Rosenberg Paul

Publié le par Roger Cousin

Paul Rosenberg (1881-1959) est un marchand d'art et un galeriste, célèbre pour avoir représenté parallèlement et parfois concurremment au grand découvreur Daniel-Henry Kahnweiler, Picasso, Braque. Il représentera aussi Matisse

Rosenberg Paul

Il est le frère d'un autre marchand d'art, Léonce Rosenberg dont les affaires ont été moins florissantes. Il débute en France en reprenant le magasin d'antiquités de son père, Alexandre Rosenberg, puis ouvre une galerie d'art à Paris en 1911 et une autre en Grande-Bretagne en 1935. Il part pour les États-Unis en 1940 afin d'échapper au nazisme et y ouvre une galerie à New York. Sa collection de peintures à Paris fut parmi celles pillées par les nazis pendant l'Occupation. Toutes les oeuvres volées n'auraient pas été restituées aux héritiers, comme le fut en 1999 un des Nymphéas de Claude Monet, issu de la collection de Joachim von Ribbentrop, ministre de Affaires Etrangères d'Adolf Hitler sous le Troisième Reich. Sont réapparues lors de ventes aux enchères publiques La Femme en Rouge de Léger vendue le 4 novembre 2003 pour 16 millions d'euros, l'Odalisque, harmonie bleue, de Matisse, le 6 novembre 2007, pour plus de 33 millions de dollars, et le 3 décembre 2007, plusieurs autres oeuvres vendues par Christie's-Paris, pour la somme totale de 14 millions d'euros...

Parmi les descendants de Paul Rosenberg figure sa petite-fille Anne Sinclair, célèbre journaliste française et épouse successive d'Ivan Levaï, puis de Dominique Strauss-Kahn. Détentrice d'une partie de la collection de son grand-père et membre depuis 2010 du conseil d'administration du Musée Picasso à Paris, elle a cédé en 2008 à l'Etat français sous forme de donation en paiement de la succession de sa mère, le tableau " Portrait de Madame Rosenberg et de sa fille " représentant sa grand-mère et sa mère. (Elise Karlin, Anne Sinclair, une femme d'influence ds "L'Express" du 13/04/2011, p.44) .

Dans son Journal, Jean Cocteau raconte une scène avec ce marchand d'art : Le jour de la mort de Renoir, je rencontre Paul Rosenberg. Il me dit: " Je suis marchand de tableaux, que voulez-vous, et je donne de petites sommes à la domestique de Renoir pour qu'elle m'annonce sa mort avant les autres. Elle me téléphone ce matin." Un monsieur arrive Rue La Boétie et je devine tout de suite qu'il sait et qu'il imagine que je ne sais pas. Bref, il veut acheter vivant et moi je fais semblant de vendre vivant et je vends mort. Vous suivez ? Le monsieur croit qu'il me roule." Paul Rosenberg commence alors à se rendre compte, d'après ma tête, que son histoire est sordide.

Et il ajoute: "Il y a quelqu'un qui a dû bien rire là-haut. C'est le père Renoir". Croyez-vous qu'il y ait des gens ignobles, des gens qui profitent de tout et même des morts?". ('"Le Passé défini", T III. 1954. Gallimard). Cette anecdote teintée d'un certain cynisme illustre un des principes quasiment intangibles du marché de la peinture, selon lequel la cote d'un artiste connu est généralement ascendante "Post mortem", du fait que sa production est définitivement terminée; le Journal d'un collectionneur marchand de tableaux de Réné Gimpel (Calmman-Lévy, 1963), un des grands collègues de Rosenberg, contient des anecdotes similaires.

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