Dohse Friedrich

Publié le par Mémoires de Guerre

Né le 2 Juillet 1914 à Elmshorn, marié trois enfants, Friedrich Dohse est membre des SS depuis le 1er janvier 1936. 

Dohse Friedrich

Carrière

Il est nommé le 13 Juin 1941 à Paris à l’Etat Major de Boemelburg. Dohse sera très apprécié de Knochen, et de Hagen, (chef de cabinet d’Oberg), qui soutiendront constamment ses activités à Bordeaux. Muté à Bordeaux en Janvier 1942 pour créer la section IV (Gestapo), Dohse restera en fonction jusqu’au 24 août 1944, (quelques jours avant l’évacuation de la ville par les troupes allemandes) et partira avec un convoi comportant des tonnes d’archives... qui inquiètent encore Bordeaux aujourd’hui. Ses " résultats" et son influence sur les responsables allemands sont tels, que Knochen (l’adjoint du général Oberg), viendra le décorer à deux reprises à Bordeaux, de la croix de fer de 2ème classe puis de la croix de fer de 1ère classe.

Durant les six premiers mois de 1942, il avait travaillé avec le SS Herbert Hagen envoyé à Bordeaux en Juin 1940 avec un Sonderkommando. Rappelons qu’Hagen, antisémite et anti-français déterminé, avait d’abord travaillé avec Eichmann à Berlin au sein du RSHA. C’est lui qui proposa le port de l’étoile jaune et établira le premier fichier des Juifs de Gironde. En juin 1942, il sera appelé à Paris auprès d’Oberg et soutiendra toujours son Dohse dans ses actions. Après la guerre, Hagen se mettra au service des Français et ne sera donc pas inquiété.

Arrivé à Bordeaux

Après son stage à Paris au siège de la police SS et de la Gestapo, Dohse est muté à Bordeaux le 25 janvier 1942 et devient responsable de la section IV du KDS (100 personnes environ). Son service comprenait une douzaine d’agents allemands, une centaine de sous-agents français rétribués. Dohse disposait en outre d’un commando de 25 mercenaires dénommé "Hauskapelle", des Français, farouches collaborateurs, qui opéraient soit en civil soit en uniforme SS, pour effectuer les missions de basse police dont les Allemands ne voulaient pas se charger eux mêmes.

Dohse s’était aussi assuré la collaboration de la SAP, (brigade d’inspecteurs chargés des affaires politiques), dirigée par le tristement célèbre Pierre Poinsot, auquel la Gestapo attribuait de sommes variant de 25 000 à 50 000 francs. Dohse parle de Poinsot et de ses policiers en ces termes : "Le nombre des arrestations effectuées par Poinsot est très important et en définitive plus élevé que celui effectué par nos services. Poinsot nous présentait une liste sur laquelle figurait le nom de ses inspecteurs collaborant et en face duquel figurait une somme donnée en raison de l’activité de chacun. Je peux vous citer : Evrard, Celerier, Langlade, Tournadour, Delbos et Chiron à la Rochelle, moins brutal que Poinsot, et qui nous livra 184 résistants...". (déposition de Dohse, le 28 juillet 1948).

Après guerre

A la fin de la guerre Dohse s'enfuit, il est arrêté au Danemark. Jugé à Bordeaux en 1953. Beaucoup de preuves ont disparu, il est condamné à 7 ans de prison. Les ayant fait préventivement, il est relâché. Finit tranquillement sa vie en Allemagne à Kiel.

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Salles 01/12/2018 09:22

Jean-Joseph Sanfourche (1929-2010), réside à Talence jusqu'en 1932 puis son père, Arthur Sanfourche, pilote d'essai, mécanicien de l'armée de l'air française et résistant. Arthur fut ainsi le mécanicien de Louis Bastié, pilote d’essai. Après la mort de celui-ci lors d’un accident d’avion en 1925, Arthur Sanfourche devint le mécanicien de Maryse Bastié, l’épouse de Louis Bastié.
Il est arrêté en 1942 avec sa famille par la Gestapo de Friedrich Dohse. Son père, membre de la Résistance intérieure française, meurt à une date non précise, fusillé en 1943 ou mort de maladie en détention en 1945. Ne pas oublier Claude Bonnier Ingénieur de l'Aéronautique, résistant français, né le 4 novembre 1897 à Paris et mort le 10 février 1944 au Bouscat en banlieue de Bordeaux (suicide par ingestion de cyanure quelques heures après son arrestation par les Allemands). Trahi par les adjoints de Camplan qui collaborent avec Friedrich Dhose, le chef de la Gestapo de Bordeaux.