Dannecker Theodor

Publié le par Mémoires de Guerre

Theodor Dannecker est un SS-Hauptsturmführer, né le 27 mars 1913 à Tübingen et mort par suicide le 10 décembre 1945 à Bad Tölz. Il a notamment été le correspondant d'Adolf Eichmann à Paris (en tant que Judenberater) ; il a ensuite tenu des postes équivalents dans d’autres pays d’Europe centrale ou méridionale, se spécialisant dans l'organisation de la déportation des Juifs en vue de leur extermination. 

Dannecker Theodor

Avant guerre

Après avoir fréquenté une école de commerce, Dannecker travaille dans le secteur du textile puis devient en 1932 membre du parti nazi et de la SS. En 1934, il rejoint la SS-Verfügungstruppe, et un an plus tard en 1935, devient membre du Sicherheitsdienst (SD), service d'espionnage et de contre-espionnage. En mars 1937 Dannecker obtient une promotion au service chargé des Juifs au quartier général du SD ; en août 1940, il s'occupe du plan Madagascar au RSHA. Ce plan a pour but de déporter les Juifs d'Europe dans cette colonie française de l'époque. 

Sous l'ordre nazi

De septembre 1940 à août 1942, Dannecker dirige le service de contre-espionnage nazi à l'antenne du SD à Paris. En tant que chef, à Paris, de la section « IV J » de la Gestapo, chargée de la « question juive », il représente Eichmann, lui-même rattaché à Reinhard Heydrich qui dirige l’Office central de sécurité du Reich, le RSHA. Il y écrit un rapport sur « Le traitement de la question juive en France », en date du 1er juillet 1941, dit « rapport Dannecker », dans lequel on peut lire :

« En novembre 1940, un collaborateur de notre section aux questions juives a été délégué à la préfecture de police de Paris en qualité de représentant permanent de la section. À la suite de notre pression, un fichier juif complet et constamment tenu à jour a été constitué dans les plus brefs délais [il s'agit du fichier Tulard]. Ce fichier se subdivise en [un] fichier simplement alphabétique, les Juifs de nationalités française et étrangère ayant respectivement des fiches de couleur différentes, et des fichiers professionnels par nationalité et par rue. Cette section préfectorale a développé au cours des trois derniers mois l'activité suivante :

  • 61 rapports sur des citoyens français ;
  • 45 rapports sur des Juifs ;
  • 28 enquêtes sur des Juifs français ;
  • 10 enquêtes sur des Juifs étrangers ;
  • 42 interrogatoires ;
  • 46 arrestations et internements ;
  • 102 enquêtes au sujet de participations juives dans des entreprises commerciales ;
  • 68 enquêtes sur des déclarations de Juifs. »

Ce rapport Dannecker fournit ainsi une preuve supplémentaire de l'empressement d'une part importante des forces de l'ordre françaises à obéir aux ordres de l'occupant nazi, allant bien au-delà de l'article 3 de la convention d'armistice du 22 juin 1940. En raison d'un usage abusif de son poste, il est rappelé en août 1942 à Berlin. Son supérieur à Paris, Helmut Knochen, peut ainsi se débarrasser d'un collaborateur encombrant et indiscipliné. De janvier à septembre 1943, il est nommé conseiller aux questions juives à l'ambassade d'Allemagne à Sofia. Le gouvernement bulgare refuse de livrer les Juifs du pays. Il organise cependant la déportation des Juifs de Thrace et de Macédoine, des régions annexées par la Bulgarie en 1941. 

De septembre 1943 à janvier 1944, il prépare la déportation des Juifs italiens et au premier semestre 1944 celle des Juifs hongrois. Sous la coupe d’Adolf Eichmann, Theodor Dannecker est devenu un « expert de la question juive » et, après son affectation en France, un des principaux maillons dans l'extermination des Juifs d’Europe centrale et méridionale.

Décès

En décembre 1945, Dannecker est interné par l'Armée américaine dans la prison de Bad Tölz : il s'y suicide le 10 décembre 1945. 

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