Wachter Otto

Publié le par Mémoires de Guerre

Otto Gustav Wächter (8 juillet 1901, Vienne, Autriche-Hongrie - 14 juillet 1949, Rome, Italie, Freiherr von Wächter en 1918-1919) est un avocat autrichien, un homme politique nazi et un membre de haut rang de la SS, une organisation paramilitaire du parti Nazi. Pendant l'occupation de la Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale, il est gouverneur du district de Cracovie au sein du gouvernement général, puis du district de Galicie (aujourd'hui pour la majeure partie en Ukraine). Plus tard, en 1944, il est nommé chef de l'administration militaire allemande dans l'État fantoche de la république de Salò en Italie. Pendant les deux derniers mois de la guerre, il est responsable des forces non allemandes à l'Office central de la sécurité du Reich (RSHA) à Berlin.

En 1940, 68 000 Juifs sont expulsés de Cracovie et en 1941, le ghetto de Cracovie est créé pour les 15 000 Juifs restants, le tout sous les ordres de Wächter. Le 28 septembre 1946, le gouvernement polonais demande au gouverneur militaire de la zone des États-Unis que Wächter soit livré en Pologne pour y être jugé pour « meurtres de masse, fusillades et exécutions. Sous son commandement du district de Galicie, plus de cent mille citoyens polonais ont perdu la vie, [...] ». Il réussit à échapper aux autorités alliées pendant quatre ans. En 1949, Wächter est accueilli par l'évêque autrichien pro-nazi Alois Hudal au Vatican où il meurt la même année, à 48 ans, d'une maladie rénale. 

Wachter Otto

Jeunes années et activisme nazi

Otto Gustav Wächter était le troisième enfant et le seul fils de Martha (née Pfob), fille du propriétaire de l'hôtel Graben dans le centre de Vienne. Son père, Joseph Wächter, est né en Bohême du Nord et a servi dans l'armée austro-hongroise. Au cours de la dernière année de la Première Guerre mondiale, Joseph Wächter est décoré de la croix de chevalier de l'ordre de Marie-Thérèse, ce qui lui valut le titre de Freiherr (baron) et la particule « von » qu'il peut accoler à son nom « Wächter ». En 1922, après la création de la Première République autrichienne, il est nommé à deux reprises ministre de la Défense dans le cabinet de Monseigneur Ignaz Seipel. Otto Wächter a passé ses premières années à Vienne avant que la famille ne déménage à Trieste (qui faisait alors partie de l'Autriche-Hongrie) en 1908. Pendant toute la durée de la Première Guerre mondiale, il a vécu dans le sud de la Bohême, où il a étudié et obtenu son baccalauréat en 1919 à České Budějovice, où la vie quotidienne était marquée par les différences nationales entre Allemands et Tchèques. Dans le même temps, de 1919 à 1922, il fait partie du Freikorps Deutsche Wehr

La famille revient ensuite à Vienne, où Wächter étudie le droit et rejoint diverses organisations nationales et sportives. En 1923, il passe du Freikorps Deutsche Wehr à la SA et devient champion d'Autriche de rame en M8+ (équipe de huit rameurs). Il a obtenu son doctorat en 1925 et a commencé à exercer la profession d'avocat en 1929. Parmi ses clients figuraient des membres inculpés du parti nazi, qu'il a rejoint le 24 octobre 1930 (inscrit no 301093). Le 11 septembre 1932, Wächter épouse Charlotte Bleckmann (née le 20 octobre 1908), fille d'un magnat de l'acier styrien. Wächter continua à travailler pour le Parti nazi à Vienne en tant qu'organisateur et défenseur des accusés nazis devant les tribunaux et joua par la suite un rôle de premier plan dans l'organisation du Putsch de juillet 1934, qui échoua et mena finalement à l'assassinat du Chancelier Engelbert Dollfuss. Après l'échec du coup d'État, Wächter s'enfuit en Allemagne nazie. Il entra dans la SS le 1er janvier 1932 (SS n° 235368) et effectua un service militaire allemand à Freising, en Bavière. En 1935, sa citoyenneté autrichienne lui est retirée et la citoyenneté allemande lui est accordée alors qu'il terminait sa formation académique et sa formation d'avocat en Allemagne. En 1937, il commença à travailler dans les organisations d'aide aux réfugiés nazis autrichiens à Berlin. 

Secrétaire d'État dans le gouvernement nazi à Vienne

Après l'Anschluss (l'annexion de l'Autriche à l'Allemagne nazie), le 12 mars 1938, Wächter occupa le poste de commissaire d’État au sein du "ministère de la liquidation" sous le gouverneur nazi d'Autriche, Arthur Seyss-Inquart, du 24 mai 1938 au 30 avril 1939. L'organe gouvernemental qu'il dirigeait, la "Commission Wächter" fut responsable du renvoi et/ou du départ forcé de tous les responsables autrichiens qui ne se conformaient pas au régime Nazi. Du fait du strict antisémitisme de l'ancienne bureaucratie autrichienne, seule une petite fraction des fonctionnaires a été licenciée. 

Gouverneur de Cracovie

Après la défaite de la Pologne en septembre 1939, les Allemands créèrent un État connu sous le nom de gouvernement général, dirigé par Hans Frank. Jusqu'en 1940, son adjoint était Arthur Seyss-Inquart, qui emmena Otto Wächter avec lui au gouvernement général, où il fut nommé gouverneur du district administratif de Cracovie. Dès le début, Wächter s'avéra être un administrateur efficace. Il comprit que les politiques de discrimination raciale, de force brute et de coercition privaient l'Allemagne d'une aide matérielle substantielle et aliénait de larges pans de la population locale, en préférant s'inspirer de l'expérience du Gouvernement autrichien jusqu'à la Première Guerre mondiale. En tant que gouverneur de Cracovie, il était sous la supervision directe de Frank et devait faire face aux actions fanatiques des SS et de la police locale.

L'arrestation, le 6 novembre 1939, de tous les professeurs et universitaires de l'université Jagellon et d'autres institutions académiques et leur déportation ultérieure vers le camp de concentration de Sachsenhausen, appelée Sonderaktion Krakau entraîna une condamnation mondiale. Wächter a publiquement critiqué l'action qui s'est déroulée à son insu et aurait tenté de libérer les universitaires Néanmoins, en raison de "l'action spéciale Cracovie", il fut inculpé par les Polonais exilés à New York le 16 octobre 1942. En sa qualité de gouverneur, un mandat d'exécution contre 52 Polonais de Bochnia fut délivré le 18 décembre 1939 sous la signature de Wächter, en représailles pour le meurtre de deux policiers viennois. De même, en décembre 1940, un décret organisant l'expulsion des 68 000 Juifs de la ville porte également sa signature, ainsi qu'un autre décret, publié le 3 mars 1941 et ordonnant aux 15 000 Juifs restants de s'installer dans le ghetto de Cracovie nouvellement créé (" zone de résidence juive ").

Wächter, contrairement à sa femme qui était souvent en compagnie des Frank, essaya de garder ses distances avec la famille de son supérieur. Les Wächter vivaient dans une villa pseudo-romane à Przegorzaly, sur une pente raide au-dessus de la Vistule, près de Cracovie, qui appartenait auparavant au professeur Szyszko-Bohusz, chef des mesures de restauration du château royal de Wawel, avant la guerre. L'atmosphère du bâtiment confisqué ne rencontra pas l'approbation de la femme de Wächter, qui construisit ce qu'elle appela "le château de Wartenberg". Frustré par les graves limitations de son rôle, Wächter allait démissionner de son bureau à Cracovie, quand il reçut une nouvelle affectation en Galicie.

Gouverneur de Galicie

Après l'opération Barbarossa, l'invasion allemande de l'Union soviétique lancée le 22 juin 1941, la partie orientale de l'ancienne province autrichienne de Galicie, occupée par les Soviétiques, fut rattachée au Gouvernement général sous le nom de district de Galicie. Sa capitale, connue sous les noms de Lviv (ukrainien), Lwów (polonais) et Lemberg (allemand), était — après Vienne, Budapest et Prague — la plus grande de l'Empire austro-hongrois, où Polonais, Ukrainiens et Juifs avaient vécu ensemble pendant des siècles. Le premier gouverneur allemand fut Karl Lasch, un ami intime de Frank, qui fut plus tard arrêté et fusillé sur ordre du Reichsführer-SS Heinrich Himmler pour de nombreuses activités sur le marché noir. Wächter fut choisi par Adolf Hitler "comme le meilleur homme sur place" et nommé gouverneur le 22 janvier 1943.

Sa première visite officielle a été celle de l'influent et respecté métropolite catholique grec Andrij Aleksander Szeptycki (Sheptytsky). Avec son aide, Wächter s'efforça de promouvoir une plus grande coopération entre les occupants Allemands et les différents éléments ethniques du district de Galicie. Par conséquent, il s'est immédiatement trouvé en conflit avec le SS-Obergruppenführer Friedrich-Wilhelm Krüger, le représentant du Reichsführer au gouvernement général et exécuteur de ses programmes de réinstallation à grande échelle. Lors de la réunion du gouvernement à Cracovie le 17 février, Wächter s'est publiquement opposé au projet de "germanisation" de la ville de Lemberg, qui aurait entraîné l'expulsion de toute sa population : "Une colonisation allemande de l'Est pendant la guerre provoquerait l'effondrement de la production".

L'opposition persistante de Wächter à la politique de Krüger conduisit à un certain nombre de confrontations ouvertes. Pour éviter d'autres altercations, Himmler a offert à Wächter la chance de déménager à Vienne, ce qu'il a refusé. En tant que gouverneur de Galicie, tout en demeurant fermement convaincu du principe "l'Allemagne d'abord", son administration prenait souvent des initiatives pour répondre aux souhaits de la population. Il a souvent été obligé d'utiliser son influence et ses relations en contournant d'abord le gouverneur général Hans Frank et en exploitant les relations tendues entre Frank et Himmler pour poursuivre ses propres politiques. Wächter a consciemment choisi des hommes aux opinions libérales pour les postes clés de son administration, notamment les chefs de son département Otto Bauer et le Dr Ludwig Losacker, qu'il a consultés avant de décider de toutes les questions importantes.

Fin 1942, Wächter visita le Reichskommissariat Ukraine (RKU) (Ukraine de l'Est) pour voir de ses propres yeux l'effet de l'application de la philosophie nazie des Untermensch (sous-hommes) par le gauleiter Erich Koch et ses politiques de répression et de soumission. A son retour en décembre 1942, il envoya une lettre secrète de dix pages à Martin Bormann au siège du Führer à Berlin, critiquant les graves erreurs commises dans le traitement des Ukrainiens. Alors qu'il était gouverneur de Galicie, il créa une division de la Waffen-SS recrutée parmi la population ukrainienne de Galicie, sous tutelle allemande, pour lutter contre les bolcheviks qu'elle haïssait. La formation de l'unité fut approuvée par Himmler après la désastreuse défaite allemande à Stalingrad. Wächter soumit la proposition à Himmler le 1er mars 1943 et, le 28 avril, la division SS Galizien fut publiquement inaugurée. 

Otto von Wächter, Charlotte et leurs enfants à Thumersbach (Autriche) 1944 - Otto von Wächter et sa famille, Austriche, 1948
Otto von Wächter, Charlotte et leurs enfants à Thumersbach (Autriche) 1944 - Otto von Wächter et sa famille, Austriche, 1948

Otto von Wächter, Charlotte et leurs enfants à Thumersbach (Autriche) 1944 - Otto von Wächter et sa famille, Austriche, 1948

La fin de la guerre

Avec la perte de tout le district de Galicie le 26 juillet 1944 au profit de l'Armée rouge, Wächter chercha à être libéré de ses obligations administratives au sein du Gouvernement général afin de pouvoir prendre un poste dans la Waffen-SS. En réponse, Himmler accepta d'ordonner sa libération à la condition qu'il prenne part à une nouvelle commission, comme « chef de l'administration militaire du général de la Wehrmacht en Italie » dirigée par le SS-Obergruppenführer Karl Wolff. Himmler estimait que Wächter serait "d'une immense utilité dans ce domaine tout aussi intéressant et difficile". En assumant son nouveau poste, Wächter s'installa à Gardone sur le lac de Garde.

Alors que la situation allemande au front s'aggravait de jour en jour, les autorités nazies, dans une vaine tentative de reprendre l'initiative militaire, devinrent de plus en plus désespérées et cherchèrent à exploiter les mouvements anti-bolcheviks d'Europe de l'Est. Ce faisant, le 30 janvier 1945, Himmler nomma Wächter à la tête du groupe D du RSHA à Berlin, qui cherchait à utiliser et à combiner l'Armée de libération russe du général Andrey Vlasov et l'Armée nationale ukrainienne nouvellement formée qui comprenait la 1re Division ukrainienne (ex-14e Division galicienne SS), dont il avait été l'initiateur.

Le concept "fédéraliste" de Vlasov, qui exigeait la subordination de toutes les autres nationalités de l'ex-Union soviétique à son commandement général, s'avéra être un obstacle insurmontable pour Wächter, qui ne put réaliser l'unification de Vlasov et des Ukrainiens séparatistes conduits par le général Pavlo Shandruk. Néanmoins, Wächter redoubla d'efforts avec les Ukrainiens qu'il rejoint le 7 avril 1945 en Carinthie. Le 8 mai 1945, Wächter informe le général Shandruk de la reddition inconditionnelle du Reich allemand. 

Après-guerre et mort

Après la capitulation allemande, Wächter reste avec l'état-major de la 1re Division de l'Armée nationale ukrainienne jusqu'au 10 mai. Il les quitta près de Tamsweg, dans le district montagneux de Salzbourg, pour éviter d'être fait prisonnier et d'être inévitablement extradé vers l'Union soviétique. Avec un jeune membre de la 24e division Waffen-Gebirgs-(Karstjäger-) de la Waffen-SS, il s'est caché avec succès pendant 4 ans, soutenu par son épouse qui a fourni aux deux hommes de la nourriture et de l'équipement provenant de points de ramassage secrets. Au printemps 1949, Wächter traversa la frontière du Tyrol du Sud en Italie où il rencontra sa femme et ses enfants aînés pour la dernière fois.

Le 24 avril 1949, il arrive à Rome où, par l'intermédiaire de l'évêque pro-nazi Alois Hudal, recteur du Collège Teutonique de Santa Maria dell'Anima, il trouve, sous le nom d'Alfredo Reinhardt, un logement rudimentaire dans l'institut clérical "Vigna Pia" à la périphérie sud de Rome. En juin, il a participé à un film italien, jouant le rôle d'un acteur et était en train de recueillir des informations sur un vol vers l'Amérique du Sud. À la suite de sa baignade matinale quotidienne dans le Tibre pollué, il est atteint d'une jaunisse le 3 juillet. Le 9 juillet, il est conduit à l'hôpital Santo Spirito, près du Vatican, où Wächter a révélé sa véritable identité. Il reçut les derniers sacrements de Hudal dans la soirée du 13 juillet et mourut le lendemain matin. Il est probablement mort de la Leptospirose. 

Wächter et la division SS Galicie

En 1943, Wächter eut l'idée de créer une division Waffen-SS composée d'Ukrainiens. La division fut organisée dans le cadre d'un programme de création de formations étrangères (estoniennes, lettones, etc.) des Waffen-SS pour combattre avec les Allemands sur le front soviétique. Wachter proposa son idée au Reichsführer-SS Heinrich Himmler le 1er mars 1943 et voulait les nommer Division Ukraine. Wächter réussit à créer la division, mais celle-ci fut appelée Division Galizien. La création de la 14e division SS Galicie fut annoncée le 28 avril 1943 lors de cérémonies dans toute la Galicie Wächter nomma le commandement de la Division Galizien et entretenait avec eux de bonnes relations. En 1945, il était le commandant en chef de toutes les divisions Waffen SS composées de non-Allemands.

En organisant la Waffen-SS Galizien, Wächter a travaillé en étroite collaboration avec le chef du Comité central ukrainien à Cracovie, Volodymyr Kubijovyč. Kubijovyč a soutenu la formation de la division, la considérant comme une force armée ukrainienne et la pensant comme le noyau de la future armée nationale. En mars 1945, le gouvernement allemand annonça la formation de l'Armée nationale ukrainienne. Wächter réussit à obtenir la nomination du général Pavlo Shandruk, ancien officier de l'armée polonaise, au poste de commandant de l'armée nationale ukrainienne. Le 25 avril 1945, la Waffen-SS Galizien sera officiellement réorganisée en première division de l'armée nationale ukrainienne, et prêtera un nouveau serment de loyauté au peuple ukrainien. Bien que l'Ukraine reste divisée sur l'héritage de la Seconde Guerre mondiale, les nationalistes, les extrémistes de droite et les néonazis continuent d'honorer l'héroïsme des Waffen-SS Galizien par des célébrations annuelles. 

Une responsabilité controversée

Bien qu'il ait été l'un des principaux auteurs de l'Holocauste et l'un des chefs de file de la campagne d'extermination des Juifs, le fils de Wächter, Horst, affirme que son père était "un bon Nazi". Horst est apparu dans un épisode de la série télévisée de PBS, Independent Lens, intitulé "My Nazi Legacy : What Our Fathers Did ", et a également été interviewé par de multiples sources d'information afin de tenter de changer l'héritage de son père. Horst affirme que son père " était contre l'idéologie raciale de mettre d'autres races au-dessous des Allemands aryens " et soutient qu'il n'a jamais fait de discours antisémite. Horst croit que son père " était un rouage peu disposé de la machine à tuer nazie " et " fut condamné et assassiné pour quelque chose qu'il n'avait lui-même ni prévu ni exécuté ". Malgré les affirmations de Horst, il a été démontré que des preuves les réfutent. Chez Horst, des albums de photos de familles montrent Otto Wächter avec Adolf Hitler, Heinrich Himmler, Hans Frank et Joseph Goebbels, et l'on trouve un livre avec l'inscription "Avec mes meilleurs voeux pour votre anniversaire, -H. Himmler, 8 juillet 1944." Ces souvenirs personnels de Wächter le placeraient au cœur des opérations nazies.

Des documents nazis détaillent son implication dans l'établissement des ghettos, ainsi que dans la solution finale. Le nom de Wächter apparaît sur l'ordre d'établir le ghetto de Cracovie, où de nombreux habitants périrent, et le reste fut finalement liquidé dans le cadre de l'opération Reinhard. Wächter dirigeait également les systèmes de transport, qui transportaient les trains de Juifs jusqu'à leur mort sous sa direction. Le ministère de la Justice des États-Unis détient également des documents accusant Wächter. L'un, signé le 13 mars 1942 par Wächter, était un ordre visant à restreindre l'emploi des Juifs dans toute la Galicie. Le ministère de la Justice tient également un document de Heinrich Himmler à Wilhelm Stuckart, ministre de l'Intérieur du Reich à Berlin, sur l'avenir de Wächter, daté du 25 août 1942.Il décrit comment Himmler était récemment à Lemberg et demande à Wächter si celui-ci voudrait être transféré à Vienne. Wächter répondit à Himmler qu'il ne voulait pas aller à Vienne. Ce document implique que Wächter voulait volontairement rester à Lemberg pour la mise en œuvre de l'opération Reinhard et réfute directement l'affirmation de Horst selon laquelle son père "n'avait aucune chance de quitter le système".

Alors que Wächter était gouverneur de Galicie, il a supervisé la mise en œuvre de la solution finale. Après la mort de 75 000 Juifs au cours du premier mois de l'opération Reinhard, Hans Frank prononça un discours au Parlement de Galicie dans lequel il louait le travail de Wächter pour "faire de Lemberg une ville fière" Bien que ces actions allaient presque certainement accuser Wächter de responsabilité de commandement, Wächter ne fut pas directement responsable de cette opération, car il faisait partie du gouvernement civil. La double administration allemande dans le gouvernement général signifiait qu'il ne contrôlait ni les SS ni la police ; ces affaires à Lemberg étaient sous le contrôle de Fritz Katzmann. Bien qu'il aurait probablement travaillé étroitement avec les SS pour mener les opérations, il ne faisait pas directement partie du groupe qui les exécutait.

En ce qui concerne la responsabilité directe, le chasseur de nazi Simon Wiesenthal affirme dans son livre The Murderers Among Us, que Wächter a personnellement supervisé le transport de quatre mille Juifs vers des camps d'extermination et a été responsable du meurtre d'au moins 800 000 Juifs. Plus précisément, Wiesenthal affirme également avoir vu Wächter à Lemberg le 15 août 1942, pendant que sa mère et d'autres Juifs étaient chargés dans un train pour les tuer. Cependant, Horst possède une lettre écrite par son père pour sa mère à cette date, d'une réunion de parti à Cracovie. Horst croit que Wiesenthal aurait pu confondre son père avec Fritz Katzmann, puisque selon la lettre, Wächter n'était pas à Lemberg le 15 août. Le 28 septembre 1946, le gouvernement polonais envoya un document au gouverneur militaire de la zone américaine de l'Allemagne demandant "que Wächter soit livré en Pologne pour y être jugé pour "Meurtres de masse, fusillades et exécutions. Sous son commandement du district de Galicie, plus de cent mille citoyens polonais ont perdu la vie,[...]". En raison de la mort de Wächter au Vatican en 1949, il n'a jamais été jugé en Pologne. L'étendue de son implication criminelle dans la solution finale n'a jamais été portée devant un tribunal. 

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