2ème Division Blindée Française

Publié le par Mémoires de Guerre

La 2e division blindée (2e DB) est une unité de la 1re armée française de l'arme blindée et cavalerie créée pendant la Seconde Guerre mondiale par le général Leclerc. Elle est parfois appelée Division Leclerc ou même Armée Leclerc. L'héritière actuelle de ses traditions est la 2e brigade blindée (2e BB). 

2ème Division Blindée Française

Historique 

Seconde Guerre mondiale

Guerre du désert

La colonne Leclerc des FFL prend l'oasis de Koufra le 1er mars 1941 durant la guerre du Désert. Le lendemain, le général Leclerc prononce le serment de Koufra. L'année suivante, en 1942, la colonne Leclerc effectue une série de raids en direction du Fezzan (en Libye). En 1943, le Fezzan est conquis et la colonne Leclerc fait sa jonction avec la 8e armée britannique qu'elle accompagne dans la campagne de Tunisie où elle s'illustrera notamment à Ksar-Ghilane.

Naissance de la 2e DB

Le 15 mai 1943, cette force est transformée en 2e division française libre à Sabratha en Libye et le 24 août 1943, elle est renommée 2e division blindée à Témara (Protectorat français du Maroc). Le général Giraud, qui remplaçait depuis peu l'amiral Darlan (assassiné le 24 décembre 1942 à Alger), profite de la présence du président Roosevelt à Casablanca (lors de la conférence d'Anfa du 10 au 24 janvier 1943) pour obtenir l'aide américaine en équipement militaire moderne destiné aux troupes françaises (notoirement sous-équipées à cause des sévères clauses d'armistice de l'occupant germano-italien), ce qui permettra de transformer la 2e DB en redoutable division mécanisée et d'équiper l'Armée d'Afrique du général de Lattre de Tassigny.

Les effectifs de la 2e viennent en partie des Forces françaises libres, mais principalement de l’armée d'Afrique. Cette fusion dans une seule division d'unités provenant de ces deux armées est un cas unique. Cette division qui doit transiter par la Grande-Bretagne, est, selon les exigences des Américains et des Britanniques, « blanchie » lors de sa formation durant l'été 1943 et ne compte plus qu'un soldat noir, Claude Mademba Sy. Selon plusieurs historiens, tels Christine Levisse-Touzé et Olivier Forcade, les Nord-Africains quant à eux, au nombre de 3 603, représentent environ 25 % de ses effectifs. Principalement républicains espagnols, 500 volontaires étrangers rejoignent aussi ses rangs. Rééquipée de matériel américain, elle s'embarque le 11 avril 1944 à Casablanca et Mers el-Kébir pour le Royaume-Uni et débarque à Swansea après onze jours de traversée. 

Armement et articulation

Chaque char, armé d'un canon de 75 et de trois mitrailleuses et disposant d'un poste émetteur-récepteur, était servi par 5 hommes (un chef de char, un conducteur, un chargeur, un tireur et un mitrailleur). Ils disposaient d'armes individuelles (colts, mitraillettes), d'une centaine d'obus perforants, explosifs ou fumigènes et de milliers de cartouches de mitrailleuses (7,62 et 12,7) et de grenades. Chaque escadron se composait de 17 chars et de 3 half-tracks dont 2 servant d'ateliers mobiles de réparations. Il y avait aussi deux camions Dodge tractant des remorques et une pièce de 57 mm antichars. Un camion GMC transportait la réserve de carburant. Deux Jeeps destinées au capitaine et au lieutenant chef d'échelon. Au total, la division comptait 4 200 véhicules. 

Bataille de Normandie

À partir du 1er août 1944, elle débarque à St-Martin-de-Varreville, dans le secteur de débarquement d' Utah Beach, en étant rattachée à la IIIe armée américaine du général George Patton qui accueille favorablement le général Leclerc dès son arrivée. La division française est associée à la 5e division blindée et à la 79e division d’infanterie américaines pour former le 15e corps d'armée commandé par le général Haislip. Après son regroupement à La Haye-du-Puits (Manche), la division reçoit l'ordre d'avancer plein sud sur les routes du Cotentin (avant un bref séjour aux environs d'Avranches afin de parer à une contre-attaque de la 3e Panzer allemande) puis vers Le Mans, dans l'opération Cobra. Un peloton du Groupement Tactique Langlade voit brièvement le feu à Mortain lors de l'offensive allemande du 7 août, mais l'unité est cependant relevée rapidement de cette mission. En effet, profitant de l'avantage du « goulot » d’Avranches, Leclerc lance sa division vers Vitré et Château-Gontier, puis vers le Mans. 

La 2e division blindée dans la Sarthe

Du Mans, l'attaque du XVe corps d'armée américain du général Haislip en direction d'Alençon est prévue pour le 10 août à 7 heures. Pour ce faire, la manœuvre nécessite de faire pivoter au Mans toute la 5e division blindée américaine plein nord, avec pour axe de progression Savigné-l'Évêque, Bonnétable, Marolles-les-Braults, Mamers, puis la forêt de Perseigne. La 2e division blindée du général Leclerc reçoit la mission de mener la même offensive sur la gauche de la 5e division blindée, dans l'axe Le Mans - Alençon. La ville du Mans est libérée par les troupes américaines le 8 août. La 2e division blindée contourne la ville par l'ouest et le nord (voir La Chapelle-Saint-Aubin). De Sablé-sur-Sarthe, elle remonte vers Loué. Les Allemands mettent en place une ligne de défense sur l'axe Saint-Marceau à Bonnétable, avec les troupes de la 9e Panzerdivision, arrivée de Nîmes peu de temps auparavant. Se joignent à ce dispositif les débris de la 308e division blindée et de la 130e Panzer Lehr, principalement destinés à ralentir la progression des Alliés par des embuscades antichars. 

Fer de lance en Normandie

Le général Leclerc n'a alors de cesse de se porter à l'avant du dispositif du XVe corps. Après la Sarthe, la division Leclerc est à la pointe du dispositif américain, réalisant un mouvement d'encerclement. Rapidement, les troupes du XVe corps US se portent vers le nord, et c'est la 2e DB qui libère Alençon le 12 août 1944, si rapidement que les Allemands en sont décontenancés. Le général Patton, commandant la IIIe armée, ne tarit pas d'éloges au sujet du général Leclerc qui appliquait les principes de l'attaque à outrance depuis que les Français étaient entrés en Normandie. Aussi les Américains font-ils de la 2e DB le fer de lance de leur attaque vers Argentan pour fermer la poche de Falaise. Or, après de terribles combats dans le secteur de la Forêt d'Écouves, les troupes françaises se dispersent et débordent de leur secteur au sud d'Argentan, à tel point qu'ils ralentissent la progression de la 5e Division Blindée américaine à Sées. 

Les Américains, lancés vers Argentan, sont quelque peu retardés, et Leclerc se fait réprimander par le général américain commandant la 5e DB américaine car il n'a pas respecté les ordres, retardant peut-être la fermeture de la poche de Falaise-Argentan. Les Français de Leclerc, ayant libéré Carrouges et Ecouché le 13 août, lancent une unité de reconnaissance au centre d'Argentan, mais cette unité est chassée par des blindés allemands lors d'une contre-attaque. Il est clair que les Allemands vont défendre la ville avec acharnement. Leclerc, qui occupe un temps les hauteurs sud de la cité normande, demande alors l'autorisation d'envoyer le gros de ses troupes vers Paris pour libérer la capitale. Le haut-commandement américain et notamment Eisenhower doit trancher. 

Libération de Paris

Initialement, le général Eisenhower souhaite après le débarquement réussi foncer sur l'Allemagne en contournant Paris. Convaincu par de Gaulle et les services secrets alliés de l'importance symbolique de la capitale (la ville devant être libérée par des Français) mais aussi stratégique (les Allemands de Paris constituent une menace sur les flancs de l'armée alliée), il donne finalement l'ordre à Leclerc de marcher sur Paris le 22 août 1944. Le jour même en début d'après-midi, ce dernier a pris l'initiative (ce qui confine à l'insubordination puisqu'il désobéit au général Gerow) de diriger vers Versailles un détachement de sa division, le groupement Guillebon. Suivant l'ordre reçu de leur chaîne de commandement, les unités de combat américaines s'arrêtent quelque temps devant Argentan afin de pousser la 2e DB vers l'avant en prévision de la libération de Paris. Le haut commandement finit par insister : Paris doit être libéré par des Français. Les Américains permettent ainsi aux combattants de la 2e DB de se distinguer en devenant la première unité alliée à entrer dans Paris, les 24 et 25 août 1944 et de recevoir la reddition de Dietrich von Choltitz.

La 2e DB quitte Paris le 8 septembre 1944 au matin et marche vers l'Est. Elle affrontera les forces allemandes de Manteuffel puis de Feuchtinger. À Dompaire, le 13 septembre 1944, elle écrase la 112e Panzerbrigade (59 chars détruits) qui disparait de l'ordre de bataille allemand. Elle libère Baccarat le 1er novembre. Elle marque une pause devant la Vor-Vogesen-Stellung, ligne allant de Blâmont à Badonviller, le long des Vosges, du Donon à la région de Bitche. Puis libère Sarrebourg. Elle barrait, au nord, la trouée de Saverne et la route de Strasbourg. La 2e DB traverse quand même les Vosges en passant par Dabo grâce à une manœuvre rapide et hardie au nez et à la barbe des Allemands (comme les affectionnait Leclerc) : cette manœuvre permet de libérer Strasbourg rapidement (objectif ultime du serment de Koufra de 1941). 

Libération de Strasbourg

La route menant à Strasbourg est jalonnée de sévères combats. Le 23 novembre 1944, Strasbourg est libérée. Lorsque le lieutenant-colonel Rouvillois entre dans Strasbourg, il lance la célèbre phrase codée « Tissu est dans iode » pour signaler sa réussite dans la prise de la capitale alsacienne.

Le Berghof, la résidence secondaire de Hitler

Le 4 mai 1945, un détachement de la 2e DB arrive à Berchtesgaden. Selon certains auteurs, les éléments de la 2e D.B. sont les premiers à s'introduire dans le Kehlsteinhaus (le nid d'aigle), dès la nuit du 4 au 5 mai (une remarque: le Berghof et le nid d'aigle , sont deux bâtiments différents , proches l'un de l'autre). En réalité, plusieurs unités revendiquent le fait que leurs hommes aient atteint les premiers le "Nid d'aigle", notamment :

  • Les éléments de la 2e division blindée française, Georges Buis et Paul Repiton-Préneuf, qui auraient été présents dès la nuit du 4 au 5 mai, et auraient dû partir le 10 sur demande du commandement américain, après avoir pris de nombreuses photographies.
  • La 3e division d'infanterie américaine, soutenue par les écrits de Herman Louis Finnell, du 7e régiment, 1re compagnie, ce que confirme le général Maxwell D. Taylor, affirma avoir été présente dès le 10 mai.
  • L’Easy Company, du 506e régiment d'infanterie, 101e division aéroportée américaine prétend également être arrivée la première.

Pertes

L'unité compte 1 687 tués dont 108 officiers, 5 000 blessés et 58 tanks légers et moyens perdus tandis qu’elle cause aux forces de l’Axe la perte de 12 000 soldats tués, ainsi que 11 000 prisonniers allemands capturés à Paris, 6 000 prisonniers allemands capturés à Strasbourg, enfin 118 tanks lourds et moyens détruits. Le Service historique de la défense indique 1 224 tués (dont 96 Nord-Africains) et 5 257 blessés (dont 584 Nord-Africains) du 4 août 1944 au 8 mai 1945. Le Monument commémoratif place du 25 août 1944 à Paris liste les noms de 1 658 soldats de Leclerc morts pour la France entre 1940 et 1946. Près de 8 % sont des soldats maghrébins. 

Après-guerre

La 2e DB est dissoute le 31 mars 1946 avant de renaître plus tard. Dans le cadre de la refondation de l'armée de terre supprimant le niveau divisionnaire, la 2e division blindée a été renommée 2e brigade blindée. À partir de 1946 et jusqu'en 1952, les Anciens de la division s'établissent dans le petit hôtel de Villars, au no 118, rue de Grenelle (Paris), sous la protection de la veuve du marquis de La Ferronnays, propriétaire des lieux. À leur départ, l'hôtel est confié à la communauté apostolique Saint-François-Xavier, fondée par Madeleine Daniélou, pour y installer l'école de jeune fille Sainte-Marie des Invalides, devenue en 2016 le lycée Paul Claudel-d'Hulst. 

Marche

La marche de la 2e DB a été composée par Maurice Le Roux en 1944 et interprétée pour la première fois au château de Saint-Germain-en-Laye le 11 mars 1945 en présence du général Leclerc. Une plaque apposée dans les jardins du château rappelle cet événement. 

Décorations

La 2e DB a été citée 2 fois à l'ordre de l'Armée (28 décembre 1944 et 10 janvier 1945) et a reçu la Presidential Unit Citation notamment pour la libération de Strasbourg.

2ème Division Blindée Française

Création et différentes dénominations

  • 1er mars 1941 : la colonne Leclerc remporte sa première victoire à Koufra et fait serment de ne déposer les armes que « quand les belles couleurs françaises flotteront sur la cathédrale de Strasbourg ».
  • Février 1943 : la colonne Leclerc devient la "Force L" (comme Leclerc) dans le cadre de la 8e armée britannique.
  • Mars 1943 : la "Force L" reçoit le renfort de la "Colonne volante", commandée par le commandant Jean Rémy.
  • 30 mai 1943 : la "Force L" devient officiellement la 2e DFL (division française libre).
  • 24 août 1943 : la 2e DFL devient la 2e DB (division blindée).
  • 31 mars 1946 : dissolution.
  • 1977 : nouvelle création de la 2e DB.
  • 1999 : devient la 2e BB (brigade blindée).

Stationnement État-major

  • 11 mars 1945 - 31 mars 1946 : Visite du général Leclerc. La marche de la 2e D.B. retentit pour la première fois. L'état-major de la 2e DB s'installe à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise).
  • 1959 - 1977 : État-major 2e BM rattachée à la 8 DM, est basé à Saint-Germain-en-Laye.
  • 1977 - 1979 : État-major 2e DB est basé à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines).
  • 1979 - 1997 : État-major 2e DB s'installe à Versailles (Yvelines), dans l'aile gauche de la Grande Écurie du Roi.
  • 1997 - 1999 : l'état-major de la 2e division blindée fusionne avec celui de la 10e division blindée de Châlons-en-Champagne.
  • 1999 - 2010 : l'état-major 2e brigade blindée s'installe à Orléans au quartier Bellecombe (Loiret).
  • Juillet 2010 : l'état-major 2e BB s'installe à Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin) au quartier Leclerc.

Unités

Fourragère de l’Ordre de la Libération

  • Régiment de Marche du Tchad
  • 501e Régiment de Chars de Combat
  • 1er Régiment de Marche de Spahis Marocains
  • 3e Régiment d'Artillerie Coloniale

Fourragère avec olive aux couleurs du ruban de la médaille militaire et de la Croix de guerre 1939-1945 (4 citations à l'ordre de l'Armée)

  • Régiment de Marche du Tchad

Fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1939-1945 (2-3 citations à l'ordre de l'Armée)

  • 501e Régiment de Chars de Combat
  • 12e Régiment de Chasseurs d'Afrique
  • 12e Régiment de Cuirassiers
  • 1er Régiment de Marche de Spahis Marocains
  • 64e Régiment d'Artillerie d'Afrique
  • 3e Régiment d'Artillerie Coloniale
  • 40e Régiment d'Artillerie Nord-Africain

Commandants de la division

  • 28 juin 1943 : Général Leclerc ; la DFL devient la 2e DB.
  • 22 juin 1945 : Colonel puis général Dio (passation de commandement)
  • 1981-1983 : Général Servranckx
  • 1987-1989 : Général de division Hervé Zwingelstein

Composition

Unités de la 2e DB en 1944

Unités de combat

  • 3 Régiments de chars :
    • 501e Régiment de Chars de Combat
    • 12e Régiment de Chasseurs d'Afrique
    • 12e Régiment de Cuirassiers
  • 1 Régiment de reconnaissance :
    • 1er Régiment de Marche de Spahis Marocains (automitrailleuses)
  • 1 Régiment de chasseurs de chars :
    • Régiment blindé de fusiliers-marins (tanks destroyers M10 Wolverine)
  • 1 Régiment d'infanterie portée :
    • Régiment de Marche du Tchad
      • 1er bataillon du Régiment de marche du Tchad
      • 2e bataillon du Régiment de marche du Tchad
      • 3e bataillon du Régiment de marche du Tchad
  • 3 Régiments d'Artillerie :
    • 3e Régiment d'Artillerie Coloniale
    • 64e Régiment d'Artillerie
    • 40e Régiment d'Artillerie Nord-Africain
  • 1 groupe d'Artillerie anti-aérienne :
    • 22e groupe colonial de F.T.A.
  • 1 bataillon du Génie :
    • 13e Bataillon du Génie
    • 3 Compagnies de combat et d'équipage de pont
    • Unités de transmissions
    • Unités de transport
    • Service
  • 1 bataillon médical :
    • 3 compagnies médicales
    • 1re compagnie médicale et groupe d'ambulancières Rochambeau (Rochambelles)
    • 2e compagnie médicale et groupe d'ambulancières de la Marine (Marinettes)
    • 3e compagnie médicale et groupe de volontaires anglais (quakers)
    • 1 détachement de la circulation routière (DCR)
  • Total des véhicules de combats à la formation :
    • 85 Chars légers M3 Stuart (type M3A3)
    • 165 Chars moyens M4 Sherman
    • 36 Chasseurs de chars M10 Wolverine
    • 64 automitrailleuses
    • 664 Half-track et Scout Car
    • 27 Obusiers de 75 mm automoteurs (type M8 HMC)
    • 54 Obusiers de 105 mm automoteurs (type M7 Priest)
  • Unités organiques
    • Compagnie de transmissions 97/84
    • 97e compagnie de quartier général
    • 197e compagnie de transport
    • 297e compagnie de transport
    • 397e compagnie de circulation routière
    • 497e compagnie de services
    • 13e groupe d'exploitation
    • 15e groupe d'escadrons de réparation
    • 13e bataillon médical

Les républicains espagnols et la Nueve

Environ 300 à 350 Espagnols, vétérans de la guerre d'Espagne, passés par les camps d'internement de la République Française puis engagés volontaires dans la Légion Étrangère pour échapper à l'expulsion vers l'Espagne franquiste décidée par Pétain, furent transférés avec leur unité à Oran. Après le débarquement américain en Afrique du Nord, ils participèrent à l'écrasement de l'Afrika Korps en Tunisie au sein des Corps Francs d'Afrique constitués sous le commandement du général Giraud pour s'intégrer dans le corps d'armée américain. Sitôt après, au moment de la prise du pouvoir par De Gaulle à Alger et de l'élimination de Giraud, ces républicains espagnols désertèrent à l'instigation d'officiers recruteurs gaullistes très chaleureux en qui ils reconnaissaient les rebelles engagés qu'ils étaient eux-mêmes et que redoutaient leurs précédents officiers, et s'engagèrent en partie dans la 2e DB en cours de formation. Ils étaient réunis pour la plupart (146 des 160 soldats composant cette compagnie) dans la 9e Compagnie — baptisée « la Nueve » — du Régiment de marche du Tchad (RMT), commandée par le capitaine Raymond Dronne, gaulliste de la première heure.

Cette compagnie hispanohablante au sein de la 2e DB a combattu à partir du débarquement en Normandie avec un objectif dépassant largement Strasbourg, un engagement politique toujours aussi affirmé et en outre une expérience remontant à 1936 qui en firent une unité d'élite. C'est à cette unité du capitaine Raymond Dronne que le général Leclerc en personne, conscient de l'audace de la manœuvre, confie, le 24 août 1944, l'ordre de passer au plus vite la ceinture défensive allemande au sud de Paris où se passent les combats et où de nombreux soldats de la division ont déjà perdu la vie, d'annoncer à la population l'arrivée de la division pour le lendemain et de rejoindre les insurgés. Une section restant en panne, le capitaine Dronne réunit deux sections de la 9e compagnie du RMT, une section de chars de la 2e compagnie du 501e RCC et une section du 13e bataillon du génie. Ainsi, appuyés par trois chars Sherman du 501e RCC, qui portaient les noms de Romilly, Champaubert et Montmirail et de leurs camarades du génie, ces républicains espagnols furent les premiers à entrer le soir du 24 août dans la capitale pour la Libération de Paris et à parvenir par les Portes d'Orléans et d'Italie place de l'Hôtel de Ville sur leurs véhicules blindés légers, onze half-tracks portant les noms de Guadalajara, Madrid, Ebro, Guernica, etc. C'est encore à la Nueve que le général De Gaulle confie sa sécurité pour défiler sur les Champs-Élysées, le lendemain du fameux discours « Paris outragé… », alors que la foule était encore l'objet de tirs allemands sporadiques. 

Faits divers

En octobre 2009, huit tombes de soldats marocains de la 2e DB inhumés au carré militaire du cimetière de Montjoie-Saint-Martin ont été recouvertes de symboles nazis. Ces soldats avaient participé à la libération d’Avranches, situé à une trentaine de kilomètres, au sein de la 2e DB. Le carré militaire de ce cimetière civil comprend aussi deux tombes de soldats français qui n’ont pas été dégradées. 

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