Hardy René

Publié le par Roger Cousin

René Hardy, né le 31 octobre 1911 à Mortrée (61) et mort le 12 avril 1987 à Melle, est un résistant ou un collaborationniste et écrivain français, cadre à la SNCF. 

Hardy René

Il lui fut reproché d'avoir dénoncé à la Gestapo le dirigeant de la Résistance Jean Moulin ainsi que d'autres résistants. Une source assure qu'il appartenait au groupe de Résistance Combat, l'autre que c'était au groupe Résistance-Fer, un groupe de Résistance des cheminots français dominé par les communistes. Sous le nom de guerre de Didot, il était considéré comme un spécialiste du sabotage des trains. Il réalisa plusieurs actions de sabotage. Hardy fut arrêté par la Gestapo le 7 juin 1943 puis libéré, après avoir été interrogé par Klaus Barbie, le chef de la Gestapo connu sous le nom de « Boucher de Lyon », dans la salle de torture de l'Hôtel Terminus à Lyon, dont Barbie avait fait son quartier général provisoire.

Le 21 juin, la Gestapo suivit Hardy à un rendez-vous chez un médecin, le Docteur Frédéric Dugoujon, qui habitait Caluire-et-Cuire dans la banlieue de Lyon, rendez-vous auquel à vrai dire Hardy n'avait pas du tout été invité. C'est ainsi que la Gestapo fut conduite à une rencontre entre huit membres importants de la Résistance et Jean Moulin qui ne s'étaient pas doutés auparavant de la présence de Hardy. La rencontre était camouflée en consultations médicales chez le Docteur DugoujonMoulin avait laissé à André Lassagne le soin d'organiser la rencontre à laquelle Henri Aubry devait également venir. Craignant de perdre à cette occasion sa position de chef d'état-major général de l'Armée secrète, Aubry contacta Hardy contrairement à toutes les instructions et l'invita à la rencontre chez le Docteur Dugoujon.

Tous ceux qui étaient présents furent arrêtés, seul Hardy put s'échapper et au dire des témoins oculaires, les policiers le laissèrent s'enfuir de façon étrange. Les Allemands ouvrirent bien le feu sur lui, mais il ne fut que légèrement blessé. A l'hôpital, il reçut des soins médicaux et une nouvelle fois il échappa de manière étrange aux gardiens de la Gestapo. Certains croient qu'il fut libéré pour le récompenser de sa trahison, et ils rappellent qu'il avait été le seul à n'avoir pas à la dernière minute participé à la rencontre secrète du 9 juin à Paris, au cours de laquelle le général Charles Delestraint, chef de l'Armée secrète fut arrêté par la Gestapo.

Ce qui est certain, c'est que les précisions sur le lieu et la date de cette rencontre avaient été livrées non codées en raison d'une négligence dans une boîte postale morte que la Gestapo connaissait et surveillait. Selon une thèse, Hardy, déjà arrêté le 7 juin, avait été libéré par Klaus Barbie qui voulait jouer avec lui au jeu du chat et de la souris. D'autres pensent que René Hardy était simplement trop négligent. Il est sûr qu'il était surveillé par Gestapo pendant son voyage à Paris, Barbie connaissait son identité réelle et Hardy se déclara prêt à collaborer avec lui. Hardy ne connaissait pas du tout Moulin. À la libération, il est arrêté le 12 décembre 1944, mais acquitté par la cour de justice de la Seine. De nouveau arrêté le 24 mars suivant, il est acquitté derechef le 8 mai 1950, cette fois par le tribunal militaire.

Lors de son procès à Lyon, en 1987, Barbie expliqua qu'Hardy avait travaillé pour lui comme agent double. Hardy mourut peu de temps après sans qu'une nouvelle accusation eût été portée contre lui. Un film TV récent sur la vie et la mort de Jean Moulin décrivait René Hardy comme un collaborateur de la Gestapo, ce qui ranima la controverse. La famille de Hardy essaya de porter plainte contre les producteurs du film.

Publié dans Résistants

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article