerre

Werner von Blomberg, né le 2 septembre 1878 à Stargard (Poméranie) et mort le 14 mars ou le 22 mars 1946 à Nuremberg, est un militaire allemand. Il est ministre de la Défense (Reichswehrminister) dans le cabinet Hitler en janvier 1933 puis ministre de la Guerre (Reichskriegsminister) en 1935 et atteint le grade de Generalfeldmarschall en 1936, mais il est écarté en 1938 à la suite d’une opération concertée de discréditation. 

Werner von Blomberg
Werner von Blomberg

Jeunesse et Première Guerre mondiale

Werner von Blomberg est le fils du lieutenant-colonel Emil von Blomberg et de son épouse Emma Tschepe. Blomberg commence sa carrière de militaire en 1897 en tant que lieutenant dans un régiment d'artillerie prussien. De 1907 à 1910, il suit les cours de l’académie de guerre de Berlin. Il est promu capitaine en 1911. Affecté à l’état-major de Metz en avril 1912, il prend le commandement d'une compagnie du 130e Lothringisches Infanterie-Regiment, rattaché à la 33e division d'infanterie, en janvier 1914. Il participe à la Première Guerre mondiale en tant qu'officier d'état-major, d'abord dans la 19e division de réserve, puis dans le 13e corps en juillet 1916. En 1916, il est promu au grade de commandant au sein de la 7e armée, et reçoit en 1918 la médaille de l'ordre « Pour le Mérite ».

Nazisme

Après la guerre, Blomberg est nommé chef d’état-major de la brigade Döberitz en 1920 — année à la fin de laquelle il est promu lieutenant-colonel — et chef d’état-major pour la zone militaire de Stuttgart en 1921. En 1925, il est nommé responsable de la formation des troupes armées, fonction qu'il occupe jusqu'en 1929. En 1932, il devient directeur de la délégation militaire allemande à la conférence sur le désarmement à Genève puis, en 1933, commandant de la 1re région militaire (Prusse orientale). Cette même année, il perd son épouse Charlotte, avec qui il a eu cinq enfants. En 1933, le maréchal Paul von Hindenburg (1847-1934), président allemand, appelle Hitler à la chancellerie. Le 30 janvier 1933, Blomberg est chargé de la sécurité de Hitler. Il devient ministre de la Défense.

Pendant la nuit des Longs Couteaux, à la fin juin 1934, le général Blomberg adopte une attitude passive vis-à-vis des assassinats de deux anciens amis, Kurt von Schleicher et Ferdinand von Bredow. En 1935, le nom de son ministère est transformé en « ministère de la Guerre » et Blomberg reste titulaire du portefeuille : il est alors aussi le commandant en chef des forces armées, la Wehrmacht. Le 20 avril 1936, il est promu Generalfeldmarschall. Le 5 novembre 1937, il participe à une réunion secrète rassemblant Hitler, Werner von Fritsch (Armée de terre), Erich Raeder (Marine), Hermann Göring (Armée de l'air) et Konstantin von Neurath, ministre des Affaires étrangères, réunion au cours de laquelle Hitler dévoile ses projets de guerre contre les états voisins. Cette réunion est décrite dans le protocole Hossbach.

Les conséquences de la réunion, où Blomberg et Fritsch s'opposent à Hitler, apparaissent bientôt avec l'éclosion de l'affaire Blomberg-Fritsch : en janvier 1938, la révélation, par Arthur Nebe, de son mariage avec une ancienne prostituée, Margarethe Gruhn, crée un scandale qui oblige Blomberg à démissionner de ses fonctions de ministre le 27 janvier 1938. Lors de ses adieux à la chancellerie du Reich, il jure néanmoins fidélité à Hitler, le chef suprême. Simultanément, Hitler supprime le ministère de la Guerre qu'il remplace par une structure militaire, l’Oberkommando der Wehrmachtle Haut-Commandement des forces armées ») qu'il confie au général Wilhelm Keitel.

Au cours de cette opération, Hitler s'attribue en direct le commandement en chef des forces armées, fonction qui avait été exercée par Blomberg de 1935 à son départ. Blomberg et sa femme partent ensuite en lune de miel pendant un an sur l'île de Capri. L'amiral Erich Raeder estime que Blomberg doit se suicider et lui envoie le capitaine von Wangenheim pour l'inciter à agir ainsi. En dépit des demandes incessantes du capitaine qui va jusqu'à tenter de mettre une arme dans ses mains, Blomberg refuse d'obtempérer.

Arrestation et décès

Ensuite, Blomberg se retire dans sa propriété de Bad Wiessee dans les Alpes bavaroises, où il réside pendant le déroulement de la Seconde Guerre mondiale. Après la capitulation de l'Allemagne en 1945, Blomberg y est arrêté par les Alliés pour être jugé en tant que criminel de guerre ; il doit aussi être cité comme témoin au premier procès de Nuremberg qui juge les principaux dirigeants nazis. Pendant sa détention, il est exposé au mépris de ses anciens collègues et il apprend en outre que son épouse a l'intention de le quitter : sa santé commence à décliner ; le 12 octobre 1945, il note dans son journal qu'il ne pèse plus que 72 kg, malgré sa grande stature. Le 20 février 1946, on lui diagnostique un cancer colorectal : au cours de ses dernières semaines de vie, il est résigné, déprimé et refuse de s'alimenter. Il meurt peu après en mars et on l'enterre d’abord dans une tombe anonyme. Ses restes font ensuite l'objet d’une crémation et sont enterrés dans sa propriété de Bad Wiessee. 

Promotions

  • Leutnant 13 mars 1897
  • Oberleutnant 18 mai 1907
  • Hauptmann 20 mars 1911
  • Major 22 mars 1916
  • Oberstleutnant 20 décembre 1920
  • Oberst 1er avril 1925
  • Generalmajor 1er avril 1928
  • Generalleutnant 1er octobre 1929
  • General der Infanterie 30 janvier 1933
  • Generaloberst 31 août 1933
  • Generalfeldmarschall 20 avril 1936

Distinctions

  • Croix d'honneur des anciens combattants : Ehrenkreuz für Frontkämpfer
  • Insigne des blessés de guerre (1918) : Verwundetenabzeichen (1918) in Schwarz
  • Insigne de pilote-observateur en Or et brillants : Flugzeugführer- und Beobachterabzeichen in Gold mit Brillanten (ehrenhalber)
  • Croix de chevalier de l'ordre de la maison royale des Hohenzollern : Ritterkreuz des Königlichen Hausordens von Hohenzollern mit Schwertern
  • Croix de fer (1914) 2e. et 1re. Classe : Eisernes Kreuz (1914) 2. und 1. Klasse
  • Pour le Mérite

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